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En juillet dernier, Leslie Barsonsec, chroniqueur du blog, nous avait régalés d'un divin coffret de 4 CD, regroupant trois albums (et un disque bonus) faits en duo par Susanna Hoffs, chanteuse des Bangles, et Matthew Sweet, un artiste de power-pop : Completely Under The Covers. Des albums faits dans les années 2000, entièrement constitués de reprises de chansons des années 60 (premier album), 70 (second album et disque bonus) et 80 (dernier album). Dans un de ses commentaires, il nous conseilla, aussi, de nous intéresser à un album solo de Sweet, sorti en 1991, Girlfriend. Intrigué je fus. J'ai pris l'album, pour pas cher (comme il n'est pas super facile à trouver parfois, je pense avoir eu du bol de l'acheter, en CD d'occaze, pour moins de 6 euros), et avec deux mois de retard compte tenu de l'attente en prépublication pour les chroniques (et c'est pas fini), voici la chronique sur cet album, je remercie encore une fois Leslie pour ses précieuses suggestions et son bon goût. Son Sweet taste, pour faire un jeu de mots facile et pourritos avec le nom du bonhomme ayant, donc, sorti cet album en 1991, sous une très belle pochette représentant une jeune femme type années 60 (il s'agit en fait d'une photo de l'actrice Tuesday Weld, prise à la fin des années 50), emmitouflée dans un manteau de fourrure à capuche, en extérieur et sans doute par un froid hivernal. Girlfriend est un disque produit par Fed Maher (qui joue de la batterie sur une bonne partie de l'album) et Matthew Sweet et dure, pour 15 titres, la bagatelle de 60 minutes.

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J'ai catalogué ce disque dans le rock classique, mais en réalité, ce n'est ps vraiment ça : Girlfriend, c'est de la power-pop à tendance folk-rock. C'est le troisième album studio de Sweet, né en 1964, âgé de 27 ans à l'époque, un artiste américain originaire du Nebraska, qui a fait partie de la scène musicale d'Athens (Georgie), où il a vécu sa vie de jeune adulte, dans les années 80 (d'où viennent R.E.M.). Initialement prévu pour s'appeler Nothing Lasts (titre de la dernière chanson), l'album a été rebaptisé du nom d'une autre de ses chansons, Gilfriend donc, car Tuesday Weld, à qui Sweet demandera l'autorisation d'utiliser sa photo pour l'album, renâclera devant ce titre un peu ironique ("rien ne dure", l'air de dire "même la beauté"). Sweet a fait ce disque assez intimiste, intérieur, suite à un divorce qui, comme probablement tous les divorces, fut compliqué. Girlfriend, dont la chanson-titre marchera très fort, est en quelque sorte son Here, My Dear. Enregistré avec les guitaristes Richard Lloyd (de Television) et Robert Quine (de Richard Hell & The Voidoids, fameux groupe punk 70's, et accessoirement un spécialiste ès Velvet Underground ayant bossé avec Lou Reed), bénéficiant aussi de la participation amicale de Lloyd Cole à la guitare l'album est globalement assez tristounet, vu le contexte (fait après un divorce), et a été enregistré assez rapidement, la plupart des musiciens ayant fait leurs parties en très peu de prises, sauf pour Quine, qui avait besoin de plusieurs prises pour se mettre dans l'état voulu (énervement, fatigue) pour bien jouer. Ce qui fait qu'il sonne assez agressif parfois. On sent qu'il a joué dans des groupes punks !

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Musicalement, Girfriend est de la bombe émotionnelle absolue, qui regorge de morceaux absolument sensationnels. Girlfriend, Divine Intervention, Nothing Lasts, Does She Talk ?, You Don't Love Me, Evangeline, Winona (baptisé ainsi d'après l'actrice Winona Ryder), autant de pures merveilles sublimement produites. On notera qu'au dos du CD, ainsi que sur le disque lui-même, les trois derniers titres sont indiqués après un petit espace supplémentaire (et qu'à la fin du douzième titre, et même de Evangeline (qui est le sixième morceau), on a un petit effet sonore, le bruit d'un saphir de platine vinyle qui se relève après avoir traversé le run-out groove). Bien que sorti directement en CD, et bien que comprenant officiellement 15 titres, Girlfriend est plus ou moins agencé comme un album de 12 titres avec 3 bonus-tracks, et avec un agencement typique du vinyle (avec 12 titres, l'album durerait 50 minutes). Un truc comme ça, à l'ancienne, ça me plaît énormément, ce mec me plaît énormément, même si je ne connais que deux trucs de lui, en fait, cet album et le coffret fait avec Susanna Hoffs dont j'ai parlé plus haut et que Leslie avait chroniqué. Mais franchement, Girlfriend m'a tellement plu (c'est le genre d'album que l'on écoutera régulièrement car il a toujours un petit truc à offrir, et on ne vient pas à bout d'un album de 15 morceaux en une écoute ou deux) qu'il n'est pas exclu que je continue ma découverte des albums de ce mec, le temps de voir lequel, ou lesquels, je pourrait choisir ensuite...

Divine Intervention

I've Been Waiting

Girlfriend

Looking At The Sun

Winona

Evangeline

Day For Night

Thought I Knew You

You Don't Love Me

I Wanted To Tell You

Don't Go

Your Sweet Voice

Does She Talk ?

Holy War

Nothing Lasts