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Ca vous dit qu'on reparle un peu des Black Crowes ? C'est à un de leurs albums les moins connus que je m'attaque aujourdhui. Un album sorti sous une pochette que je n'hésite absolument pas, pas une seconde, à classer dans les plus nulles que j'ai vues de ma vie. Pas spécialement moche, non, mais qui, vraiment, sent bon le pour ce coup-ci, on n'a pas vraiment eu d'idée géniale pour la pochette. On y distingue, sur fond blanc, une sorte de symbole gris constitué en fait de trois serpents n'en formant d'un, avec un trou central, le tout fait assez fortement penser à ces macarons plastifiés que l'on trouve au centre des 45-tours (si on le laisse au centre, on peut mettre le disque sur la platine sans utiliser l'embout circulaire destiné aux 45-tours ; si on le sépare du disque, car ces macarons étaient généralement reliés au disque par trois petits bouts de plastique facilement coupables, on se retrouve ensuite avec un disque orné, en son centre, d'un gros trou, et là, l'embout spécifique vendu avec la platine est obligatoire ; quiconque a ou a eu une platine et des 45-tours devrait comprendre ce que j'ai dit). OK, ça y fait référence, sans doute, et ce dessin est aussi une sorte d'illustration pour le titre de l'album, mais c'est moche. L'album ? Sorti en 1996, il s'appelle Three Snakes And One Charm, quand je disais que quelque part, le dessin illustrait son titre, vous voyez ce que je veux dire, désormais. C'est le quatrième album des Corbeaux Noirs, il fait suite à Amorica et sa pochette représentant un string féminin bien rempli, dont Leslie nous a parlé il y à, genre, deux mois de 30 jours chacun.

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Bon. Rapide résumé. Le premier Black Crowes est excellent, le second est immortel et grandiose, et le troisième, franchement, est vraiment excellent, voire même tout aussi remarquable que le deuxième. Bref, à ce stade, le groupe de Chris (chant) et Rich (guitare) Robinson est grand. Mais malheureusement, il ne va pas le rester longtemps. Pour le grand public, je veux dire, et aux yeux des rock-critics. Three Snakes And One Charm, long de 48 minutes, n'est pas un mauvais album du tout, je dois le dire, mais il est quand même inférieur aux précédents : si sa première moitié est une incontestable réussite qui file la tension dans le calbute, l'album, à partir de, disons, son huitième morceau (il y en à 12 en tout), c'est à dire à partir de Bring On, Bring On, s'enfonce un peu. Rien de grave, mais on peut parler d'album un peu inégal, et malheureusement, au lieu d'avoir, de temps en temps, sur le disque, un morceau un peu bof, ceux-ci sont globalement regroupés vers la fin (Let Me Share Your Ride, Better When You're Not Alone). Ce ne sont pas des morceaux à vomir non plus, mais les Crowes nous avaient habitués à bien mieux. Et ils nous offriront par la suite des albums mieux structurés aussi (Warpaint, notamment). Je ne sais pas si on peut dire que c'est leur album le moins réussi, Lions (2001) n'est pas extraordinaire non plus.

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Mais bon, Three Snakes And One Charm, malgré qu'il brise clairement l'élan apporté par les trois précédents opus du groupe, offre tout de même du très très grand boulot dans le registre southern blues-rock un peu hard zeppelinien. Genre Under A Mountain, Girl From A Pawnshop (long de 6 minutes, le plus long ici, c'est une pure splendeur), Nebakenezer, (Only) Halfway To Everywhere... La production (signée Jack Joseph Puig et le groupe) est excellente, la première partie  de l'album passe tellement bien qu'on se pique de l'espoir que ce disque soit au final un trésor caché, genre l'album méconnu et à redécouvrir des Black Crowes. Au final, ce n'est pas vraiment le cas, Three Snakes And One Charm est en partie frustrant, mais si vous aimez le hard-rock sudiste et le blues-rock, même en sachant qu'il y à mieux dans le genre et chez ce groupe, ça serait dommage de passer à côté. N'empêche, la maestria de The Southern Harmony And Musical Companion est loin devant...

Under A Mountain

Good Friday

Nebakenezer

One Mirror Too Many

Blackberry

Girl From A Pawnshop

(Only) Halfway To Everywhere

Bring On, Bring On

How Much For Your Wings ?

Let Me Share Your Ride

Better When You're Not Alone

Evil Eye