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Encore un disque que j'aborde après une recommandation qui m'a été faite (le même jour, en même temps que pour l'album de Bonnie "Prince" Billy abordé il y à quelques jours). Encore un album que je me demande bien comment j'ai fait pour ne pas l'avoir abordé plus tôt ici (oui, je sais, cette phrase n'est pas vraiment du français, mais vous savez quoi ? Vous le savez, hein, j'ai pas besoin de le dire, que je m'en fous ?). Pourtant, Mercury Rev, groupe américain originaire de Buffalo (Etat de New York) formé en 1989, je connaissais, de nom seulement, mais j'en avais entendu parler à plusieurs reprises. Et quasiment tout le temps, c'était d'ailleurs au sujet de cet album-ci, leur quatrième, sorti en 1998 sous une belle et sombre pochette faisant un peu rock gothique : Deserter's Songs. Comment définir le son de ce groupe ? Une sorte de chamber rock psychédélique parfois un peu folk, parfois un peu dreampop, parfois très proche des Flaming Lips. D'ailleurs, il y à quelques liens entre les deux groupes : un des membres du Rev, Jonathan Donahue (chant, guitare), fit partie des Lips, et Dave Fridmann (basse du Rev) a produit les Lips. Les autres membres de Mercury Rev, notamment au moment de l'enregistrement de ce quatrième opus, sont Sean ''Grasshopper'' Mackowiak (guitare, chant, instruments à vent), Jimmy Chambers (batterie, clavinet).

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On notera aussi la participation, remarquée à l'époque, mais sur deux titres seulement (un par participant), de deux membres de The Band : le batteur Levon Helm (sur Opus 40) et le claviériste/cuivriste/accordéoniste Garth Hudson (sur le bien nommé, si on peut dire, Hudson Line : saxophone ténor), lequel est, avec Jaime Robbie Robertson (guitariste du Band), un des deux seuls membres encore en vie du mythique groupe canadien. Deserter's Songs, qui a été nommé album de l'année 1998 par le journal musical britannique NME, est un disque assez remarquable, qui aurait pas mal de liens avec l'album The Soft Bulletin (1999) des Flaming Lips, encore eux. Les deux albums ont été faits en même temps, et un des membres de Mercury Rev, Fridmann, est producteur (coproducteur, en fait) de l'album des Flaming Lips, comme j'ai dit plus haut. Apparemment, les deux groupes auraient échangé des idées de production, d'utilisation d'instruments, etc, et le succès de l'album de Mercury Rev aurait aidé, pour les Lips, au succès de leur album, qui fut leur premier gros succès. Deserter's Songs, qui dure 44 minutes, est un disque étrange qu'il est difficile de pleinement apprécier à la première écoute (entre parenthèses, j'ai d'ailleurs un peu de mal avec la voix du chanteur), il faut s'y pencher plusieurs fois pour que l'alchimie fonctionne, que le disque se révèle.

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Mais au bout du compte, quand le NME en parle comme de l'album de l'année, quand tout le monde est unanime à son sujet et en parle comme du sommet du groupe, d'un des sommets de sa génération et d'un disque culte et essentiel, force est de constater que c'est totalement mérité et justifié. Cet album est une merveille douce-amère, parfois curieuse (l'instrumental The Happy End (The Drunk Room) et la plage instrumentale sans titre cachée en fin d'album, située non pas sur une 12ème plage audio mais sur un intervalle entre la dernière plage audio et...rien, sont vraiment chelous), riche en morceaux sublimes comme Goddess On A Hiway, Endlessly, The Funny Bird, Holes ou Hudson Line. Si la voix de Jonathan Donahue m'énerve un peu par moments, Deserter's Songs est une production éclatante, un disque qui sonne d'ailleurs curieusement, à la fois underground et mainstream. Une pure petite merveille de rock alternatif, de chamber pop, un peu folk parfois, un disque audacieux et, au final, hors du temps : enregistré en 1998, il sonne comme s'il venait tout juste d'être mis sur bande, ou comme s'il datait des années 70. 

Holes

Tonite It Shows

Endlessly

I Collect Coins

Opus 40

Hudson Line

The Happy End (The Drunk Room)

Goddess On A Hiway

The Funny Bird

Pick Up If You're There

Delta Sun Bottleneck Stomp/(Untitled Instrumental)