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C'est reparti pour du sérieux dans la déglingue neuronale : The Mars Volta. J'avais déjà abordé ici deux de leurs albums, à ces Texans fous (Frances The Mute en jun dernier, en fin de mois, et The Bedlam In Goliath en août), deux albums assez tarés, et à chaque fois, surtout pour la seconde chronique, j'en avais un petit peu chié non pas pour décrire la musique qui se trouve sur ces deux galettes (parce que c'est vraiment indescriptible), mais pour tenir la distance, tout simplement. Il faut dire que The Mars Volta, c'était quelque chose. C'était, parce que le groupe, fondé en partie sur les cendres d'un groupe du nom de At The Drive-In (un nom de groupe un peu con, alors que The Mars Volta, ça claque) par deux musiciens d'origine hispano du nom de Cedric Bixler-Zavala (chant) et Omar Rodriguez-Lopez (guitare, production), a splitté en 2013, un an après leur sixième album studio, Nocturniquet. Oui, comme de bons vieux White Stripes (dont on parle ici même en ce moment sur le blog), The Mars Volta ne fera que six albums, plus un live, et est constitué de deux membres. Mais sinon, comment dire, on ne peut pas vraiment comparer les deux groupes, donc on va tout de suite arrêter les conneries. The Mars Volta est un groupe de rock progressif et expérimental qui lorgne vers le psychédélique, le free-jazz et le hard-rock, selon les morceaux.

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Verso de pochette CD...et apparemment le recto pour le vinyle ! En fait, pour le CD, le visuel est dans l'autre sens

Les deux premiers albums du groupe, De-Loused In The Comatorium et Frances The Mute, étaient tous deux des albums conceptuels dédiés à un de leurs amis, un ingénieur du son hélas décédé. C'étaient aussi, et surtout le deuxième, des albums de dingue, virevoltants, frénétiques, qui partent dans tous les sens, avec des morceaux souvent très longs (Frances The Mute, officiellement, n'en comporte que cinq, pour 77 minutes !). Après ces deux premiers albums remarqués, le groupe va sortir l'album qui nous intéresse ici, Amputechture, en 2006, puis The Bedlam In Goliath en 2008, que j'ai, pour ce dernier, déjà abordé, donc. Amputechture est encore une fois un disque long (76 minutes, pour 8 titres ; l'album suivant durera autant, pour 10 titres), il a été enregistré, comme les précédents et suivants (sauf le tout dernier) avec la participation amicale de John Frusciante, guitariste des Red Hot Chili Peppers. Il est produit par Omar Rodriguez-Lopez et est sorti sous une pochette curieuse montrant des hommes portant à bout de bras une sorte de statue géante et rouge représentant une femme, devant un entrepôt. Un dessin signé Jeff Jordan. Le titre de l'album est une contraction entre trois mots : Amputation, Technology et Architecture

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Que dire ? Amputechture est, du long de ses 76 minutes, un album encore une fois totalement dingue, renversant, mais aussi totalement épuisant. Mélangeant adroitement les genres, progressif, expérimental, jazz et même parfois proche de l'énergie punk, le groupe livre ici des morceaux qui, quasiment tous, dépassent de la zone de confort avec des durées éreintantes : si le plus court, Vermicide, ne dure que 4 minutes, on a ici trois morceaux qui dépassent nettement les 10 minutes : Meccamputechture dure 11 minutes, Day Of The Baphomets en dure presque 12, Tetragrammaton dure 16:40 minutes...notons aussi les 9 minutes de Viscera Eyes, les quasi 9 minutes de El Ciervo Vulnerado... Notons que c'est parfois (mais quand même rarement) chanté en espagnol (pas difficile de deviner sur quels morceaux), que le chant de Bixler-Zavala est étonnant, riche en envolées braillées (au début, ça surprend). Amputechture est un album totalement cinglé qui possède beaucoup de références à la religion dans ses textes, entre Vicarious Atonement qui est le nom de la théorie religieuse expliquant que Jésus est mort pour nos péchés, Tetragrammaton dont le titre est une référence à la manière hébraïque d'écrire le nom de Dieu (JHWH, ou YHWH en anglophone, sans voyelles), El Ciervo Vulnerado ("Le Cerf Blessé") est une référence à un passage de la Bible dans une édition espagnole de 1960 où Jésus est comparé à un "servant qui fut blessé", et en espagnol, entre 'ciervo' (cerf) et 'siervo' (servant), il n'y à qu'une lettre, et phonétiquement, aucune différence), Meccamputechture est un jeu de mots entre le titre de l'album et le nom de La Mecque (Mecca)... Bref, pas un album facile d'accès, pas un album pop et sucré, mais un voyage prenant dans un univers riche et complexe, qu'il faut savourer plusieurs fois, avec de l'espace entre les écoutes de l'album pour éviter une indigestion... Pas le sommet du groupe, mais au même titre que leurs deux précédents albums et le suivant, une totale réussite dans son genre !

Vicarious Atonement

Tetragrammaton

Vermicide

Meccamputechture

Asilos Magdalena

Viscera Eyes

Day Of The Baphomets

El Ciervo Vulnerado