P10

Après un retour remarqué en 2014 avec Indie Cindy, c'est peu dire que les fans, discrets mais présents partout dans le monde, attendaient avec impatience un successeur. S'ils avaient attendu 23 ans pour avoir un nouvel album des Pixies, les fans n'attendront pas aussi longtemps (sinon, ils attendraient encore et cet article ne serait pas publié aujourd'hui mais en 2037) pour le successeur. Ce sixième album studio (sixième et demi, en fait) sortira en effet deux ans plus tard, en 2016, sous une pochette assez, heu...moche, et surtout bizarre, tellement bizarre que je ne sais pas trop ce qu'elle représente et je ne suis pas sûr d'avoir envie de le savoir. On notera que les titres des 12 morceaux de l'album sont indiqués sur le recto, en deux colonnes. L'album, le premier avec la nouvelle bassiste du groupe Paz Lenchantin (une Argentine vraiment très adroite à la basse, qui chante à elle seule un des titres de l'album), a été enregistré en deux mois (février/mars) 2016 aux studio RAK de Londres, et est sorti en fin septembre. Il s'appelle Head Carrier, son titre est une allusion aux saints céphalophores, c'est à dire qui portent leur tête décapitée, le plus célèbre étant évidemment Saint-Denis. 

P11

Indie Cindy était l'album le plus long du groupe, avec 45 minutes. Et il le reste, au passage. Head Carrier, lui, est presque le plus court : un peu moins de 34 minutes. Autant le dire, ça va assez vite, ça défouraille encore plus sec que dans le final d'un western de Peckinpah, et ce, dès le morceau-titre. Même s'il faut attendre le troisième titre pour avoir affaire au morceau probablement le plus dingue et sanguinaire de la carrière entière des Farfadets : Baal's Back. Bon Dieu, cette furie... A côté de ce maelström de violence qui n'atteint pas les 2 minutes au chrono', des morceaux comme Classic Masher, Tenement Song (génial !), Oona, Um Chagga Lagga sont presque - presque ! - de la pop sucrée à la Carpenters. Quant au morceau chanté par Paz, All I Think About Now, c'est un des sommets de l'album, clairement, une chanson qu'elle a écrite seule (pour les paroles) qui parle de Kim Deal, qu'elle remercie tout du long, la chanson n'est absolument pas une critique ou autre, c'est vraiment une salutation amicale de la part de la remplaçante.

P12

 

Un album très solide que ce Head Carrier, donc, même s'il n'est pas un de mes préférés du groupe et que, tout comme le précédent, je ne le ressors franchement pas aussi souvent que les albums de la grande époque. Quand je veux me faire un peu de Pixies, c'est Doolittle ou Bossanova, notamment, que je ressors, je posède même les premiers albums et leur EP inaugural en vinyle, ce qui n'est le cas ni de Indie Cindy ni de Head Carrier (quant au dernier album en date, Beneath The Eyrie, sorti l'an dernier, à ma grande honte, je ne l'ai toujours pas écouté, et donc, je suis au regret de le dire, le cycle Pixies, sur le blog, s'achève ici ; un jour, je l'aborderai sans doute, ce septième opus...). Désolé pour cette chronique un peu plus courte que de coutume, mais je n'ai pas grand chose à dire ici : aucun mauvais morceau, quelques vraies réussites (Tenement Song, le morceau-titre, All I Think About Now...), une production solide (de Tom Dalgety), Head Carrier est un bon opus du groupe, même s'il ne fait pas oublier les grands disques d'autrefois. Il ne leur fait pas honte non plus, ce qui est important. Pour fans, donc !

Head Carrier

Classic Masher

Baal's Back

Might As Well Be Gone

Oona

Talent

Tenement Song

Bel Esprit

All I Think About Now

Um Chagga Lagga

Plaster Of Paris

All The Saints