P1

Avec cet article prend fin (enfin, dirons certains) le cycle britpop, qui s'était un peu interrompu avant de revenir le temps de trois articles. Et alors que j'ai conçu ce cycle plus ou moins anarchiquement (j'aurais pu, et j'aurais sans doute dû, le faire en respectant l'ordre chronologique, alors qu'on y passait de 1994 à 1996 en passant par 1997 puis à nouveau 1994, etc), et que, concernant les trois derniers articles, publiés quelques jours après la (fausse) fin c'est pareil, je me rends compte que jai inconsciemment fait en sorte de finir par un disque aussi peu connu que franchement remarquable : celui-ci. Oui, je sais, ça tue  le suspense, mais j'y peux rien. D'ailleurs, j'espère y arriver, mais je ne suis pas certain que cet article sera aussi long que de coutume, enfin, on verra. Cet album, sorti en 1996, une année où la britpop comment sérieusement à se casser la gueule, est le premier album de Puressence, un groupe britannique formé à Manchester en 1992, s'étant séparé en 2013, ayant sorti six albums. Le groupe était constitué de James Mudriczki (chant), Neil McDonald (guitare), Kevin Matthews (basse) et Tony Szuminski (batterie, percussions). 

P2

Puressence a été fondé alors que les différents futurs membres se sont rencontrés dans un bus en allant voir les Stone Roses en concert à Spike Island. Subjugués par ce qu'ils ont vu, déjà fans de rock alternatif à la base, ils décident de faire un groupe et achètent des instruments selon leurs sensibilités (Matthews n'avait pas cessé de regarder le bassiste des Stone Roses, Gary Mournfield, durant tout le concert). Le problème ? Ils n'ont aucune expérience, sauf McDonald. Ils choisissent de s'appeler Puressence, et se font connaître en placardant des lettres de papier formant le nom du groupe, sur des vieux bâtiments de Manchester, des ponts, etc... Ils commencent à se produire sur de petites scènes, se font engager par un label indépendant local, sortent des singles, avant de se faire remarquer par Island Records, qui les signe en 1994 ou 1995. En 1996 sort Puressence, le premier album, 43 minutes (et 10 titres) de rock alternatif sous forte influence The Cure (le son de guitare, l'atmosphère de décrépitude, tout ça fait assez gothique) et Radiohead.  Personnellement, j'ai aussi pas mal pensé à Geneva (dont j'ai abordé les deux albums en début de cycle britpop), mais cette comparaison ne tient pas la route, enfin, pas totalement : Geneva ne sortira d'album qu'en 1997, un an après Puressence. Mais entre le chant, le style, je trouve qu'il y à des similitudes. 

P3

Groupe apparemment très connu en Grèce où ils ont fait des concerts bien plus remplis que dans leur propre pays, Puressence n'obtiendra jamais vraiment de succès, et aucun article Wikipedia ne concerne le moindre de leurs albums, et je parle du Wiki anglophone. Ce premier opus, que j'ai écouté avec circonspection (je ne sais pas pourquoi, mais la pochette et le peu que j'avais du sur le groupe, tout ça ne me disait rien que vaille ; c'est con, je sais), m'a en fait immédiatement emballé. C'est bien clair, c'est, parmi les albums du cycle, un de ceux pour lesquels ce fut le plus immédiat, avec les deux Geneva, les deux Mansun et le Auteurs. Je ne vais pas rentrer dans le détail parce qu'on approche de la ligne d'arrivée (et je suis finalement parvenu à une longueur respectable pour cet article, heureusement, parce que j'ai un peu de mal à parler de l'album tellement j'ai aimé), mais sachez qu'entre Near Distance, I Suppose (sorti en single dans une indifférence absolue), Fire et India, sans oublier Casting Lazy Shadows, tout l'album, qui alterne entre morceaux assez nerveux et passages plus calmes, est une petite merveille de rock alternatif imprégné de sonorités crépusculaires, gothiques. A l'image de son artwork, ces photos d'un bateau en sale état dans un hangar désaffecté, ces teintes glauques, ces taches de rouille, qui me font un peu penser à l'artwork du Doolittle des Pixies. Ce premier Puressence est un excellentissime album (je ne sais pas ce que valent les autres, et je ne m'en préoccupe pas, je ne compte pas les écouter), et quoi de mieux qu'un disque de cette trempe pour achever le cycle consacré à la britpop ? 

Near Distance

I Suppose

Mr Brown

Understanding

Fire

Traffic Jam In Memory Lane

Casting Lazy Shadows

You're Only Trying To Twist My Arms

Every House On Every Street

India