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La semaine dernière, vous vous en souvenez peut-être, Robert Charlebois a été à l'honneur avec un de ses albums, celui de 1971 (sans titre, mais on l'appelle Le Mont Athos), le premier de ses albums à être chroniqué sur le blog. MaxRSS avait tâté le terrain, avec bonheur, quelques jours plus tôt, avec un Top Musique sur une de ses chansons (et il a récividé depuis, le bonhomme). Autant le dire, cet article mis à part, il y aura encore trois autres albums, au moins, du Québécois Fou, qui seront abordés dans un avenir encore plus proche que les prochaines fêtes de fin d'année (et pourtant, ça se rapproche à grands pas). J'aurais pu attendre un petit peu avant d'aborder mon premier album de Charlebois sur le blog, qui date de 1971 (l'album, pas le blog) comme je l'ai dit plus tôt : il y à une semaine, c'est certes le seul que j'avais en ma possession, mais j'avais déjà commandé les autres, et il me suffisait d'attendre une petite semaine, le temps de les recevoir, puis d'écouter le plus ancien par ordre chronologique (qui est celui que j'aborde ici, d'ailleurs). Mais j'ai pas pu attendre, que voulez-vous. C'est ainsi qu'après avoir abordé un disque de 1971 (qui fut le dernier de ses albums sur le label québécois Gamma avant de passer à Barclay), j'aborde un disque sorti en 1969, un disque qui ne porte pas de titre officiel, comme souvent, mais est rebaptisé du titre d'une de ses plus fameuses chansons (ou bien de la première de ses chansons, mais ce n'est pas le cas ici, sinon l'album s'appellerait Te V'là) : Québec Love

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Pochette du 45-tours ? Un autre album  ?

Pochette simplissime : une photo d'un Charlebois faisant sa gueule de bûcheron acadien n'ayant pas été payé pour la forêt qu'il a ratiboisée à mains nues alors qu'il avait un quart d'heure de libre, et sa fameuse crinière presque afro, mais cerné d'auras colorées du plus bel effet psychédélique. L'album date de 1969, je le rappelle. A l'époque, le Charlebois a déjà une petite réputation derrière lui : son précédent album, fait avec la chanteuse Louise Forestier, sera en effet un très beau succès, rapport notamment à la chanson Lindbergh, mais aussi à Dolorès. Vous ne connaissez peut-être pas la deuxième citée, mais vous avez sans aucun doute au moins une fois entendu la première, si vous avez une trentaine d'années au minimum ou que vous vous intéressez vraiment à la (bonne) chanson française, francophone pour ce qui nous intéresse ici  Il faudrait que je l'aborde ici, ce disque, tout comme d'autres du bonhomme. On verra un jour. Québec Love est considéré comme un des triomphes de Robert Charlebois, et je dois dire que c'est tout à fait justifié. Long de 37 minutes, cet album (qui apparemment est soit sorti sous une autre pochette par la suite, soit à vu son titre utilisé pour une compilation, donc attention : l'album original, c'est celui que j'aborde ici, avec la bonne pochette et le bon tracklisting, faites bien attention au moment de l'acheter, si le disque vous intéresse) est un petit bordel qui entremêle ballade au piano qui part dans tous les sens (Ôôô Margo, qui finit presque en goualante), rock (Te V'là), musique un peu bastringue canadien virant dans le psychédélisme (Broches De Bécik), hymne non officiel sur le pays du chanteur (Le Canada, Québec Love)...

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Impossible de ne pas voir en Tout Ecartillé, long de presque 5 minutes, le sommet de l'album. Une complainte bluesy absolument tétanisante, je ne sais quoi dire, c'est une des plus belles chansons françaises de son époque, certainement, et ça fait un moment que je n'avais pas entendu un truc aussi beau, aussi fort, aussi...prenant. Sensation, un petit peu plus long, et également remarquable, qui achève la face A et se trouve juste après, semblerait presque anodin à côté, et pourtant, bordel, c'est d'un niveau exceptionnel aussi, sur un texte d'Arthur Rimbaud, no shit. Sûrement Hong Kong est très courte, mais excellente, La Fin Du Monde, avec Louise Forestier, Mouffe (que l'on entend, elle, sur Broches De Bécik, et qui signe les paroles du Canada, et fut la compagne de Charlebois) et Yvon Deschamps, est une conclusion imparable, qui donne envie de réécouter tout l'album juste après. Rarement un disque aura été aussi prenant, même si je préfère encore Le Mont Athos (1971) pour le moment, mais quelque chose me dit que je vais avoir de bonnes surprises, concernant ce remarquable (et trop sous-estimé) chanteur. Absolument génial et totalement recommandé ! Quel dommage que les albums soient aussi difficiles à trouver en CD...mais on se rassure : si vous ave une platine, on trouve les vinyles pour pas cher, et en excellent état, avis aux amateurs ! 

FACE A

Te V'là

Les Ailes D'Un Ange

Le Canada

Tout Ecartillé

Sensation

FACE B

Québec Love

Ôôô Margo

Broches De Bécik

Sûrement Hong Kong

La Fin Du Monde