CR4

Si vous êtes fans de Chris Rea, vous devez être à la fête depuis quelques semaines, vu que cet article est le troisième sur ce bonhomme (il y en aura peut-être un autre, on verra, mais guère plus, par contre). Bon, comme je l'ai dit ici récemment, Chris Rea, chanteur et guitariste bitannique de soft-rock et de blues-rock à la voix si particulière et (je trouve) apaisante, a vraiment cartonné, en 1986, avec On The Beach, album admirable offrant quelques sublimes chansons (Giverny, le morceau-titre, It's All Gone, Auf Immer Und Ewig). L'année suivante, il sort Dancing With Strangers, qui marchera bien. En 1988, il sort une compilation, New Light Through Old Windows, qui offre de nouvelles versions, réenregistrées (ainsi que deux nouvelles chansons) de certains de ses classiques, dont Josephine et On The Beach, nouvelles versions qui, désormais, passent plus souvent à la radio que les originales (et ne sont pas moins bonnes qu'elles, ce qui est déjà bien). Puis Rea, en 1989, commence à enregistrer son nouvel album, The Road To Hell, au studio Miraval, dans le sud-est de la France (dans le Var). Mais entre Rea et sa maison de disques, il y à de l'eau dans le gaz, et Rea, suite à un accord avec la maison de disques, enregistre un autre album, Auberge, avant de poursuivre les sessions de The Road To Hell. Auberge sortira en 1991.

CR5

 

The Road To Hell, lui, sort bel et bien en 1989, c'est compliqué de s'y retrouver : enregistré après Auberge, il sort avant, mais s'il n'y avait pas eu ces embrouilles avec Warner, il serait de toute façon sorti avant, alors... Bon. Long de 50 minutes, l'album offre évidemment un des plus gros tubes de Chris Rea, le morceau-titre...lequel est divisé en deux parties, et celle qui est sortie en single et a cartonné, et continue régulièrement de passer à la radio (si vous écoutez RTL2, notamment, je pense que vous devez y avoir droit au moins une fois tous les 15 jours), c'est The Road To Hell (Part 2). Un morceau culte, excellent (remarquable guitare), un des meilleurs d'un album généralement considéré comme un des meilleurs de Rea, et en tout cas, il s'agit de son plus gros succès commercial. Force est de constater que c'est en effet un excellent album, qui offre également Texas, Daytona, Tell Me There's A Heaven (lequel est un peu trop sirupeux pour moi, avec ses arrangements lyriques) et Looking For A Rainbow, long de 8 minutes. 

CR6

L'album est cependant, des trois que j'aborde, celui que je trouve être le moins grandiose. Comparé à Auberge, enregistré à peu près en même temps et dans les mêmes studios, je trouve en tout cas The Road To Hell moins percutant, à cause de deux-trois chansons qui me plaisent nettement moins que le reste : That's What They Always Say, Your Warm And Tender Love. Tell Me There's A Heaven aussi, à cause de ses arrangements pleurez dans vos chaumières à moitié en ruines, vous qui n'avez plus rien à manger. Globalement, l'album est très bien, bien produit, bien interprété, et on y trouve vraiment de très bons trucs. Les 9,30 minutes, découpées en deux parties, du morceau-titre, d'abord atmosphérique puis rock, c'est imparable, surtout en ouverture d'album, et Daytona est géniale aussi. Mais voilà, si je compare avec On The Beach, si je compare avec Auberge, c'est tout de même un petit peu inférieur. Encore une fois, le fameux syndrôme de l'album qui cartonne, qui renferme un gros tube (sans doute le plus gros de Rea, devant On The Beach et Josephine), mais qui, sur la durée, ne tient pas totalement ses promesses. Auberge, lui, bien que renfermant des morceaux connus (Looking For The Summer), est plus cohérent, mieux structuré, bien plus réussi, et probablement son chef d'oeuvre. Que ça ne vous empêche pas d'écouter The Road To Hell, ce n'est quand même pas un mauvais album !

FACE A

The Road To Hell (Part 1)

The Road To Hell (Part 2)

You Must Be Evil

Texas

Looking For A Rainbow

FACE B

Your Warm And Tender Love

Daytona

That's What They Always Say

I Just Wanna Be With You

Tell Me There's A Heaven