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Elton John est de retour ! Sur le blog, hein, parce qu'il n'a pas sorti d'album depuis 2016. Mais il faut reconnaître que, sur le blog, ces derniers mois, il a été particulièrement mis à l'honneur (parfois au déshonneur : entre ma chronique de Victim Of Love et celle de MaxRSS pour Leather Jackets, les ratages eltoniens n'ont pas été oubliés, et il en reste à aborder). Voici donc encore une fois une chronique d'un de ses albums, et c'est un album un peu particulier que je vous propose aujourd'hui. Pas un live, mais un disque de collaboration, sorti en 2010, qui n'a pas fait énormément parler de lui à l'époque (sans être non plus sorti dans l'indifférence la plus totale, attention, Elton étant ce qu'il est), et qui mérite pleinement votre attention. Je ne vais pas vous demander si vous connaissez Elton John, vous risqueriez de me gueuler un bon gros 'ouiiiii' en pleine face. Mais Leon Russell, ça vous parle ? Si vous suivez le blog depuis un moment, au moins depuis quelques mois, vous vous souvenez peut-être qu'on en a parlé ici à deux-trois reprises, de Leon Russell. Trois de ses albums, dont un live, sont présents ici. En plus de ça, il a collaboré activement au Concert For Bangladesh de George Harrison et Ravi Shankar en 1971, et a co-organisé la tournée Mad Dogs & Englishmen (qui a donné le fameux double live de 1970) avec son principal metteur en scène Joe Cocker. Et c'est une de ses chansons qu'on entend dans une pub d'Engie, sur le jeune couple en déménagement, qui passe actuellement. Américain au look de Père Noël bougon (au moment de cet album de collaboration), Russell, hélas décédé en 2016, avait une voix un peu de canard, un égo sans doute aussi grand que la cathédrale de Reims, mais un talent aussi fou que ses chapeaux (il en portait souvent au motifs du drapeau américain, des hauts-de-formes).

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Bernie Taupin, Elton, Leon

Pianiste, guitariste, producteur, arrangeur, chanteur, auteur/compositeur, sideman de folie, ce mec avait un talent de dingue (écoutez son album Leon Russell And The Shelter People, 1971. Je vous jure que c'est grandiose.). Il semblait presque inévitable qu'un jour ou l'autre, Elton John et Leon Russell ne fassent un truc ensemble, que ce soit une partie de bowling, un repas entre amis ou un album suivi d'une tournée conjointe. Ce fut l'album et la tournée. Lequel, sorti en 2010 donc, produit par T-Bone Burnett, s'appelle The Union. On y trouve des chansons interprétées par l'un, par l'autre ou par les deux ensemble, on y trouve des invités de choix (Booker T. Jones sur notamment I Should Have Sent Roses, Neil Young sur le sublime Gone To Shiloh, Brian Wilson aux arrangements et choeurs sur When Love Is Dying) et divers musiciens tels que Jim Keltner, Marc Ribot, Doyle Bramhall II et Don Was...ainsi que le producteur de l'album), on y trouve 14 chansons, on y trouve 63 minutes de bonne musique qui entremêle blues, rhythm'n'blues et soul. Les chansons sont sublimes, je pense au If It Wasn't For Bad de Leon, à Hey Ahab interprété par les deux, à Eight Hundred Dollar Shoes interprété par Elton... 

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Entre le tempérament réputé assez ombrageux de Leon et celui, plus affable d'Elton, entre le bluesman sudiste et la pop-star britannique, le courant passe super bien, les deux se connaissent depuis longtemps de toute façon, même si c'est la première fois qu'ils faisaient un disque ensemble (et la dernière aussi, hélas). A l'époque, la carrière d'Elton n'était peut-être plus trop ce qu'elle était dans les années 70 et 80, mais ça pouvait encore aller. Celle de Russell, en revanche, était totalement au point mort, et The Union l'a bien remis sur les rails. Je dois dire d'ailleurs que c'est cet album qui m'a fait découvrir Leon Russell (je ne suis sans doute pas le seul dans ce cas), même si je n'ai pas écouté l'album à sa sortie. Mais à la sortie de l'album, je me disais Leon Russell, c'est qui, pour qu'Elton fasse un disque entier en collaboration avec lui, comme si c'était son égal ? C'est même un peu plus que son égal, Elton en parle comme du Maître dans les notes de pochette. A l'époque, je ne me souvenais plus qu'en fait, je connaissais Leon via Mad Dogs & Englishmen et le Concert For Bangladesh ! J'ai découvert certains de ses albums solo par la suite, ainsi que The Union, et je suis tombé raide dingue de sa musique. C'est d'ailleurs dommage que cet artiste ne soit pas plus connu par chez nous. Je ne peux donc que vous conseiller d'écouter The Union...ainsi que les albums de Leon Russell, et notamment ses deux premiers albums solo et son triple live de 1973. 

If It Wasn't For Bad

Eight Hundred Dollar Shoes

Hey Ahab

Gone To Shiloh

Jimmie Rodgers' Dream

There's No Tomorrow

Monkey Suit

The Best Part Of The Day

A Dream Come True

When Love Is Dying

I Should Have Sent Roses

Hearts Have Turned To Stone

Never Too Old (To Hold Somebody)

In The Hands Of Angels