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Les spécialistes en Madonna le diront, on ne peut pas passer de Like A Virgin à cet album, il faut parler de True Blue avant, vu qu'il a été fait entre les deux. Oui mais comme j'avais abordé True Blue il y à deux mois, je n'allais pas le rechroniquer, ni republier sa chronique aussi tôt. Donc, on fait un petit saut dans le temps : de 1984, on arrive à 1989. Cet album n'est en fait pas le successeur du franchement réussi True Blue de 1986. En 1987, Madonna sortira You Can Dance, un album comprenant des remixes dance de certaines de ses précédentes chansons (dont Holiday et Into The Groove), dont un inédit des sessions de True Blue, Spotlight, sous pochette rouge bien iconique. Et la même année, il y à la bande originale, signée en partie de sa main, du film Who's That Girl dans lequel elle joue. Mais pour un nouvel album, prière (oh, le jeu de mots bien convenu !!) d'attendre 1989. En cette année, Madonna sort, en enregistrement digital comme indiqué sur la pochette, son quatrième album studio, un disque qui cartonnera bien comme il faut (comme les précédents) et qui sera assez rapidement considéré comme un de ses meilleurs albums, si ce n'est son meilleur. Produit par Patrick Leonard, Stephen Bray et Madonna (ça change selon certains morceaux), et même Prince pour un morceau (j'y reviens plus bas), cet album est sorti sous une pochette représentant le haut du blue-jean de Madonna, son ventre et ses mains richement parées, et s'appelle Like A Prayer

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A l'époque, Madonna ne va pas forcément très bien : elle sort d'un divorce compliqué, elle a joué dans des films pas terribles, elle a joué aussi au théâtre et fut critiquée, elle est en pleine dépression, ou plutôt, en sort tout juste. Comme on peut s'en douter, l'album, son plus long à l'époque (51 minutes), servira de catharsis. Ce qui ne l'empêche pas d'être l'objet d'une grosse controverse : sa chanson-titre, qui ouvre le bal, et est clairement un des joyaux inaltérables de la couronne madonnesque. Je l'ai dit, je le redis, je le redirai, je ne suis pas un fan, loin de là, mais la Madonna qui va de ses débuts (même si je ne suis pas fan du premier album) jusqu'au milieu des années 90, merde, j'aime beaucoup, quoi. Like A Prayer, la chanson, est une tuerie pop/gospel que l'on écoutera encore avec beaucoup de respect, d'amour, de passion, d'admiration, dans 50 ans, même dans 100 ans. Le clip de la chanson (dont le titre signifie "comme une prière") montre notamment Madonna embrasser un Jésus de couleur, on voit des stigmates, des croix enflammées, une iconographie religieuse (accentuée évidemment par le côté gospel, via les choeurs, de la chanson), et sera un tel scandale que Pepsi, qui avait juste avant signé un contrat de promotion avec Madonna pour sa tournée (ils l'auraient sponsorisée, ce qui aurait évidemment entraîné pour eux un gain considérable de popularité et de publicité vis-à-vis de leurs concurrents de toujours Coca-Cola) et l'avaient choisie comme porte-parole pour les pubs, ont rendu leur contrat à la Ciccone. A l'époque, Madonna, c'était le danger pour les bonnes moeurs, il faut le dire, comme Lady Gaga pour les années 2000, qui lui a tout piqué.

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L'album s'ouvre sur cette merveille, mais n'offre pas que ça de réussi. Express Yourself (dont le clip aussi sera controversé, très sexuel et sensuel), Love Song, qui a été faite avec Prince et qui, compte tenu du fort potentien sexuel et controversé des deux artistes, est étonnamment sobre et douce (une vraie merveille), Pray For Spanish Eyes, Cherish et Oh Father (dans lequel Madonna parle de son père, avec lequel les relations étaient difficiles, et dans le clip duquel elle fait allusion à la mort de sa mère, survenue alors qu'elle avait 5 ans - Madonna, pas sa mère, hein) sont de vraies réussites là aussi. Surtout, pour moi, Pray For Spanish Eyes, vraie splendeur un peu hispanisante (après le déjà sublime La Isla Bonita en 1986), parfois créditée seulement Spanish Eyes. Excellent album, Like A Prayer offre aussi Till Death Do Us Part, mais également quelques morceaux un peu moins forts (Dear Jessie, Promise To Try) et son final, Act Of Contrition, long de 2 petites minutes, reprend des bribes du morceau-titre et se termine sur un délire vocal, Madonna engueulant un maître d'hôtel de restaurant chic parce que son nom n'est pas sur la liste des réservations. Son What do you mean, it's not in the computer ? final, d'une voix bien énervée et sur le point d'exploser comme un volcan, est irrésistible, mais on n'aimerait pas être à la place du pauvre maître d'hôtel le cas échéant. Mais je ne suis pas certain que ce final était utile à l'album. Qui, dans l'ensemble, quoi qu'on en dise, est bel et bien un des meilleurs albums de Madonna. 

Like A Prayer

Express Yourself

Love Song

Till Death Do Us Part

Promise To Try

Cherish

Dear Jessie

Oh Father

Keep It Together

Pray For Spanish Eyes

Act Of Contrition