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Allez, encore un petit peu de Lou Reed ! Encore deux albums à aborder pour parachever ce petit cycle, qui ne permettra pas d'avoir abordé sur le blog tous ses albums (il en restera à chroniquer, mais ce n'est pas une priorité pour le moment, me concernant), mais presque tous quand même. Récemment, j'ai abordé Magic And Loss, album sorti en 1992, splendide album au parfum mortifère (on y parle de mort, de deuil, d'affliction, Lou Reed a dédié l'album à un ami décédé) que je n'hésite pas à qualifier de chef d'oeuvre. J'ai même été jusqu'à dire que pour moi, c'est le dernier chef d'oeuvre du regretté Lou (qui, après cet album, fera encore quatre albums studio solo, sans compter des lives et un album studio en collaboration avec Metallica, le controversé et franchement médiocre Lulu en 2011), déclaration qui peut foutre en l'air le suspense quant au reste de cette chronique, car ça signifie forcément que l'album concerné, sorti après, n'est pas aussi grandiose. En 1996, Lou sort Set The Twilight Reeling, qui est très correct. Mais ce n'est pas cet album que je vais aborder, mais celui qu'il fera ensuite, en 2000 : Ecstasy. Long de 77 minutes (pour 14 titres), Ecstasy, sorti sur le label Reprise Records, est le 18ème opus studio solo de Lou Reed, et il est souvent considéré comme un de ses albums les plus percutants. Certains vont même jusqu'à dire à son sujet ce que j'ai dit plus haut sur Magic And Loss ! Moi, je ne vais pas jusque là, mais je dois le dire tout de même : c'est un très très bon opus. 

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La pochette (recto, verso, et les différentes photos du livret dépliant) me fait doucement marrer, on y voit Lou à différents stades de l'extase. Apparemment, le photographe aurait demandé à Lou de se placer devant un rideau foncé et un appareil photo autoprogrammé, et de se masturber afin de se faire prendre en photo au moment de la jouissance. Je ne sais pas si c'est effectivement le cas ou si Lou a juste simulé une extrême jouissance (à voir certaines photos, on a l'impression qu'entre lui et sa main gauche, c'est la totale éclate), mais c'est efficace et ça traduit bien le propos, et illustre bien le titre de l'album. Album qui, coproduit par Lou et par Hal Willner, a été enregistré notamment avec Mike Rathke (guitare), Fernando Saunders (basse), Tony Smith (batterie) et Laurie Anderson (violon électrique sur trois titres), qui, ayant rencontré Lou en 1992, s'est mariée avec lui en 2008, jusqu'à la mort de ce dernier, les deux formaient un beau couple. L'album, est très rock, et contient un morceau très noisy de 18 minutes, Like A Possum, un des morceaux les plus authentiquement monstrueux que Lou ait enregistré, à ranger aux côtés du Sister Ray (qui fait presque la même durée) du Velvet Underground. C'est presque aussi apocalyptique. C'est presque aussi bon, aussi, d'ailleurs, même si la première écoute ne sera pas forcément super agréable, le morceau étant vraiment barge (guitares tronçonneuses, chant haleté, petits cris étranges de temps en temps...). C'est indéniablement le morceau le plus à part de cet album qui, sans lui, serait tout aussi bon, sans doute même plus digeste.

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Mais Ecstasy sans Like A Possum ne serait tout de même pas pareil, il durerait une heure, serait plus facile à encaisser, mais il y manquerait quelque chose. Mais attention, Ecstasy offre tout de même de grandes chansons en dehors de ce monstre de 18 minutes (j'avais été étonné que sur le site Forces Parallèles, l'album ait pu être chroniqué sans que ce morceau ne soit ne serait-ce que cité une seule fois...parler de cet album sans aborder Like A Possum, c'est un peu comme parler du Double Blanc en occultant Revolution 9). Comme par exemple Mystic Child, le morceau-titre, Tatters, Big Sky, et aussi et surtout Rock Minuet, considéré par beaucoup (et je rejoins cet avis, clairement) comme étant une des meilleures chansons de Lou Reed, et par conséquent un des sommets, si ce n'est le sommet, de cet album de 2000 qui, dans sa globalité, ne mérite pas de figurer dans un Top 5, mais peut-être bien dans un Top 10, même s'il serait vers la fin du classement (que penseriez-vous d'une huitième place ?). C'est un disque exigeant (pas ultra complexe, mais pas le plus accessible de ses albums), un peu trop long...mais, paradoxe, s'il fallait retirer un morceau, ça ne serait surtout pas au plus long d'entre eux d'être l'objet du sacrifice ; donc, il faudrait en retirer plusieurs pour diminuer substantiellement la durée de l'album, et ça serait foutrement dommage et nuirait beaucoup au disque ; donc, quelque part, il a la durée qu'il faut, cet Ecstasy. Si vous êtes fan de Lou et que vous ne le connaissez pas encore, allez-y. Si vous voulez découvrir l'oeuvre solo de Lou, privilégiez plutôt les années 70 et la période 1989/1992. 

Paranoia Key Of E

Mystic Child

Mad

Ecstasy

Modern Dance

Tatters

Future Farmers Of America

Turning Time Around

White Prism

Rock Minuet

Baton Rouge

Like A Possum

Rouge

Big Sky