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Bobby, Zimmy, Bardounet, Dylan, qu'est-ce qui a bien pu t'arriver à l'époque ? Rends-toi compte, Bob : tu nous a offert, en 10 ans, plus de chiures musicales qu'Ed Sheeran en a fait durant toute sa carrière (qui n'a pas la même longévité, OK, OK, je crois que tout le monde l'admettra ; et j'espère qu'elle n'aura pas la même longévité, d'ailleurs ; tenez, si vous ne savez pas quoi m'offrir à Noël, j'aimerais bien un album final d'Ed Sheeran, vraiment son dernier à vie, genre un posthume, ouais, ça serait bien, ça, un posthume ; pensez-y, les mecs). Comme je l'ai dit récemment, si on met de côté Infidels et Oh Mercy, que de bouses, que de chiasses, c'est effarant et déprimant. Et 1988, Zimmy nous a offert un ratage intersidéral, Down In The Groove. Vous pensiez que le bonhomme ne pouvait pas faire pire que Knocked Out Loaded (1986), vous vous trompiez lourdement, les gars. Ratage total, à deux chansons près (et encore, en y réfléchissant bien, Silvio n'est pas si terrible que ça, contrairement à ce que j'ai dit à son sujet l'autre jour..., ça ne fait donc qu'une seule chanson à sauver vraiment, Death Is Not The End, cependant nettement meilleure dans sa reprise par Nick Cave...putain !). Après ce carnage aussi bien accueilli qu'une troisième vague du Covid, le Barde se ressaisit et, sous la houlette du producteur/musicien Daniel Lanois, enregistre et sort, en 1989, Oh Mercy, album remarquable, miraculeux (le même Lanois lui produira Time Out Of Mind en 1997, disque de remise en selle définitive), avec dessus des chansons grandioses (Man In The Long Black Coat). Puis Dylan, durant la première moitié de 1990, va enregistrer, avec pas mal d'invités, son nouvel album, qui sortira en septembre de la même année : Under The Red Sky.

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L'album est produit par Don et David Was (frangins ; Don Was bosse notoirement avec les Stones depuis les années 90) et Dylan lui-même sous l'intitulé Jack Frost, première fois qu'il utilise ce nom de producteur, sous lequel il produira ses albums de 2001 à maintenant (nul doute que c'est lui qui a produit son dernier album en date, même si aucun producteur n'est indiqué). En 35 minutes, cet album va littéralement foutre en l'air tous les espoirs que les fans et les rock-critics avaient eus à l'écoute de Oh Mercy.

Je ne sais pas comment expliquer clairement, sans sombrer dans la vulgarité, à quel point cet album est une daube.

Un naufrage.

La pochette est pas mal du tout, c'est déjà ça, et le titre claque bien. La chanson-titre, d'ailleurs, est sans doute la moins pire du lot, tandis que le morceau introductif, Wiggle Wiggle, est lui, certainement, la pire chanson jamais couchée sur bande et sur album par Dylan, pire que n'importe laquelle des 9 chansons de l'album éponyme de 1973, vraiment. Heureusement, ça ne dure que 2 minutes. Comme je l'ai dit, des invités de luxe sont disséminés ici : au pif, dans le désordre, sans précision de qui joue sur quoi (c'est indiqué dans le livret qui, chose rare avec Dylan, offre les...les...les...PAROLES ! WHOUUUHOUUUUU ! Hum...), on a George Harrison, Elton John, David Crosby, Slash (oui, des Guns'n'Roses !), Don Was (et son frangin), Al Kooper, Randy Jackson, Paulinho Da Costa, Kenny Aronoff, Stevie Ray Vaughan et son frangin Jimmie, Waddy Wachtel, Robben Ford. Down In The Groove aussi avait ses stars, ça n'amenait rien, au final, de consistant, dans le résultat. 

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Il est nul, mon album, hein ? Hein, que je l'ai bien raté comme il faut ? Hein, que mes fans vont quand même l'acheter ? Ouais, j'suis bien content !

Entendre Dylan chevrotter (sa voix n'a jamais été géniale, elle commence à devenir moins bonne) Unbelievable, chanson qui sonne comme du très mauvais Status Quo avec de l'orgue, c'est limite embarrassant. Comme Patrick Humphries, un rock-critic ayant écrit un Guide sur le chanteur et ses chansons, le dit, cet album est tout ce que n'était pas Oh Mercy. Oh Mercy était un disque exigeant, sublimement produit, rempli de chansons austères, sombres, exigeantes, sur plusieurs niveaux, avec des thèmes intéressants. Under The Red Sky est, lui, un disque facile, paresseux (notons cependant que, tout comme pour le précédent, tout l'album est signé Dylan, aucune reprise), Dylan n'a pas du passer beaucoup de temps à écrire des trucs comme Wiggle Wiggle, T.V. Walkin' Song ou 2 X 2, en tout cas j'espère qu'il n'a pas failli se faire des noeuds au cerveau en les faisant, parce que sinon, c'est qu'il était ausi vide qu'une bouteille d'eau un soir de canicule après le passage d'une légion de randonneurs assoiffés. Alors, il faut le dire, deux chansons peuvent faire illusion : le morceau-titre et Born In Time. Là, ça peut passer, ce n'est pas du grand Dylan mais si tout le disque avait été de ce niveau, Under The Red Sky ne serait pas rangé dans les ratages et je serais nettement moins sévère à son sujet (notons que la seconde chanson date des sessions Oh Mercy). Mais ces 7 minutes de relativement correcte musique se noie dans un album qui, dans l'ensemble, ne vaut que pour sa production, assez efficace (Don Was, pas n'importe qui). Mais les morceaux, mon Dieu... Allez, à fuir, à moins d'être un fan hardcore du Barde. Et encore, et encore...

FACE A

Wiggle Wiggle

Under The Red Sky

Unbelievable

Born In Time

T.V. Walkin' Song

FACE B

10,000 Men

2 X 2

God Knows

Handy's Dandy

Cat's In The Well