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Bobby, tu as de la chance. Tu ne peux pas avoir à quel point ton pas-si-p'tit cul l'a échappé belle : quelques mois plus tôt, et ton album, que j'aborde aujourd'hui pour la première fois (hormis un paragraphe dans l'article résumant ta discographie, publié en 2012 ou 2013 et, désormais, incomplet), aurait été rangé sans pitié dans les ratages. Mais je n'ai même pas inséré le tag, alors oui, vraiment, tu as de la chance. Attention, je ne veux pas dire par là que je suis devenu raide dingue de cet album (et de son successeur, que j'aborderai bientôt), mais comme j'ai eu l'occasion de le dire en août dernier à l'occasion de la publication de la chronique d'un livre te concenant, mon Bobbynou, hé bien, je suis arrivé à aimer tous tes albums (ceux de 2015 à 2017, constitués de reprises de vieilleries, c'est pas encore le cas, mais qui sait, peut-être un jour, et d'ailleurs, eux aussi seront en ligne prochainement), et celui-là compris. Oui, je sais, les deux dernières chroniques que j'ai faites à ton sujet (au sujet des deux albums sortis juste avant celui que j'aborde ici), ainsi que celle de Shot Of Love, sont du genre c'est de la daube qui n'est pas provencale, mais qui aime bien châtie bien, et je n'allais tout de même pas dire que ce sont des albums corrects, parce que ce n'est pas le cas : dylanophile à mort, mais pas sourd, le ClashDo. Et puis, j'ai quand même sauvé des trucs sur ces albums, non ? Alors arrête de chialer, Zimmy, tu fais rigoler les autres et tu fais pleurer ton fils de honte.

Et si tu pouvais écrire une chanson pour dire à Donald de se casser, ça serait pas du luxe.

Ahem.

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Bon.

Voici le moment de parler du premier d'une série de deux albums qui comptent clairement parmi les moins connus du Barde (son tout premier album mis à part, je pense). Sorti en 1992, le jour des élections américaines qui allaient faire gagner Clinton, cet album, le 28ème studio de Dylan, s'appelle Good As I Been To You, et il est sorti sous une pochette hideuse comme une blague de Dieudonné. C'est sans doute la pire, ou une des pires, pochettes d'album studio de Dylan avec Shadows In The Night, Tempest et Knocked Out Loaded. L'album dure 55 minutes (pour 13 titres), est produit par Debbie Gold, et a été enregistré par Dylan seul avec sa guitare sèche et un harmonica. Aucun autre musicien. C'est le premier disque totalement acoustique de Dylan depuis Another Side Of Bob Dylan en 1964. C'est aussi un disque entièrement constitué de reprises, son premier depuis Dylan en 1973, lequel était sorti sans son accord et, donc, pour lui, ne compte pas. Les reprises, ici, sont de vieilles chansons de folk et de blues, souvent aux crédits oubliés, des vieilleries du répertoire traditionnel qui pour certaines, datent du XIXème siècle. Des chansons qui, souvent, n'aucun crédit d'auteur, personne ne sait au juste qui les a écrites. Indéniablement, Dylan, à ses débuts, quand il jouait dans des petits clubs de Greenwich Village, entre deux reprises de Pete Seeger et Woody Guthrie (et, déjà, des morceaux originaux), en interprétait quelques unes. 

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Je me souviens de ma première écoute de l'album : sincèrement, ne m'attendant pas exactement à ça (c'était avant que je n'aie Internet), et n'étant, à l'époque, pas fan de ce genre de chansons rustiques à la sauce rustique (cet album sonne bien, niveau production, mais c'est du classique, à l'ancienne), je me suis emmerdé grave. Surtout que le disque est long, presque une heure. C'est, avec le suivant (qui est exactement du même genre), World Gone Wrong, un des albums de Dylan qui m'a posé le plus de soucis, plus encore que Knocked Out Loaded ou Shot Of Love ! Plus encore que Christmas In The Heart, son disque de chansons de Noël de 2009, et Dieu sait que, l'album de Phil Spector de 1963 mis à part, je déteste les albums de chansons de Noël et que l'album de Dylan n'a pas fait exception à la règle. Je ne le ressortais quasiment jamais de sa pochette, et donc, difficile d'entrer dans un disque que l'on n'écoute que très peu. Pourtant, entre Froggie Went A-Courtin', Jim Jones, Arthur McBride, Hard Times, il y à du très bon ici, dans le registre folk traditionnel. Ce n'est pas un des meilleurs albums de Dylan (je pense que Greil Marcus, rock-critic américain fan et spécialiste du Barde ne serait pas d'accord avec moi ; il défend cet album, bec et ongles), mais ce n'est pas un ratage, j'ai donc bien fait d'attendre un peu (beaucoup, même ! J'aurais pu le chroniquer dès l'ouverture du blog en 2009, je le possédais déjà depuis belle lurette) avant de le chroniquer, histoire de ne pas faire de mauvais procès à cet album intéressant, audacieux (il fallait oser, même en étant Dylan - et en 1992, il était dans le creux de la vague -, faire un disque, et même deux disques, de ce genre, en 1992/1993, époque grunge/rock alternatif), respectueux du travail des aînés (malgré que Dylan se crédite comme auteur des arrangements, alors qu'il a repris des arrangements prééxistants) et cherchant à le mettre en avant. Good As I Been To You, passé inaperçu, est à redécouvrir, donc. Même si Dylan a fait mieux, quand même. 

FACE A

Frankie & Albert

Jim Jones

Blackjack Davey

Canadee-i-o

Sittin' On Top Of The World

Little Maggie

Hard Times

FACE B

Step It Up And Go

Tomorrow Night

Arthur McBride

You're Gonna Quit Me

Diamond Joe

Froggie Went A-Courtin'