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On continue avec Echo & The Bunnymen ? D'accord. L'aute jour j'ai abordé le deuxième album de ce groupe britannique de new-wave (à tendance arty-psychédélique), le génial Heaven Up Here, album sorti sous une sublime pochette et offrant quelques unes des meilleures chansons de la new-wave, A Promise, All My Colours, le morceau-titre, que du très très très grand en 45 minutes. 45 minutes c'est aussi la durée de l'album suivant d'Echo & The Bunnymen, leur troisième donc, sorti en 1983 : Porcupine. Malgré son titre animalier ('porc-épic'), la pochette de l'album, encore une fois très belle, ne représente pas un hérisson ou autre. On y voit le groupe, chaudement vêtus dans un décor bien enneigé, une cascade gelée située près de Reykjavik, en Islande. Il fallait oser, se rendre là-bas rien que pour une pochette (recto et verso). En fait, le groupe en a profité pour tourner un mini-film, Porcupine - An Atlas Adventure, illustrant 6 des 10 titres de l'album. Bien avant U2 et leur film promotionnel pour No Line On The Horizon, Echo & The Bunnymen proposera donc, pour le lancement de leur troisième opus, un court-métrage, sorti directement en VHS. Considéré comme un des meilleurs albums de son époque et même au-delà (il est répertorié dans le fameux bouquin Les 1001 Albums à Ecouter Dans Sa Vie, rien de moins), Porcupine sera le plus grand succès du groupe à l'époque. 

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Le groupe a eu du mal à le faire, ce troisième album. Ian McCulloch, chanteur et leader du groupe, mettait totalement la pression à ses trois compères afin qu'Echo & The Bunnymen soit le meilleur groupe au monde. Mais les trois autres avaient des soucis de motivation, l'un d'entre eux avait produit le premier single d'un groupe débutant, The Wild Swans ; un autre venait de faire un album solo instrumental ; le dernier, enfin, commençait à en avoir marre de l'industrie musicale et il ne fallait sûrement pas insister longtemps pour qu'il décide de tout plaquer. Respectivement, Pete De Freitas, Will Sergeant et Les Pattinson. Le groupe répêtera pendant des semaines, tous les jours, afin de composer de nouveaux morceaux, qui viendront, mais difficilement, très difficilement. Le groupe y parvient tout de même, et sort The Back Of Love en avant-première, excellentissime chanson. Ils participent au premier WOMAD, festival artistique et musical crée par Peter Gabriel. La suite de l'album va venir, progressivement, dans une ambiance apparemment épouvantable, le groupe en a chié et tout le monde ou presque faisait une gueule pas possible durant l'enregistrement, l'air de dire si on n'arrive pas à sortir ce disque, il n'y en aura pas de quatrième, ce genre. Pire : quand la maison de disques, WEA, écoute l'album, ils n'aiment pas, trouvant Porcupine peu commercial. Le groupe fait venir en studio Shankar, musicien indien (qui a notoirement collaboré avec Peter Gabriel, et qu'ils ont rencontré au WOMAD), afin qu'il joue quelques parties de violon et autres cordes sur l'album.

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Le disque sort, gros succès commercial (en Angleterre ; aux USA, en revanche...) grâce à The Back Of Love et The Cutter, les deux singles promotionnels. Mais les critiques sont sévères dans la presse. En fait, le groupe se fait assassiner par critiques interposées. Pourtant, le moins que l'on puisse dire, c'est que ce troisième Echo & The Bunnymen est du même niveau que le précédent, voire même encore meilleur, il suffit d'écouter Clay, Porcupine, In Bluer Skies et Higher Hell, notamment, pour s'en rendre compte. La production (de Ian Broudie) est excellente, l'interprétation aussi, même si, encore une fois, je trouve que McCulloch en fait parfois un peu trop. D'ailleurs, ça sera un peu 'mieux' de ce point de vue-là dès l'album suivant, que j'aborderai dans une paire de jours en guise de fin de ce petit cycle consacré à Echo & The Bunnymen. Pour en revenir à Porcupine, c'est un petit chef d'oeuvre, aucune mauvaise chanson, un disque assez autobiographique selon McCulloch, qui dira d'ailleurs ne pas l'aimer, en grande partie à cause de l'atmosphère oppressante, stressante, qu'il y avait durant son enregistrement. Une ambiance que l'on retrouve tout du long. Porcupine n'est effectivement pas joyeux, mais qu'est-ce qu'il est réussi ! 

FACE A

The Cutter

The Back Of Love

My White Devil

Clay

Porcupine

FACE B

Heads Will Roll

Ripeness

Higher Hell

Gods Will Be Gods

In Bluer Skies