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On termine le petit tour d'horizon consacré à Echo & The Bunnymen avec ce qui est probablement leur meilleur album. Bon ben voilà, j'ai cassé le jouet, direct. Comment faire trois paragraphes de taille respectable afin de parler d'un album dont j'ai directement dit, dès la première phrase de la chronique, que c'était le meilleur album du groupe ? Bordel, ClashDo, mais qu'est-ce que t'es con...(c'est pas vrai, ça). Allez, je reprends. Voici à nouveau Echo & The Bunnymen, donc. En 1983, leur troisième album, Porcupine, sorti sous une magnifique pochette prise en Islande, enregistré dans la douleur par un groupe qui a eu bien du mal à sortir les 10 chansons de l'album de ses tripes (à mon avis, fallait pas leur demander d'en faire une poignée d'autres au cas où...), accompagné par une VHS d'un court-métrage (ou moyen-métrage, je ne sais pas la durée exacte) proposant 6 chansons en clips tourrnés en Islande, sort. Beau succès, réussite artistique incontestable, mais l'album se fait incendier par la presse spécialisée, et Ian Mculloch, le chanteur du groupe, le leader, en dira pas mal de mal par la suite (vu les conditions d'enregistrement pénibles, il en a de mauvais souvenirs). Le groupe se remet rapidement en selle et va enregistrer, en partie en Angleterre (Bath, Liverpool) et en partie en France (Studios des Dames et Studios Davout, tous deux à Paris), sous la houlette de Gil Norton, Henri Lousteau et d'eux-mêmes, leur quatrième album, sorti sous une magnifique pochette encore une fois (le groupe dans une barque, dans une grotte située à Liskeard, en Cornouailles britannique). 

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Court (36 minutes, 9 titres), sorti en 1984, l'album s'appelle Ocean Rain. C'est l'album qui offre la chanson la plus connue du groupe, The Killing Moon, presque 6 minutes au paradis. Mais c'est aussi et surtout un album qui mérite qu'on s'y attarde, et qui est assez différent des trois précédents albums de la bande à McCulloch. Les précédents opus étaient de la new-wave arty et parfois vaguement gothique à la Cure, en version soft (un peu comme du Simple Minds du début de carrière). Là, c'est plus ouvragé, orchestral (un orchestre de 35 instruments a été réquisitionné pour les sessions), d'ailleurs, en 2008, le groupe jouera l'intégralité de l'album live avec un orchestre, au Royal Albert Hall de Londres. L'album, sans être conceptuel, semble aborder essentiellement des thèmes maritimes : Seven Seas, Ocean Rain, la pochette... Ou alors c'est l'impression que ça donne. En tout cas, c'est un album parfait dans son genre, bien qu'un peu court, je sais que je chipote, mais 36 minutes, surtout après deux albums durant presque 10 minutes de plus, c'est vraiment trop peu.

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Mais la qualité des morceaux est là, totale, de Silver au morceau-titre en passant par Nocturnal Me et The Killing Moon, c'est un sans-fautes. J'ai même l'impression que le chant de Ian McCulloch (qui, déçu de sa presttion vocale durant les session parisiennes, refera ses voix à Liverpool en fin de sessions, juste avant d'achever l'enregistrement de l'album) est nettement moins énervant que sur les précédents opus, il faut dire que parfois, il en fait un peu trop, à la Morrissey teinté de The Cure. Mais ici, soit je me suis habitué, soit effectivement il a changé de fusil d'épaule, mais c'est nettement moins agaçant. Oui, clairement, Ocean Rain est un chef d'oeuvre, le sommet d'Echo & The Bunnymen, rien qu'un morceau comme Seven Seas (qui respire bon les aventures maritimes avec  son refrain qui sent les embruns en pleine gueule burinée), et évidemment The Killing Moon (celle-là...) impose le respect total. A sa sortie, l'album sera un beau succès, et sa campagne de publicité britannique sera du vrai délire : un poster avec, dessus, marqué en gros The greatest album ever made. L'air de rien. Ce n'est peut-être pas exactement le cas, bien que l'album soit exceptionnel, mais tout est parti d'une blague du groupe, McCulloch ayant dit au téléphone à la maison de disque que c'était le plus grand album jamais fait, et comme le groupe semblait vraiment convaincu de ça, la maison de disques a joué dessus. Fallait oser (la fameuse suffisance britannique, en même temps), ils l'ont fait. Heureusement pour eux, le contenu musical d'Ocean Rain permet de le penser vraiment parfois, et surtout quand on l'écoute, même si, n'exagérons rien, d'autres albums sont encore meilleurs que lui, dans d'autres genres musicaux. Mais c'est un très très grand album, ça, c'est évident. 

FACE A

Silver

Nocturnal Me

Crystal Days

The Yo Yo Man

Thorn Of Crowns

FACE B

The Killing Moon

Seven Seas

My Kingdom

Ocean Rain