CC1

Depuis le temps que j'envisageais d'aborder cet album, maintenant c'est chose faite, et bon Dieu de flûte, je me sens mieux. D'abord, précision : je classe ça dans la folk/country, mais ce n'est pas vraiment la catégorie qu'il faudrait. 'Rock classique' me semble un peu réducteur, et 'rock indépendant', inexact. C'est du rock alternatif qui, parfois, à des accents un peu country/rock, donc par défaut, hein... Counting Crows est un groupe originaire de Berkeley, Californie, patrie de la revue musicale Rolling Stone pour l'anecdote. Le groupe a été fondé en 1991 et est constitué d'Adam Duritz (chant), David Bryson (guitare rythmique), Dan Vickrey (guitare principale), Millard Powers (basse), David Immerglück (guitare), Charlie Gilligham (claviers), Jim Bogios (batterie) et c'est tout, et c'est déjà pas mal (sept musiciens, quand même : même Iron Maiden n'en a pas autant). Le groupe a sorti son premier album en 1993 (au fait, le groupe est toujours en activité et leur dernier album remonte à 2014) : August And Everything After. Une pochette très carnet de notes qui, sans être moche, ne donne pas spécialement envie d'écouter le disque, mais qui, aussi, renseigne pas mal sur le contenu musical : on voit ça, on se dit qu'on n'aura pas affaire à du grunge genre Nirvana/AIC ou à du hard-rock, ou même à du rock industriel ou progressif. 

CC2

Direct, je vois un artwork pareil, je pense à de la country ou de la folk. De fait, l'album, qui dure 51 minutes et n'est donc pas terriblement long, est une sorte de folk-rock/americana qui me fait penser pas mal à Grant Lee Buffalo (qui, la même année, sort le grandiose album Fuzzy) et aux Connells (vous connaissez leur fameux tube '74-'75, de, tiens, 1993 aussi, issu de leur album Ring ? Bien sûr, que vous connaissez ! Au passage, si vous ne connaissez pas Ring, en revanche, laissez tomber, mis à part le hit, c'est pas terrible). Adam Durvitz, le chanteur (j'aime beaucoup sa voix, qui fait passer pas mal d'émotions), semble être un grand fan de Bob Dylan, qu'il cite carrément dans le plus gros hit de l'album et du groupe, Mr. Jones (déjà, le titre est peut-être une allusion au Ballad Of A Thin Man de Dylan), chanson poignante, enivrante, sublime sur la recherche de la notoriété (Mr. Jones and me, we're gonna be big stars ou I wanna be Bob Dylan restent bien longtemps en mémoire). Produit par un pote de Dylan, T-Bone Burnett, August And Eveything After regorge de chansons de ce genre : Round Here, Rain King, A Murder Of One, Omaha, Time And Time Again

CC3

C'est un disque vraiment superbe, que j'aime énormément, un des meilleurs albums de 1993, une très bonne année par ailleurs (Grant Lee Buffalo, les meilleurs albums de Pearl Jam et Nirvana, Liz Phair, Teenage Fanclub, un bon cru de McCartney...La référence de Durvitz, Bob Dylan, en revanche, est un peu en période de vaches maigres à l'époque), un album que l'on prendra plaisir à écouter et réécouter, superbement produit, rempli de belles chansons (quatre sortiront en singles), et définitivement, Mr. Jones est une des meilleures chansons de ces 30 dernières années, un crescendo poignant et renversant. Tout le disque est réussi, mais j'ai envie de dire que rien que pour cette chanson, August And Everything After mérite l'écoute. D'ailleurs, j'avais acheté le disque rien que pour cette chanson, presque à l'aveuglette, tellement j'aime cette chanson. Autant j'avais été déçu par l'album des Connells, acheté avec le même argument, autant là, je n'ai pas regretté l'achat (peu onéreux, ceci dit). Ne me demandez pas ce que valent les autres albums, en revanche : j'avoue ne pas avoir tenté la suite, peut-être de peur de tomber sur des merdes, ou au contraire sur des albums plus réussis encore que ce premier album, et qui me feraient le déprécier malgré moi dans mon estime...

Round Here

Omaha

Mr. Jones

Perfect Blue Buildings

Anna Begins

Time And Time Again

Rain King

Sullivan Street

Ghost Train

Raining In Baltimore

A Murder Of One