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Oui, je sais, les Bootleg Series, j'aurais du les aborder dans l'ordre, mais que voulez-vous... J'avais autrefois abordé le 5ème volume (réabordé il y à peu de temps), et puis, bien après, le premier volume (les tomes 1 à 3 précisément), qui a lancé la série, avant, deux ans plus tard, il y à plusieurs semaines, de faire le volume 10. A ce moment précis, je savais que ferais un ou deux autres volumes de cette collection, mais je n'avais pas prévu de tous les faire (telle est en effet mon intention, même si, pour le tome 11, un gros coffret sur les Basement Tapes - il existe aussi en double CD, mais ça serait un succédané totalement insuffisant -, je ne suis pas encore certain de le faire). Vu que j'avais autrefois abordé le tome 5, puis les tomes 1 à 3 (sortis ensemble) et le tome 10, ça partait en couilles de lévrier afghan non-tatoué pour faire les autres dans l'ordre, aussi, ais-je décidé de les faire, au sein d'un cycle non-chronologique mélangeant réécritures et chroniques inédites, au fil de l'eau, selon mes envies. C'est ainsi que quelques jours après le tome 15 (dernier sorti à ce jour), voici le tome 7, sorti en 2005. Ce septième volume, et cinquième sorti vu que je le rappelle, les trois premiers volumes sont sortis en un seul triple CD en 1991 et jamais autrement, est un des plus particuliers : il s'agit, en fait, d'une bande originale de film. D'un documentaire, le fameux No Direction Home réalisé par Martin Scorsese en 2005. Une oeuvre assez colossale (210 minutes !) et passionnante sur les premières années, jusqu'à 1966, de la carrière de Bob Dylan. 

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Tout à fait logiquement, ce double album, long de 145 minutes (pour 28 titres), s'appelle The Bootleg Series Vol. 7 : No Direction Home : The Soundtrack. Sa pochette (non présentée en fourreau, comme les deux suivants de la série, et donc, sans gros livret d'une soixantaine de pages, mais un livret, tout de même, plus épais que de coutume avec Dylan) ? L'affiche du film, ni plus, ni moins, du moins, dans mon souvenir de l'affiche. Bon, que dire ? Commençant par 1959 et s'achevant par 1966, ce septième cru des Bootleg Series fonctionne aussi bien comme bande originale de documentaire, ce qu'il est, que comme compilation d'inédits du début de carrière. Une sorte de mini Anthology pour Dylan. On commence par des enregistrements amateur, de qualité sonore globalement moyenne (sauf This Land Is Your Land et Song To Woody ; la première est reprise à Woody Guthrie ici en live, la seconde parle de lui), mais très intéressants. Pas mal de morceaux, ici, sont en live, de diverses périodes (1963, 1964, 1965, 1966), et on y trouve notamment des versions à tomber de Ballad Of A Thin Man, Maggie's Farm, A Hard Rain's A-Gonna Fall, Masters Of War (avec son fameux couplet polémique final), un passionnant Chimes Of Freedom, et le tout se termine sur Like A Rolling Stone issu du fameux concert de Manchester en 1966, concert autrefois trompeusement vendu comme étant celui du Royal Albert Hall (Londres) de la même année et tournée. Cette version de ce morceau gigantesque est celle présente sur le quatrième Bootleg Series, qui offre le concert de Manchester dont je viens de parler. On y entend un mec du public traiter Dylan de Judas parce qu'il a trahi la folk en passant à l'électrique. Dylan lui répond, on l'entend bien, I don't believe you, you're a LIAR ! avant de lancer une version à péter les boutons de braguette de son hymne, qui achève idéalement le second CD, aussi bien du Bootleg Series Vol. 4 que ce celui-ci. 

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The Bootleg Series Vol. 7 : No Direction Home : The Soundtrack offre aussi des morceaux studio, évidemment : des prises alternatives, ou de démo, des classiques dylaniens de l'époque, comme un Stuck Inside Of Mobile With The Memphis Blues Again sympa mais hésitant (Dylan se paume dans les paroles vers la fin, on entend du silence...), comme, aussi, Highway 61 Revisited, Leopard-Skin Pill-Box Hat, She Belongs To Me, Mr. Tambourine Man (avec Ramblin' Jack Elliott, un chanteur folk) ou Man Of Constant Sorrow. Si on met de côté certains des premiers morceaux du premier CD, la qualité audio est, tout du long de ce septième cru, vraiment très très bonne, voire excellentissime. De même que le niveau global de ce Bootleg Series, un des plus attachants en raison de ses nombreux extraits de concerts, surtout sur le premier CD (le second en offre aussi, mais a quand même plus de prises studio). Pour un fan du Barde, c'est indispensable, de même que le visionnage du long et passionnant documentaire de Scorsese, un réalisateur qui, entre The Last Waltz, Shine A Light, Living In The Material World et No Direction Home, a su prouver depuis longtemps son amour, sa passion pour le rock et la musique en général. 

CD 1

When I Got Troubles (1959)

Rambler, Gambler (home recording)

This Land Is Your Land (live)

Song To Woody

Dink's Song (home recording)

I Was Young When I Left Home (home recording)

Sally Gal

Don't Think Twice, It's All Right (demo)

Man Of Constant Sorrow

Blowin' In The Wind (live)

Masters Of War (live)

A Hard Rain's A-Gonna Fall (live)

When The Ship Comes In (live)

Mr. Tambourine Man

Chimes Of Freedom (live)

It's All Over Now, Baby Blue

CD 2

She Belongs To Me

Maggie's Farm (live)

It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry

Tombstone Blues

Just Like Tom Thumb's Blues

Desolation Row

Highway 61 Revisited

Leopard-Skin Pill-Box Hat

Stuck Inside Of Mobile With The Memphis Blues Again

Visions Of Johanna

Ballad Of A Thin Man (live)

Like A Rolling Stone (live)