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Et c'est reparti : après avoir temporairement mis les Waterboys de côté le temps de parler des deux (en fait, trois, car Dream Harder, des Waterboys, est en fait un album solo virtuel) albums solo de Mike Scott, leader du groupe, les revoici. Sans Steve Wickham, le violoniste, qui, devant l'aspect du nouvel album sorti en 2000 et que j'aborde aujourd'hui, a sans doute préféré s'abstenir, à moins que Mike Scott lui-même ne lui ai demandé de patienter un peu. Car ce qu'il faut savoir, c'est que ce nouvel album des Waterboys, sorti donc en 2000 sous une pochette ne représentant que Scott, tenant une guitare dont le manche est au premier plan, est un album qui compte probablement parmi les moins waterboysiens du groupe. Si le groupe s'était fait une spécialité, depuis 1985 et This Is The Sea, et plus encore en 1988/1990, de rock celtique, ce nouvel album, long de 58 minutes (pour 12 titres ; c'est un des plus longs du groupe) et produit par Scott lui-même, est en effet radicalement différent. Baptisé A Rock In The Weary Land, c'est en effet un disque qui, comme Dream Harder et le deuxième et dernier (pour le moment) disque solo de Scott, Still Burning, est très rock. 

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Au moment de démarrer l'enregistrement de l'album (en 1999), les Waterboys, fraîchement reformés, n'ont plus de label. Scott et son groupe ont commencé les sessions à l'aveuglette, pendant que leur manager cherchait (et trouvera, en la personne de BMG) une nouvelle maison de disques voulant signer le groupe. Groupe qui, au fil des années, changera de temps en temps de label, selon les albums. A Rock In The Weary Land est un excellent album, qui sera plutôt bien accueilli à sa sortie par la presse spécialisée, tout au plus la chanson We Are Jonah sera qualifiée de rock chrétien un peu poussif. Ce qui n'est pas faux. L'album s'ouvre sur deux titres fantastiques et assez longs (6 et 8 minutes), le terriblement rock et presque noisy (d'autres morceaux sur l'album sont de ce genre, d'ailleurs, notamment et surtout Dumbing Down The World, 3 minutes ahurissantes, noisy, presque inécoutables en fait - si on prend en compte les canons musicaux du groupe - et qui, selon les notes de pochette, a été enregistré en Enfer, avec des musiciens aux noms farfelus) Let It Happen et le plus mainstream, un peu folkisant My Love Is My Rock In The Weary Land, on voit donc d'où l'album tient son titre, au demeurant. 

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D'autres morceaux, comme le final Crown (7 minutes) et Is She Conscious ?, apportent de belles tranches d'éclectisme sur cet album qui ne néglige pas les moments de calme (It's All Gone, les 50 secondes de Night Falls On London, The Wind In The Wires). Mais A Rock In The Weary Land (sur la pochette duquel Mike Scott fait un peu penser à Roland Orzabal, de Tears For Fears) est, au même titre que Dream Harder, un des albums les plus rock, nerveux du groupe, et si vous ne connaissez d'eux que leur période celtique 1988/1990 (qui, selon les albums suivant, reviendra, le groupe n'a pas abandonné ce style musical qui, pourtant, ne fut pas celui de leurs débuts), il est clair que vous serez surpris. Pas le sommet du groupe, mais un album aussi méconnu que vraiment réussi et attachant, ce cru de 2000, qui évidemment ne marchera pas vraiment d'un point de vue commercial (j'imagine que beaucoup de monde soit ignore l'existence de ce groupe, soit pense qu'ils sont séparés depuis belle lurette et n'existent plus...), est à conseiller si vous aimez les Waterboys, qui pour le moment, dans leur assez conséquence discographie, n'ont encore rien loupé, ce qui, déjà, est quelque chose de remarquable !

Let It Happen

My Love Is My Rock In The Weary Land

It's All Gone

Is She Conscious ?

We Are Jonah

Malediction

Dumbing Down The World

His Word Is Not His Bond

Night Falls On London

The Charlatan's Lament

The Wind In The Wires

Crown