L1

Décidément ce cycle britpop n'aura jamais de fin et je commence à saturer, vous dites-vous peut-être en votre for intérieur. Ou alors, vous vous dites peut-être j'espère qu'il y en à encore pour longtemps car de la britpop, j'en ai jamais assez. Bon en tout cas, ça continue avec un groupe qui, comme pour hier, et comme pour avant-hier, et comme pour pas mal des jours précédents, fait son entrée sur le blog : Lush. Ce groupe a été fondé à Londres en 1987 par Miki Berenyi (chant, guitare, mi-japonaise mi-hongroise), Emma Anderson (chant, guitare), Steve Rippon (basse) et Chris Acland (batterie). A la base un groupe de shoegaze inspiré par des groupes tels que This Mortal Coil et Cocteau Twins, le groupe est signé sur le label 4AD (label sur lequel se trouvent signés ces deux groupes d'influence, l'un des deux, le premier cité, est même crée par le fondateur de 4AD, Ivo Watts-Russell), Lush sort son premier album, Spooky, en 1992, produit par un membre des Cocteau Twin, et assez influencé par eux. Puis Split en 1994, assez noisy et sous la même influence, produit par Mike Hedges dont on a parlé un peu récemment (il a produit l'album des Manic Street Preachers dont j'ai parlé hier). A ce moment-là, Rippon est parti, remplacé par Phil King. Le groupe enregistre ensuite, en 1995, son troisième album, qui sort en 1996, produit par Pete Bartlett et le groupe : Lovelife.  

L2

Court (45 minutes), l'album est sorti sous une pochette assez étonnante représentant un homme de couleur, avec lunettes noires, tenant un gros logo du groupe, rose et blanc, dans un décor de serre d'horticulture emplie de différentes variétés de cactus et des plantes en pot (les photos du livret sont des variantes). Qui est ce mec, je ne sais pas, un figurant, un ami...pas un membre du groupe en tout cas. C'est le dernier album avec le batteur Chris Acland qui décèdera par suicide en octobre 1996, quelques jours après la fin de la tournée et l'annonce, par la guitariste Emma Anderson, de son intention de quitter le groupe. Lush ne survivra pas à ce drame, et se sépare en 1996. Pour se reformer rapidement en 2015/2016. Bon, sinon, si Lush avait fait, avec ses deux premiers albums, du rock un peu shoegaze (à la My Bloody Valentine) et dream/noise, pas vraiment commercial, le groupe de miki Berenyi passe à la britpop avec Lovelife. L'album marchera assez bien, avec quatre singles à la clé (Ladykillers, 500 (Shake Baby Shake), Single Girl, Last Night) et s'offre même la participation de Jarvis Cocker, chanteur et leader de Pulp, sur un titre, Ciao !, interprété en duo. Les fans du groupe (dont je n'ai jamais fait partie) crieront sans doute au scandale, revirement total de style, de sonorité, le groupe cède aux sirènes commerciales et plonge à fond dans la vague britpop (qui, en 1996, commence déjà à un petit peu s'effriter). 

L3

Sincèrement, cet album, généralement très bien classé (le magazine en ligne Pitchfork, en 2017, l'a rangé 19ème dans sa liste des 50 meilleurs albums de britpop), n'est pas un chef d'oeuvre. Pour tout dire, j'ai un peu, voire même beaucoup, de mal avec le timbre de voix de Miki Berenyi. Ce qui n'empêche pas Lovelife d'être un assez bon petit album, assez sucré par moments, assez alternatif dans d'autres, avec de très bonnes petites chansons, comme le duo avec Cocker, ou bien encore Heavenly Nobodies (qui parlerait de Courtney Love, apparemment), Papasan et Ladykillers. Mais ce n'est pas non plus un disque extraordinaire, et je pense que c'est un peu exagéré de le voir rangé, parfois, aussi haut dans les classements du genre britpop. L'album n'est pas trop long, il s'écoute facilement, rien n'est épouvantable, mais dans le genre, il y à tout de même bien mieux. On est, d'accord, il y à aussi bien pire...

 

Ladykillers

Heavenly Nobodies

500 (Shake Baby Shake)

I've Been Here Before

Papasan

Single Girl

Ciao !

Tralala

Last Night

Runaway

The Childcatcher

Olympia