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Article un peu particulier dans le cycle, épars et non-chronologique, consacré actuellement à Bob Dylan : voici un bootleg. C'est le premier que je consacre à Dylan, le dernier aussi probablement. Ce CD, je l'ai eu gratuitement, en cadeau d'une commande d'un ou deux vinyles de lui, il y à environ un an, j'étais content de rajouter un disque à ma collection dylanienne, mais pas sûr et certain d'avoir envie de l'écouter : le fait que ça soit une prestation de 1963, en bootleg, me refroidissait un peu, je craignais que la qualité audio ne soit pour le moins déplorable. Il n'en est rien : autant le dire tout de suite, ces morceaux, qui totalisent 65 minutes (et il y en à 7 seulement, plus une Introduction de moins de 50 secondes qui, évidemment, n'est pas un morceau), ont été enregistrés dirrectement sur table de mixage et radiodiffusés par la suite, peu de temps après, dans la foulée. Bref, c'est, pour 1963, de la très bonne qualité globale. Publié en 1994 sur le label Yellow Dog, spécialisé en enregistrements non-officiels, cet album, qui a été réédité diverses fois sous divers artworks (celui que j'ai est celui représenté via les illustrations), s'appelle Studs Terkel's Wax Museum et a été enregistré le 3 mai 1963 au Wax Museum de Studs Terkel, à Chicago. Qui était (car il est mort en 2008, à 96 ans) Studs Terkel ? Un journaliste américain, très fortement engagé à gauche, qui tenait une émission de radio chez lui, où il a organisé des interviews avec des personnalités telles que Leonard Bernstein et, donc, Dylan.

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Car ce que je n'ai pas dit encore, c'est que ce bootleg offre certes du live, des prestations de Dylan, accompagné de son harmonica et de sa guitare, chantant quelques unes de ses chansons, mais, aussi, une interview, des extraits d'interviews. On comprendra donc aisément que Studs Terkel's Wax Museum ne s'adresse qu'à une seule catégorie de personne : les dylanophiles compulsifs et maniaques qui écouteraient, comme Greil Marcus (rock-critic américain spécialiste et fan du Barde) avait lui-même dit qu'il le ferait, un disque entier de respiration de Bob Dylan si tel album existerait. A Hard Rain's A-Gonna Fall, ici, dure 18 minutes, le morceau entier ne dure pas autant, il y à la parlotte (souvent très très intéressante, ceci dit) dans le package. Si vous ne pigez rien à l'anglais, ou si vous n'êtes pas un fanatique de Dylan, autant dire que vous risquez de vous emmerder un peu beaucoup. C'est un peu comme le Live : Take No Prisoners de Lou Reed, sur lequel le Lou passe limite plus de temps à parler au public (disant des choses souvent très drôles) que chanter. Ca peut être irritant. 

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Au pif, on a ici, notamment, Bob Dylan's Dream, Boots Of Spanish Leather (à l'époque pas encore sur un album, ça sera en 1964), Blowin' In The Wind, John Brown, autant d'excellents morceaux, de sa première période (comme j'ai eu l'occasion de le dire récemment via la chronique du 9ème opus des Bootleg Series, ce n'est pas ma préférée de lui, mais je la respecte totalement), mais on a donc aussi du dialogue, de la discussion passionnée et passionnante, parfois révélatrice (et on dit que le Barde ne se livrait pas beaucoup...franchement, ce bootleg fait taire une réputation), après tout, il s'agit d'une émission de radio. Terkel était engagé à gauche (radicale), Dylan faisait, a toujours fait, des protest-songs, engagées au même bord politique, il est évident que les deux ne vont pas parler des différentes manières de cuisiner la truite ou de comment réussir son ouvrage au point de croix... A condition d'être dans le bon mood, de toucher sa bille en anglais, et de vraiment aimer, adorer Dylan, ça devrait vous intéresser. Sinon, passez votre chemin sans regret !

Introduction

Farewell

A Hard Rain's A-Gonna Fall

Bob Dylan's Dream

Boots Of Spanish Leather

John Brown

Who Killed Davey Moore ?

Blowin' In The Wind