T1

Ca faisait longtemps (enfin, pas tant que ça, c'était vers juin, je crois) qu'on n'avait pas parlé de Toto ici ! Il restait des albums à aborder, autant en profiter. Mais bon, celui-là, je ne sais pas si vous serez content d'en savoir plus à son sujet... Cette chronique ne sera d'ailleurs pas aussi longue que de coutume, même si je vais essayer de tirer sur la corde, mais sincèrement, il n'y à pas grand chose à dire ici. Cet album est sans doute le plus mauvais de Toto, il date de 2002 et s'appelle Through The Looking Glass. Il offre 11 titres pour un total de 56 minutes assez pénibles dans l'ensemble, et fait suite au franchement terriblement inégal et longuet Mindfields de 1999, qui avait marqué le retour (il avait quitté le groupe en 1982 ou 198, en tout cas après Toto IV) du chanteur Bobby Kimball. Le reste du groupe, ici, est constitué du noyau dur Steve Lukather/David Paich/Mike Porcaro et du batteur Simon Philips. L'album est dédié à Jeff Porcaro, leur premier batteur, mort en 1992, ce n'est pas la première fois, ni la dernière, que le groupe lui rend hommage, ils ont vraiment été marqués par sa mort et c'est normal. Cet album, sorti sous une pochette assez hideuse et dont le titre est aussi celui de la seconde aventure littéraire d'Alice par Lewis Carroll est un des albums les plus à part de Toto avec la bande originale du film Dune (car on a tendance à oublier qu'ils l'ont signée, cette bande originale). Through The Looking Glass, produit par le groupe, est en effet totalement constitué de reprises. Pas d'anciennes chansons du groupe, non, mais d'autres artistes. 

T2

Un peu comme le "The Spaghetti Incident ?" des Guns'n'Roses, le Twelve de Patti Smith ou le Scratch My Back de Peter Gabriel (dont j'ai parlé ici récemment pour les deux derniers), donc. Toto a reprise ici 11 chansons, par 11 artistes ou groupes différents, qui tiennent à coeur au groupe, des chansons qui, selon les propres termes des membres du groupe, les ont inspiré autrefois. Certains choix sont audacieux, d'autres franchement insipides et convenus : pourquoi ne suis-je pas étonné de tomber sur House Of The Rising Sun (The Animals), Sunshine Of Your Love (Cream) ou It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry (Bob Dylan), cette dernière en live d'ailleurs ? Ces reprises n'apportent strictement rien, même les plus audacieuses (Maiden Voyage/Butterfly, du jazzman Herbie Hancock, sublime instrumental ; Burn Down The Mission d'Elton John ; Bodhisattva de Steely Dan ; I Can't Get Next To You des Temptations) ne sont que des calques Toto-isés des versions originales (et ils ont osé toucher au While My Guitar Gently Weeps des Beatles, ces cons). Interprétés soit par Kimball, soit par Paich, soit par Lukather (Bodhisattva par Kimball et Lukather), ces reprises ne servent à rien, cet album ne sert à rien. Si je le cite comme étant le pire du groupe, ce n'est pas parce que ces reprises sont mal foutues, non ; au contraire, Toto est un groupe pro, et ils reprennent ces morceaux de façon pro. C'est juste que c'est l'exemple même de l'album sans intérêt, qui sent bon soit la fin de contrat (l'album suivant sera sur un autre label), soit le disque chope-pognon par excellence. A réserver aux fans complétistes. 

Et comme les Guns'n'Roses l'indiquaient dans les notes de pochette de leur propre album de reprises : une bonne chanson, ça se trouve partout. Faites-vous une fleur, allez écouter les versions originales. 

Could You Be Loved

Bodhisattva

Wile My Guitar Gently Weeps

I Can't Get Next To You

Living For The City

Maiden Voyage/Butterfly

Burn Down The Mission

Sunshine Of Your Love

House Of The Rising Sun

Watching The Detectives

It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry