M1

Te souviens-tu, fidèle lecteur ? En juillet dernier, j'avais abordé True Blue, troisième album de Madonna, fou que je suis. Et j'avais prévenu : d'autres albums, au moins quatre, voire même six (et au final, ça sera six), seront abordés par la suite, quelques mois plus tard. Voilà le temps de mettre cette redoutable menace à exécution. J'aurais pu faire un cycle complet consacré à l'ensemble de ses albums (elle en a fait 14 à ce jour, je parle des albums studio), aussi, estimez-vous heureux, si ce petit cycle qui démarre aujourd'hui vous révulse déjà, que je n'en aborde que la moitié. Sans doute la bonne moitié. Comme je ne fais rien comme tout le monde, après avoir abordé, en juillet dernier, le troisième album de la Ciccone, c'est avec son deuxième album que je commence ce cycle. Et le premier opus de 1983, sans titre, il pue de la gueule ? Non, il est même correct, et offre Holiday et Lucky Star, mais on verra plus tard, si jamais je décide un jour d'aborder les albums restants... Bon, après son premier opus en 1983, qui cartonnera, Madonna veut vraiment s'imposer comme une star de la pop. Elle décide de coproduire son futur deuxième album, choisssant comme coproducteur Stephen Bray, et comme producteur principal, exécutif, un certain Nile Rodgers. On ne le présente plus, celui-là, qui sortait alors de la production du Let's Dance de Bowie, et qui, avant ça, avait produit le Diana de Diana Ross en 1980...et, évidemment, était la tête pensante, le lider maximo de Chic, ce génial groupe de disco/funk. 

M2

Like A Virgin, deuxième album de Madonna, sort en 1984, sous la forme d'un disque de 9 titres (qui, l'année suivante, ressortira avec un morceau supplémentaire placé en ouverture de la face B, Into The Groove, issu de la bande-son du film Recherche Susan Désespérément, dans lequel elle partage la vedette avec Rosanna Arquette). Sorti sous une pochette très glamour et sexy, l'album, sur lequel jouent Nile Rodgers (guitare, synclavier), ses acolytes de Chic Bernard Edwards (basse) et Tony Thompson (batterie), l'album sera un triomphe, par la grâce de deux singles tuants (en fait, il y aura quatre singles, plus Into The Groove) : Material Girl, qui parle de la vie de l'époque, d'une fille qui recherche plus une vie aisée avec tout ce qu'elle veut, plutôt que des romances à l'eau de rose, et Like A Virgin, aux paroles provocatrices, au clip qui l'est encore plus (elle apparaît en vierge salace), au double sens entre son nom de scène (Madonna, la Madone, la Vierge Marie) et son attitude déjà bien trash et scandaleuse (et encore, la période Erotica/Sex est encore loin). Into The Groove, monumental titre de dance, est un autre triomphe. Angel, sorti en single, est une belle réussite, mais le dernier single, Dress You Up, est un peu secondaire (un beau petit solo de guitare ceci dit, et le morceau n'est pas pourri pour autant), et sa sortie en single sent un peu le forçage entre deux albums, l'air de dire il faut produire encore un 45-tours pour ne pas que les premiers fans ne perdent patience avant le prochain album

M3

Personnellement, j'aurais choisi Love Don't Live Here Anymore, monumentale ballade achevant la face A (qui annonce, quelque part, le chef d'oeuvre de 1986 Live To Tell), en single. On est avec cette chanson en présence d'un pur chef d'oeuvre qui prouve que Madonna, quand elle veut (et à l'époque, elle ne manquait, de ce côté, pas de volonté), peut être une grande chanteuse. Je ne suis pas fan de Madonna, mais j'ai toujours aimé la première partie de sa carrière (jusqu'à la seconde moitié des années 90), et cette chanson a toujours été une de mes préférées d'elle. Like A Virgin offre du lourd dans le registre pop/dance, il faut l'avouer, et est sans aucun doute un de ses meilleurs albums. Malgré tout, on y trouve au moins une mauvaise chanson : le déplorable (malgré la présence de Lenny Pickett au saxophone) Shoo-Bee-Doo. Le reste de l'album n'est pas forcément toujours de la trempe de Love Don't Live Here Anymore ou du morceau-titre, mais Pretender et Stay, qui achèvent le disque, sont très bons. Au final, les 43 minutes (version 10 titres, qui inclut donc Into The Groove ; la version CD, par ailleurs) sont franchement pas mal. Certes, la production sent bon 1984, avec ces claviers, cette batterie étouffée et parfois synthétique, mais ça, on n'y peut rien. Après ce deuxième album très attendu et qui va la confirmer, la Madone mettra tout le monde à genoux en 1986 avec un True Blue remarquable et déjà chroniqué ici en éclaireur. Puis, ça sera encore un coup d'éclat, en 1989, j'en parle ici très bientôt...

FACE A

Material Girl

Angel

Like A Virgin

Over And Over

Love Don't Live Here Anymore

FACE B

Into The Groove (version 1985 de l'album uniquement)

Dress You Up

Shoo-Bee-Doo

Pretender

Stay