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Je me suis dit : ça serait dommage. Dommage de ne pas reparler de ce groupe, et dommage de ne pas aborder le reste de leur discographie. Parce que ce groupe n'a fait, au final, que six albums, et que trois d'entre eux manquaient à l'appel sur le blog. Alors vous savez quoi ? Cycle White Stripes. Direct. Pan dans la gueule. Je réaborderai les trois albums qui avaient déjà été chroniqués, en nouvelles chroniques (après-demain et pour trois jours de cycle) qui remplaceront les anciennes, pour bien faire. Mais pour aujourd'hui, en ouverture du cycle, c'est un album qui fait partie des manquants sur le blog : leur premier album. Mais qui sont les White Stripes, pour commencer ? Un duo. Constitué de Jack White et Meg White, le premier chante, joue de la guitare et du piano, et coproduit (avec Jim Diamond) l'album, dont il a composé à lui seul 11 des 17 titres (et pour les six autres, il en a co-écrit deux). La seconde joue de la batterie. Johnny Walker est à la seconde guitare slide sur deux titres, sinon, c'est tout. Tout ce boucan, car ce premier album éponyme est un beau boucan de rock bien ras-du-front, a été fait à deux. 17 titres, pour 43 minutes, ça se branle à une vitesse pire qu'un TGV lancé pleine bourre sur une voie en descente à 40%. Bien évidemment, la production n'est pas exactement du genre George Martin rencontre Jeff Lynne

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Les White Stripes sont donc un duo, qui pendant longtemps a fait croire aux foules inconscientes qu'ils étaient frère et soeur alors qu'en réalité, ils étaient un couple marié (de 1996 à 2000). D'ailleurs, chose amusante, Jack White, à la base, s'appelle John Anthony Gillis, et il prendra le nom de sa femme comme nom de scène. Meg White s'appelle en effet bel et bien Meg White (Megan Martha White en complet). Le duo a tout de suite, dès ce premier album, et ça perdurera jusqu'à leur avant-dernier opus, imposé un dogme visuel : les couleurs rouge et blanc. Un peu noir aussi, mais surtout rouge et blanc. Vu leur nom, ce n'est pas étonnant qu'il y ait du blanc. The White Stripes, leur premier album, sorti en 1999, est une déflagration qui offre certes une reprise du One More Cup Of Coffee de Bob Dylan (qui, longue de 3,15 minutes, est un des morceaux les plus étendus du bouzin !) qui est très réussie et roots, mais il n'en demeure pas moins un parfait exemple de punk-blues bien givré et minimaliste (aucune basse, voilà un autre dogme, musical celui-là, du groupe), genre le Gun Club en plus 'sobre'. La reprise du Stop Breaking Down de Robert Johnson est moins fidèle que celle faite par les Stones en 1972, mais elle dépote le gluant bien comme il faut, en 2,20 minutes. Même chose pour le Cannon de Son House, ou l'air traditionnel St. James Infirmary Blues que, selon la légende, le duo a découvert en regardant un cartoon de Betty Boop !

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Mais ce sont les morceaux originaux, en grosse majorité, qui forment la viande de ce premier album : Jimmy The Exploder, I Fought Piranhas, Astro, The Big Three Killed My Baby, Suzy Lee, Do, autant de morceaux totalement destroys (certains sont plus 'calmes', mais ça reste plein de tension retenue). La batterie n'est pas spécialement novatrice, notons au passage que Meg, qui fut souvent critiquée (De Caunes dira de son jeu qu'on dirait du John Bonham joué par un singe et qu'il ferait mieux qu'elle, tout en étant une quiche en la matière), n'est pas une batteuse exceptionnelle, même si elle s'améliorera par la suite et que son jeu, qui tape fort, correspond parfaitement au style direct, droit dans les couilles et sans fioritures, des Bandes Blanches. Ce n'est pas un chef d'oeuvre d'orfèvrerie que ce premier album. C'est un peu comme les premiers Black Keys (qui ont démarré à peu près en même temps), c'est du direct, du simplissime, ça envoie le bois, ce n'est pas recherché, ce n'est pas ce qui est recherché par ceux qui aiment ce genre de musique. Mine de rien, ce premier cru est une belle réussite, sans être le meilleur du groupe, qui va aller en s'améliorant pendant plusieurs albums (comme les Black Keys, tiens, ils ont à peu près la même trajectoire). Mais c'est déjà du lourd. 

Jimmy The Exploder

Stop Breaking Down

The Big Three Killed My Baby

Suzy Lee

Sugar Never Tasted So Good

Wasting My Time

Cannon

Astro

Broken Bricks

When I Hear My Name

Do

Screwdriver

One More Cup Of Coffee

Little People

Slicker Drips

St. James Infirmary Blues

I Fought Piranhas