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J'avais parlé récemment (il y à quelques mois quand même) de Jonathan Wilson ici, un artiste américain qui, à l'heure actuelle, a sorti quatre albums depuis son premier en 2011. Le dernier remonte à mars dernier. C'est en fait bien simple : en mars dernier, j'ai proposé Dixie Blur, son dernier opus en date. En mai, ce fut Gentle Spirit, son premier album, et en juin, Fanfare, le deuxième, sorti en 2013. Et il en reste un, donc, le troisième, qui est, je pense que vous l'avez deviné, cet album-ci, Rare Birds, sorti en 2018. Wilson est un artiste bien à part, qui fait, dans son coin, les albums qu'il a envie d'écouter, et qui ne s'embarrasse absolument pas des codes, des dogmes. Si son dernier album en date (vraiment bon) ne dure qu'une petite cinquantaine de minutes, et même un peu moins il me semble, chacun de ses trois précédents opus font la petite bagatelle vraiment insignifiante de 78 minutes. Des albums remplis jusqu'au bord de la gamelle, avec 13 morceaux chacun, des morceaux souvent oscillant entre 5 et 7 minutes. Artiste relativement peu connu qui a certes droit à sa page Wikipedia mais pas tous ses albums (Rare Birds n'y a pas droit) mais ne vend pas autant d'albums que U2 ou Ed Chiant, Jonathan Wilson a le chic pour s'entourer de pointures : Chris Robinson des Black Crowes pose des voix sur un titre du premier album, Jackson Browne, Benmont Tench, David Crosby, Graham Nash participent à Fanfare, et sur ce Rare Birds, le temps d'un morceau, on a Lana Del Rey (Loving You, sensationnel). 

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Rare Birds est un savant mélange entre rock un peu psychédélique, country, rock et soft-rock à la californienne. Le tout sorti sous une pochette chamarrée et relativement peu sobre, assez prétentieuse (Wilson tout en haut d'un piédestal dans un temple, sur un trône), mais vraiment belle. On y trouve les paroles, premier de ses albums à les proposer, dans un copieux livret illustré (à noter que le boîtier est un digipack reproduisant le vinyle, avec sous-pochette). Jouant de pas mal d'instruments à lui seul (guitare, claviers, basse...), mais entouré d'un aréopage de musiciens peu connus et fidèles (Josh Tillman, notamment), Wilson livre ici un disque qu'il est, comme à son habitude, difficile de chroniquer, en raison de sa durée, de son hétéroclicité, de sa variété, qui semble infinie. On a l'impression qu'il y aura toujours plein de choses diverses et variées à découvir, sur chacun de ses albums, à chaque écoute. Voix parfaite, un peu voilée et très douce, atmosphère lancinante, aérienne, ethérée (49 Hair Flips, notamment, avec ce sublime piano, est magistral, le morceau-titre et Trafalgar Square aussi), on écoute ce disque comme si on était sur un nuage.

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Certains reprocheront sans doute à l'album d'être trop long, et en effet, 78 minutes (en vinyle, il est double), soit quasiment le maximum de contenance d'un CD - un titre de plus, et c'était un double CD - c'est vraiment beaucoup. Comme je l'ai dit, Rare Birds fait la même durée, 78 minutes, que les deux précédents, ce qui peut sembler vraiment too much, on a l'impression que Wilson ne sait pas se retenir (de fait, la courte durée de son dernier opus est assez étonnante, presque choquante). Oui mais voilà : ces trois premiers albums sont vraiment remarquables (Fanfare peut-être un petit peu moins, et encore, que les autres), malgré leur durée. A bien y réfléchir, Dixie Blur, le dernier, le plus court, est limite frustrant, rapport à ça. Rare Birds est du même niveau que Gentle Spirit, c'est à dire un niveau écrasant, exceptionnel, irréellement beau. Que Jonathan Wilson ne soit pas plus connu que ça, vu les albums de dingue qu'il nous offre régulièrement, c'est quelque chose, au final, d'assez difficil à expliquer. Bref, si vous cherchez de la bonne, grande musique à l'ancienne (ce disque aurait pu sortir, grosso modo, dans les années 70, tel qu'il est, il n'y à pas d 'effets technoïdes, on a certes des claviers, mais qui existaient déjà dans les 70's), vous savez ce qu'il vous reste à faire : écouter ce Rare Birds, et les albums de Jonathan Wilson en général. Marrant, d'ailleurs, que les artistes musicaux du nom de Wilson sont souvent exceptionels : Brian, Dennis, Steven, Bill, Jonathan. Aucun lien de parenté entre eux, sauf les deux premiers qui sont frangins, ce qui est encore plus amusant. 

Trafalgar Square

Me

Over The Midnight

There's A Light

Sunset Blvd

Rare Birds

Living With Myself

Miriam Montague

49 Hair Flips

Loving You

Hard To Get Over

Hi-Ho The Righteous

Mulholland Queen