RC7

J'avais prévenu, quand, il y à une semaine environ, j'ai abordé, sur le blog, mon premier album de Robert Charlebois (et le premier album de Charlebois, peu importe qui en aurait écrit la chronique, abordé sur Rock Fever) : il y en aura d'autres. Il y en à eu un autre hier, il y en à un autre aujourd'hui, et il y en aura d'autres, je pense, dans le courant de la semaine, au pire le week-end prochain. Comme je pense l'avoir dit hier, c'est par ordre chronologique que je les aborde, ces albums. Après voir abordé Québec Love hier, disque ahurissant sorti en 1969, j'aurais dû, logiquement, aborder Un Gars Ben Ordinaire, sorti en début d'année 1971, et dont MaxRSS a, récemment, proposé une chanson en Top Musique (Beige Neige). T'en fais pas, fidèle lecteur, il sera sans aucun doute abordé ici un jour. Ensuite, le Canadien Fou a sorti Le Mont Athos, aussi en 1971, mais celui-ci, c'est le premier que j'ai abordé, la semaine dernière, donc je ne vais pas le refaire de sîtôt. L'album suivant, il date de 1972, et le voici. Après un début de carrière sur le label québécois Gamma Records, Charlebois, ici, passe sur Barclay, label français, une belle promotion. Pour fêter ça, il sort ce disque sans vrai titre (Charlebois, tel est ce qui est marqué sur les labels de face), mais deux sont totalement envisageables : Trouvez Mieux, titre de la première chanson (et accessoirement, titre sous lequel était répertorié l'album sur le site de vente en ligne où je l'ai acheté récemment ; il était plus facilement répertorié sous ce titre que sous l'autre, dont je vais parler une fois que cette parenthèse voudra bien se refermer), et Fu Man Chu, titre de la dernière chanson, titre sous lequel il est répertorié sur Wikipédia, et titre que j'utilise pour l'article, parce que le plus usité, concernant cet album.

RC9

Long de 31 petites minutes (salopard de Robert !!! C'est trop court !!!), Fu Man Chu n'offre, accrochez-vous bien, que cinq morceaux.  L'album est sorti sous une pochette qui se rapproche énormément de celle de Québec Love. On y trouve, à l'intérieur, un insert dépliable proposant les paroles, ainsi qu'une grande photo collective légendée, et certaines chansons ont les paroles proposées en mode BD. Si vous recherchez ce disque en vinyle, attention : faites bien gaffe que cet insert s'y trouve ! J'ai failli me faire avoir, non seulement j'ai failli l'acheter plus cher (je ne l'ai pas eu pour très cher, 12 euros, état excellent), mais l'insert ne s'y trouvait apparemment pas, une précision de l'annonce que j'ai failli ne pas voir. Faisez gaffe, donc. Fu Man Chu, il vaut quoi, ce disque ma foi très court, scandaleusement court ? J'ai envie de dire que pousser une gueulante sur la trop courte durée de l'album en dit long : si je le trouvais raté, ce disque, une si courte durée ne me dérangerait pas des masses, au contraire. Je n'ai jamais trouvé que les 33 minutes du Coda de Led Zeppelin étaient un scandale, par exemple. Mais pour ce cru 72 de Charlebois, c'est vraiment triste, parce que cet album est tellement génial que si ça avait été un double album avec un morceau par face, je n'aurais pas été mécontent. Criss', quel album... Sa pochette sobrissime et aussi banale qu'un clou sur une planche cache un disque totalement dingue. Conception, et son ambiance latino, le morceau parle d'une femme du nom de Conception, tous les clichés latino/samba/baila con migo splendida chiquitita y passent, percussions, choeurs...C'est jouissif et souvent hilarant. Evidemment, Charlebois fait rimer les mots en -on en les prononçant en -onne. 

RC8

Je ne vais pas parler du morceau-titre, long de presque 10 minutes et découpé en trois parties (sur une seule plage audio), parce que Fu Man Chu (Chu D'Dans) est proprement indescriptible. On ne peut que plonger dedans tête la première, bouche ouverte en grand, yeux écarquillés, truffe humide et poils soyeux, et en ressortir totalement traumatisé. Rarement un morceau aussi long n'aura semblé aussi court.

Que dire sinon du reste de l'album ? Le Mur Du Son, qui achève la face A sur une féérie rock psychédélique (cette guitare...mon Dieu...), de Fais-Toi Z'En Pas qui pourrait sembler le morceau le moins percutant de l'album, et pourtant, quel morceau aussi, mélodique, irréel de beauté ; de l'ouverture Trouvez Mieux, géniale... Fu Man Chu est mon préféré de Charlebois, des cinq albums que je connais, pour le moment, de lui (et aucun ne me plaît pas, ce qui brise un peu le suspense quant aux prochaines chroniques le concernant, je sais bien, mais bon, il y à plus grave dans la vie). C'est un des albums les plus intenses et étonnants de son époque, en terme de chanson française (francophone, plus précisément), et je ne sais pas si c'est le sommet de son auteur, mais c'est certainement le plus grand album jamais fait par un artiste québécois (ce qui sans doute en revient au même ; comment le meilleur album d'un artiste québécois tous artistes confondus pourrait ne pas être le sommet de ce chanteur par la même occasion ? Vous avez deux heures.), et je vous remercie de ne pas parler de Céline Dion, Isabelle Boulay, Diane Tell ou Coeur De Pirate, ce blog est sérieux. Fu Man Chu...Quelle chanson... Fu Man Chu...quel album...

FACE A

Trouvez Mieux

Conception

Le Mur Du Son

FACE B

Fais-Toi Z'En Pas

Fu Man Chu : 

a) Fu Man Chu (Partie 1)

b) Chu D'Dans

c) Fu Man Chu (Partie 2)