TW25

Après avoir parlé d'un album assez à part dans la discographie du groupe (An Appointment With Mr. Yeats, sublime album reprenant des poèmes et autres textes de l'écrivain irlandais du début de la fin du XIXème et début du XXème siècle, W.B. Yeats, un des maîtres à penser, en littérature, de Mike Scott), place maintenant à un retour à la normale, si on peut dire. Le groupe avait mis quatre ans entre Book Of Lightning et leur album sur Yeats. Ils vont à nouveau mettre quatre ans entre le précédent album et ce nouvel opus, sorti donc en 2015, leur onzième cru studio : Modern Blues. Un album qui n'offre que peu de morceaux, 9 seulement, c'est celui qui en offre le moins en 30 ans, depuis This Is The Sea. Pour une durée de 51 minutes, donc les morceaux ne sont pas particulièrement courts non plus (le plus long dure 10 minutes, la majeure partie titille les 5 minutes, voire les dépasse un peu par la gauche). Sorti sous une belle pochette représentant un homme tout recouvert de feuillage et de mousse végétale dans un champ, Modern Blues marque un retour des Waterboys à des sonorités un peu rock après les incartades celtico/poético/folk de An Appointment With Mr. Yeats. L'album est sorti sur le label Harlequin And Clown, un petit label indépendant. Les précédents opus, tous depuis le retour, sont sortis à chaque fois sur des labels différents. Apparemment, les Waterboys soit aiment signer des contrats pour un seul disque, soit ont du mal à conserver un label !

TW26

Modern Blues, qui on s'en doute n'affolera pas les foules à sa sortie (j'ai par ailleurs, hier, oublié de préciser que l'album sur Yeats, ben, n'a pas été un succès monumental non plus, loin de là, malgré son niveau), est un excellent album, qui se classera tout de même 2ème en Angleterre dans le UK Independent Album Charts. L'album récoltera cependant des avis partagés : certains estimeront que Mike Scott est en forme olympique, et sonne totalement revampé, en meilleure forme qu'auparavant, et donc que l'album est un des plus efficaces de son groupe. D'autres estimeront au contraire que quiconque ayant kiffé sa race sur This Is The Sea (1985) ou Fisherman's Blues (1988) ne pourra pas, sincèrement, ressentir la même chose avec cet album de 2015 qui sonne comme une copie un peu effacée de ces deux classiques du groupe. Je ne suis vraiment pas de cet avis, Modern Blues, sans être LE meilleur album du groupe, est une très belle réussite qui offre son lot de chansons à tomber par terre, comme l'ouverture Destinies Entwined, le sublime Beautiful Now, les 10 minutes de Long Strange Golden Road qui s'ouvrent sur un extrait d'une lecture du roman Sur La Route de Jack Kerouac par Kerouac lui-même, ou de The Girl Who Slept For Scotland.

TW27

L'album offre, il est vrai, un I Can See Elvis qui fait un peu putassier par moments (ce n'est pas pop, non, mais c'est anodin, facile) et je ne suis pas super fan non plus de Nearest Thing To Hip, mais mis à part ça, la cinquantaine de minutes (une durée parfaite pour un album studio en CD) passe comme une lettre à la poste. Modern Blues est vraiment un très très bon album des Waterboys, un beau mélange entre rock et ambiances plus folk/celtiques, l'album fait penser à A Rock In The Weary Land (2000) par moments, et la voix de Mike Scott, en effet, sonne aussi jeune qu'autrefois, ce mec n'a pas bougé d'un iota en ce qui concerne son organe vocal. Bref, encore une fois un album recommandé, décidément les Waterboys, hormis un album un peu secondaire en 2003, ne loupent rien. L'album suivant ne mettra pas quatre ans à se faire, seulement deux, et ça sera un de leurs plus particuliers, un album vraiment qui détonnera dans leur discographie. Mais ça, j'en reparle demain, même heure !

Destinies Entwined

November Tale

Still A Freak

I Can See Elvis

The Girl Who Slept For Scotland

Rosalind (You Married The Wrong Guy)

Beautiful Now

Nearest Thing To Hip

Long Strange Golden Road