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Après le retour, tant espéré des fans, en 2000, un question se pose : pendant combien de temps les Waterboys vont-ils tenir dans ce monde actuel ? Tout en ayant eu du succès dans les années 80, le groupe de Mike Scott n'est tout de même pas une machine à tubes remplissant les stades comme le sont U2 ou les Stones. Mais ils sont toujours là, les pépères, et leur nouvel album est de cette année 2020. Ce n'est pas celui-ci, vu qu'il date, lui, de 2003. 44 minutes tout rond. Marquant le retour du violoniste  Steve Wickham dans le groupe, ce nouvel album, sorti sur le label Puck (appartenant, il me semble, à Mike Scott, ce label porte le même nom qu'un des plus fameux personnages de la pièce de théâtre de Shakespeare Le Songe D'Une Nuit D'Eté), porte le nom de la salle de spectacles de la Findhorn Foundation, une association écossaise fondée en 1962, située dans la baie de Findhorn, une communauté un peu new-age. La salle de spectacles et l'album s'appellent donc Universal Hall. Pourquoi un tel titre ? Parce que c'est dans cet endroit, représenté évidemment sur la pochette, que fut enregistré, en janvier et février 2003, l'intégralité de l'album. 

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On pourrait croire ainsi que cet Universal Hall est un live. Pas du tout, c'est un disque totalement studio, et ce n'est pas un album conceptuel non plus, ni un disque cherchant à faire du proslytisme pour la Fondation Findhorn. Je ne sais pas trop le pourquoi du comment de l'enregistrement de cet album là-bas, peut-être Scott connaissait-il des gens qui y vivaient, sans doute pour leur faire de la pub. Peu importe, j'ai envie de dire. Toujours est-il que cet album, radicalement différent du précédent (le très rock A Rock In The Weary Land de 2000), est un disque très imprégné de spiritualité (This Ligh Is For The World, The Christ In You, Every Breath Is Yours, le sublime Peace Of Iona, Seek The Light qui se base en partie sur des sonorités un peu électronica), on pourrait presque parler de rock chrétien. Ce n'est pas pour cette raison, mais je dois dire que cet album, sans être mauvais, est tout de même le premier opus moyen que les Waterboys ont livré depuis leurs débuts en 1983. Rien de grave, hein mais on sent une sorte de stase sur ce disque, ou alors le groupe n'était pas super motivé par les morceaux, dont certains (Seek The Light, Always Dancing, Never Get Tired, Ain't No Words For The Things I'm Feeling) ne sont pas excellents.

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Universal Hall offre cependant Peace Of Iona, This Light Is For The World et le morceau-titre, qui sont sublimes, ainsi qu'un sympathique - mais très court, 1,13 minute - instrumental, The Dance At The Crossroads. Mais dans l'ensemble, malgré l'excellence, comme toujours, de l'interprétation (notamment vocale, Mike Scott est vraiment un remarquable chanteur qui n'a absolument pas perdu de sa voix depuis le temps), malgré la présence de morceaux vraiment sublimes, malgré une durée peu écrasante (44 minutes, je le rappelle ; plus long de 20 minutes, l'album aurait été une épreuve, je pense), Universal Hall, il fallait bien que tôt ou tard ça arrive, est un cru secondaire des Waterboys. Leur premier. Leur seul et unique ? Le cycle n'est pas fini, donc attendons de voir si les albums suivants seront meilleurs ou moins bons que ce cru de 2003. Pour finir, je ne le conseille qu'aux fans du groupe qui ne le connaissent pas encore, mais si vous voulez découvrir les Waterboys, ne commencez pas par lui. Il n'est pas à fuir, mais ils ont fait tellement mieux...

This Light Is For The World

The Christ In You

Silent Fellowship

Every Breath Is Yours

Peace Of Iona

Ain't No Words For The Things I'm Feeling

Seek The Light

I've Lived Here Before

Always Dancing, Never Getting Tired

The Dance At The Crossroads

E.B.O.L.

Universal Hall