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Croyeez-moi, ça me fait chier d'avoir un album de Roy Orbison classé dans les ratages musicaux, mais sincèrement, ce disque, sinon, on le met où (à la poubelle ? Oui, c'est vrai, vous avez raison, mais c'est pas un peu facile, aussi ?) ? Bon, de même que le précédent album que j'ai proposé récemment (Orbisongs, compilation de 1965 pas dégueulasse, pas un chef d'oeuvre, mais c'est bon dans son genre), cet album, je l'ai reçu, en vinyle, en bonus d'une commande (j'avais commandé le vinyle du coffret The Traveling Wilburys Collection), sans rien demander. Etant collectionneur de vinyles, j'étais tout content de rajouter deux albums, qui plus est en pressages ricains d'époque et en excellent état (le vinyle de l'album que j'aborde a même une petite entaille en haut à gauche, une marque des douanes, vraiment con comme procédé, mais c'était comme ça). Au moment d'écouter Orbisongs, j'étais content, car le contenu était vraiment pas mal, très bien même. En écoutant, ensuite, ce disque, sorti en 1979, Laminar Flow, j'ai, comment dire, heu...J'étais content de ne pas l'avoir acheté, même s'il n'avait coûté que 1 euro, voilà. C'est le dernier album studio original que Roy Orbison sortira de son vivant. Le suivant, Class Of '55 en 1986, c'est un disque collaboratif avec Carl Perkins, Jerry Lee Lewis et Johnny Cash, pas un disque solo d'Orbi. Puis il y aura In Dreams l'année d'après, mais c'est un album de nouvelles versions de ses chansons. Et enfin, en 1989, Mystery Girl est sorti posthume, on le sait. 

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Bref, Laminar Flow est donc le dernier album studio solo sorti du vivant de Roy...qui, il me semble, à l'époque, sortait d'un triple pontage artériel en 1978 (il décèdera d'une crise cardiaque ; malgré une santé cardiaque des plus fluctuantes, il continuera de fumer et de bien manger jusqu'à sa mort, pas étonnant qu'il soit mort à 52 courtes années). On ne le croirait pas à voir les photos recto, verso et interne de la pochette. On le voit souriant, torse nu sous un perfecto, devant un fond rouge (ou bleu, pour le verso) bien criard, posture de badass sympatoche au recto, posture un peu non, les mecs, pas de remerciements, ça me gêne, qui fait très gars de la campagne, aussi. Le bonhomme était notoirement timide, ça se voit. Mais le sourire, sur les photos, est du genre contagieux, il fait vraiment aussi simple et sympa qu'il devait, sans doute, l'être dans la vie de tous les jours. C'est pas comme Jerry Lee Lewis qui, apparemment, est un connard à moitié cinglé qu'il ne faut pas contrarier. Bref. Si le contenant, malgré des aspects fin des années 70 assez déplorables, est correct, le contenu, court heureusement (34 minutes), est vraiment raté. Sorti sur le label Asylum Records (son seul album sur ce label alors spécialisé dans la country-rock, le soft-rock, le label des Eagles, de Joni Mitchell), c'est vraiment pas terrible.

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Ce n'est pas parce que c'est Roy Orbison que c'est forcément réussi (et d'ailleurs, à ce que j'ai pu constater sur le Net, ses albums précédents, des années 70, n'ont pas l'air très folichons eux aussi), et il n'est pas le seul artiste des années 50/60 qui, dans les années 70 (et 80 pour ceux qui, à l'époque, étaient encore en vie et en activité), ont sorti des merdes, histoire de ne pas se faire (trop) oublier. Je ne vais pas entrer dans le détail, s'il y à des fans du chanteur ici (et je pense qu'il y en à), ça leur ferait trop de mal. Il vous suffira d'écouter Easy Way Out, le premier morceau, pour juger de la catastrophe. Certains chanteurs supportent facilement le cas à de la musique plus moderne, presque funky/disco, mais ce n'est clairement pas le cas de Roy Orbison, qui semble à la peine tout du long de cet album assez dans l'air de son temps, et vraiment daté et pitoyable. Venant de sa part, c'est limite dramatique...Allez, on oublie ?

FACE A

Easy Way Out

Love Is A Cold Wind

Lay It Down

I Care

We're Into Something Good

Movin'

FACE B

Poor Baby

Warm Spot Hot

Tears

Friday Night

Hound Dog Man