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On continue dans notre petit (encore trois albums après celui-ci) périple dans la discographie de Madonna. On avait laissé la Ciccone avec un album remarquable, sorti en 1989, Like A Prayer, album qui, cependant, par le biais de sa chanson-titre et surtout de son clip, avait fait une grosse polémique (imagerie religieuse associée à l'érotisme, blapshème, etc), elle a failli se faire excommunier, la coquine, et son contrat d'exclusivité et de porte-parole de la marque avec Pepsi a sauté pour la peine. Est-ce que vous pensez que ça l'a calmée ? Si vous pensez que la réponse est oui, c'est que vous ne connaissez vraiment pas la Madonna de l'époque, et que vous êtes vraiment naïf. près un tel coup d'éclat, que va faire Madonna ? Un film documentaire, sorti en 1990, In Bed With Madonna, qui dévoile une partie de l'intimité de la star et les coulisses de sa tournée, avec extraits live. Et elle va jouer dans le film de Warren Beatty (et avec Warren Beatty et Al Pacino) Dick Tracy, dont elle signe la bande-originale, au sein de laquelle se trouve la chanson Vogue. Puis elle sort un best-of qui sera un succès monumental, The Immaculate Collection. Tout ça dans la même année. En 1992, Madonna fonde son propre label, Maverick, et sort son cinquième album, qui sera publié simultanément avec un livre de photographies du nom de Sex, qui fera scandale (on y voit la Madone dans des poses suggestives et limite porno, dans des univers SM, soft ou lesbien, nue ou quasi nue, posant avec des stars telles que Naomi Campbell, Vanilla Ice, Big Daddy Kane, Udo Kier...), et qu'elle signe sous le nom de Dita. L'album, lui, s'appelle Erotica.

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En 70 minutes (pour 13 titres), Erotica, sous sa glamour pochette (mais regardez le verso, photo ci-dessus, tirée du livre de photos à scandale...), fera sensation, évidemment, et le côté terriblement suggestif de plusieurs des chansons (Secret Garden, le morceau-titre, Bye Bye Baby...) entraînera l'inévitable sticker 'parental advisory' sur le boîtier. L'album sera un assez beau succès commercial, on parle de Madonna et jusqu'à présent, on peut dire qu'elle n'avait strictement rien loupé dans sa discographie. Mais s'il a bien marché, Erotica a obtenu des critiques assez mitigées de la part de la presse, et pour être totalement honnête, on peut dire que c'est justifié. Je classe le disque en pop-rock mais j'insère le tag 'ratages', ce qui n'était pas mon intention à la base, parce que je dois avouer que je ne déteste pas cet album. Mais même si je ne veux pas le mettre dans cette catégorie infâmante, il faut quand même mettre le tag, parce qu'il n'est vraiment pas parfait, trop long, certains morceaux sont moyens (Waiting, Did You Do It ?), et sa production (signée Madonna, Shep Pettibone et André Betts) est épuisante, il est difficile de l'écouter en entier d'une traite, il faut vraiment le vouloir. On a affaire ici à un disque de dance-pop surchargé, un peu new-jack (et encore, pas trop) parfois, qui me fait penser au Dangerous de Michael Jackson, sorti l'année précédente. Sauf erreur de ma part, c'est l'album le plus long de Madonna, je parle de ses albums studio (Ray Of Light n'est pas loin derrière avec 66 minutes), et bien qu'il ne s'agisse pas de son plus mauvais album (parmi ses plus récents, il y en à de sévèrement nullissimes...), c'est clairement, au moment de sa sortie en 1992, son moins satisfaisant. De loin. 

M9

L'album offre pourtant des morceaux très efficaces, comme le sensuel et osé morceau-titre, qui ouvre le bal, Deeper And Deeper (qui est juste excellent), Fever (qui réutilise, sans mettre de crédits et c'est paaaaaaas bien, le Fever de Peggy Lee), Secret Garden et Rain. Et faire un album entier sur le sujet, sur le sexe, le cul, l'érotisme, surtout quand, en même temps, on sort un truc aussi dingue que Sex (qui se vendra comme des missels au Vatican, j'imagine, mais les acheteurs, en magasin, devaient à peu près être dans le même état d'esprit que le jeune branleur à peine majeur qui, en kiosque, achète Hot Vidéo), c'est vraiment courageux. Il n'y avait vraiment que Madonna, à l'époque, pour faire ça (et on notera que Lady Gaga, qui a pas mal piqué à la Ciccone, n'a pas fait de trucs de ce genre, sans doute pour ne pas être accusée de plagiat). Erotica aurait pu être un très bon album, il est, au final, beaucoup trop long et vraiment inégal, on l'écoutera rarement parce qu'il est épuisant et que la moitié des morceaux sont d'un niveau médiocre. On notera, chose positive, l'absence de morceau caché après plusieurs minutes de silence, une des tares de l'époque, qui nous est épargnée. Pour ma part, j'aime vraiment ce que Madonna a fait jusqu'à la moitié des années 90, cet album compris, je n'arrive pas à le détester alors que je sais que ce n'est pas génial (mais il y à de très bons trucs). J'assume, vous en faites pas, et puis, je fais la part des choses. Et non, au passage, avant que vous ne me le demandiez, je ne possède pas le livre Sex ! Mais je l'ai feuilleté il y à longtemps, faut pas mourir idiot. Ca vaut pas le coup d'acheter ça, au passage, mais c'est sympa pour le regard...

Erotica

Fever

Bye Bye Baby

Deeper And Deeper

Where Life Begins

Bad Girl

Waiting

Thief Of Hearts

Words

Rain

Why It's So Hard

In This Life

Secret Garden