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Fin du petit cycle The Cure en ce jour d'armistice (je vous jure que c'est pas fait exprès, et d'ailleurs, il n'y à aucun lien, rien à voir, mais ça fait une phrase déjà de faite pour l'article, on ne va pas cracher dessus, après tout, non ?). Autant les deux précédents articles étaient des réécritures, autant là, c'est du neuf (enfin, du neuf, mais un vieil album). Le précédent abordé, c'était Kiss Me Kiss Me Kiss Me, double album (simple CD, toutefois) de 1987 vraiment réussi, à (re)découvrir. Puis le groupe a marqué un grand coup, en 1989, avec Disintegration, que j'avais réabordé il y à quelques mois, un chef d'oeuvre de cold-wave dépressive (pléonasme, ou euphémisme, ou les deux ; litote, aussi) qui cartonnera, un de leurs sommets absolus, mon préféré avec Pornography. Un album qui marquera la fin d'une ère : alcoolique au dernier degré, devenu ingérable tel un bon vieux Brian Jones, Laurence 'Lol' Tholhurst, le batteur originel, est viré du groupe pendant les sessions, et sera ironiquement et cyniquement crédité "autres instruments" dans les notes de pochette, traduction : encore une fois (l'image est bonne, pourquoi en changer ?) tel un bon vieux Brian Jones en 1968/69, il ne jouera en fait de rien d'autre que de la bouteille de bière. Après ce triomphe, le groupe sort un live, en 1991 (enregistré en 1989), Entreat.

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Puis, entre 1991 et 1992, au studio The Manor dans l'Oxfordshire, Angleterre, Europe, hémisphère nord, Terre, Voie Lactée, Univers, à gauche en sortant de l'ascenseur, ils enregistrent le successeur de Disintegration. Long de 65 minutes, cet album est sorti sous une pochette un peu criarde que je trouve franchement moche, et s'appelle Wish. Dans la discographie du groupe, cet album est un peu celui à partir duquel, et ce jusqu'en 2000, le groupe va s'effondrer : après lui, ils sortent un Wild Mood Swings vraiment mauvais (1996), et comme Wish, déjà, n'est pas extraordinaire, ça ne fera qu'amplifier le déclin. L'album souffre du syndrôme album terriblement attendu après un album totalement réussi, majeur et cartonneur et une tournée commercialement réussie. C'est un peu comme pour Oasis après (What's The Story) Morning Glory ? ou Bruce Springsteen après Born In The U.S.A., on attendait avec impatience le successeur de Disintegration, et trois ans plus tard, bang, on a ce Wish qui, certes, offre de très bonnes chansons (A Letter To Elise, Friday I'm In Love, To Wish Impossible Things, High, Open), et est serti par une production (toujours signée Robert Smith et David M. Allen) très réussie et n'ayant pas trop mal vieilli, mais force est de constater que, bien que plus court que les deux précédents opus, Wish semble plus long, parfois presque interminable (et beaucoup de morceaux dépassent les 5 minutes par la droite et à 150 km/h, aussi). 

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Sans être un ratage, d'ailleurs je ne le classe pas dans cette catégorie parce que je dois avouer que, dans l'ensemble, j'aime plutôt bien cet album, Wish est donc un disque longuet, un peu inégal (pas fan de Doing The Unstuck et Wendy Time), mais par rapport à The Top, et par rapport au suivant Wild Mood Swings, c'est tout de même d'un tout autre niveau. The Cure nous avait juste habitués à bien mieux, et aussi, comment faire supérieur à Disintegration ? Impossible. On ne peut pas dire que le groupe a essayé de faire mieux que leur opus de 1989, Wish étant beaucoup plus 'léger', mais il y à quand même de belles similitudes entre les deux albums, et ce n'est jamais en faveur du successeur. Après, ce n'est pas mauvais non plus, vraiment pas, on a de belles chansons, de grands moments, la production assure, c'est un album que je conseille à toute personne aimant The Cure, mais ne connaissant pas encore ce disque. On le trouve, généralement, pour vraiment pas cher, en plus...

Open

High

Apart

From The Edge Of The Deep Green Sea

Wendy Time

Doing The Unstuck

Friday I'm In Love

Trust

A Letter To Elise

Cut

To Wish Impossible Things

End