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And the shepherds and the soldiers/Lay beneath the stars/Exchanging visions and laying arms/To waste in the dust. - People Have The Power.

9 ans.

9 ans depuis son précédent album, Wave, sorti en 1979. Donc ça signifie, car vous savez compter, que ce nouvel album de Patti Smith est, lui, sorti en 1988. Qu'est-ce quelle a fait, la Patti, dans l'intervalle ? Musicalement, rien. Elle s'est mariée en 1980 avec Frederick 'Fred Sonic' Smith, un des deux guitaristes du groupe de rock garage MC5, ce qui lui a permis, c'était apparemment une blagounette dans le milieu à l'époque, de conserver son nom de jeune fille tout en se mariant, vu qu'ils s'appellent tous deux Smith, ce qu'on rigole. Les deux ont eu des enfants : Jackson, né en 1980, et Jesse, une fille (je précise, vu que le prénom est unisexe), née en 1987. Vie de famille, paisible. En 1987, elle décide de revenir sur le devant de la scène, et avec l'aide de son mari, qui va coproduire l'album avec Jimmy Iovine (déjà producteur de Easter en 1978), elle va écrire les chansons qui, au total de 8, figureront sur ce nouvel album, sorti donc en 1988 et baptisé Dream Of Life. Un album peu étendu, 42 minutes (la réédition CD de 1996 rajoute deux excellents bonus-tracks en fin d'album : As The Night Goes By et Wild Leaves ; la seconde sortira en face B de single à l'époque), une durée très similaire à celle des précédents albums, et c'est, autant le dire, le dernier album de Patti Smith à être ausi court. Dream Of Life est sorti sous une magnifique pochette signée, c'est pas la première fois, Robert Mapplethorpe, ami de longue date (et ancien amant) de la chanteuse. Ce dernier décèdera en mars 1989, du SIDA. Ca sera la première d'une assez longue série de décès dans l'entourage de Patti Smith, mais j'aurai l'occasion d'en reparler demain plus en détail, je pense. Attends : j'en suis même sûr et certain, que j'en parlerai demain ! Tu penses !

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Dream Of Life a été enregistré sans le Patti Smith Group, sans Lenny Kaye (guitare), c'est même le seul album de Patti sans lui. C'est Fred Smith qui assure les guitares, on a aussi Jay Dee Daugherty (du Group) à la batterie et Richard Sohl (lui aussi du Group) aux claviers. La basse est, selon les morceaux, assurée soit par Bob Glaub, soit par Gary Rasmussen, soit par Malcolm West, soit par Kasim Sulton. L'album, excellemment bien produit (bien que datant de 1988, il sonne toujours aussi bien), est boosté par un single qui cartonnera, et qui ouvre l'album : People Have The Power. Chanson engagée en faveur des petites gens, elle montre que malgré la quasi décennie qui vient de s'écouler depuis le précédent opus, Patti, alors âgée de 42 ans, est toujours en méga forme, rien n'a changé, elle a toujours la hargne, sa voix n'a pas bougé d'un iota. C'est une chanson mémorable, qui donne envie de rejoindre la rebellion contre l'Empire, un chant de guerre et d'espoir. Les Eagles Of Death Metal, dans leur premier concert d'après la tuerie du Bataclan du 13 novembre 2015, la chanteront, pour faire la nique aux terroristes. Après cette chanson, le tracklisting change un peu entre l'album sorti en 1988 et sa réédition de 1996. Sur la réédition 96, on a Up There Down There, aussi sorti en single, excellente chanson, mais sur le vinyle originale, elle est placée en troisième position, juste après Going Under qui, sur la réédition 96, est située en antépénultième position (en sixième). Le reste ne bouge pas. Pourquoi ce changement, je ne sais pas, sans doute Patti a-t-elle estimé que l'album fonctionnait mieux ainsi, quand il a été question de ces rééditions de ses anciens albums (tous jusqu'à Dream Of Life inclus), campagne de réédition effectuée l'année de sortie de son album suivant, que j'aborde demain. Je n'ai pas le vinyle, rien que le CD, réédition 96, aussi quand, pour préparer cet article, j'ai constaté cette légère différence de tracklisting, j'ai été un peu étonné. 

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Ce qui ne m'a pas étonné, en revanche, c'est le contenu musical de l'album. Dream Of Life est un de mes préférés de Patti, et il renferme quelques unes de ses plus belles chansons, comme The Jackson Song, dédiée à son fiston, pure petite merveille. Je pense que chaque enfant aimerait qu'on écrive une aussi belle chanson rien que pour lui. Paths That Cross, le morceau-titre, le très long (presque 8 minutes) et envoûtant Where Duty Calls sont de très grands morceaux. Le seul titre qui me semble un petit peu (rien qu'un petit peu !) inférieur en terme de qualité, aux sept autres, est Looking For You (I Was), sorti en single (mais absent, contrairement aux deux autres singles promotionnels de l'album, de la compilation Outside Society sortie en 2011, assez intéressante). C'est une chanson sympa, mais si elle avait été remplacée, sur l'album, par Wild Leaves (sortie, elle, en face B de People Have The Power), je n'aurais pas été gueuler. Enfin, c'est quand même une chanson sympa. Et il n'y à en fait rien à retirer de ce cinquième album studio de Patti Smith, toutes les chansons sont pensées, réfléchies, aiguisées, bien écrites et composées, bien produites, bien interprétées, c'est un album cohérent et remarquable. C'est, quelque part, le dernier album 'insouciant' de Patt Smith qui, dès l'année suivante, va commencer à connaître quelques jours tristes (décès de proches). Quant à son album suivant, elle va mettre 8 ans avant de le sortir, un laps de temps qui, j'y reviens demain, est intrinsèquement lié à ces jours sombres qu'elle va connaître... La suite, demain, même heure. 

FACE A

People Have The Power

Going Under

Up There Down There

Paths That Cross

FACE B

Dream Of Life

Where Duty Calls

Looking For You (I Was)

The Jackson Song