SL1

On poursuit notre voyage dans le merveilleux monde de la britpop. Arrivé à ce stade du cycle (un cycle pour lequel je n'ai même pas essayé d'apporter une infime notion de chronologie), on est en 1995, une année importante pour ce courant musical. L'album qui nous intéresse aujourd'hui est le premier d'un groupe du nom de Sleeper (dont je parlerai aussi d'un autre album, le suivant, prochainement), un groupe britannique fondé en 1993, séparé en 1998, reformé en 2017 (pour des concerts et un album). Sleeper n'a fait que quatre albums, le dernier date de l'année dernière et s'est vendu apparemment aussi bien que des photos dédicacées de Kim-Jong Un à Séoul. Le groupe est constitué de Louise Wener (chant, un peu guitare), oui le groupe n'a pas un chanteur mais une chanteuse, Jon David Stewart (guitare), Andy Maclure (batterie) et Kenedid Osman (basse). Le groupe, dont on entend, dans le film Trainspotting de Danny Boyle (1996) une reprise de la chanson Atomic de Blondie et une chanson issue de leur deuxième album (Statuesque), a sorti son premier album en 1995. Il s'appelle Smart. Sa pochette représente des astronautes de la mission Mercury 7, les premiers sélectionnés pour aller dans l'espace (voir le film L'Etoffe Des Héros). Smart a été produit par Paul Corkett, le groupe et Ian Broudie (pour un titre seulement, celui-ci : le troisième de l'album). 

SL2

J'en ai parlé à plusieurs reprises ici récemment, et je pense que ça continuera un peu selon les albums, mais vous savez que pas mal d'albums des années 90 souffrent de ce problème du morceau caché en fin d'album après plusieurs minutes de silence ? Hé bien, ce n'est absolument pas le cas ici, on peut donc souffler. Smart, en effet, ne dure que 37 petites minutes (pour 12 titres dont aucun ne dépasse 4 minutes, il n'y en à même qu'un seul, Poor Flying Man, qui fait 4 minutes ; et c'est pas le meilleur du lot). Dans cette décennie des albums de 60 ou 70 minutes, c'est une vraie brise de fraîcheur ! Sinon, il vaut quoi, ce premier Sleeper ? C'est de la britpop assez rock, assez nerveuse, qui n'est certainement pas ce qui s'est fait de mieux dans le genre (et rien que chez ce groupe, je pense que le deuxième album, The It Girl, sorti en 1996, est supérieur), et qui me fait penser, c'est con mais c'est ainsi, à une sorte de version anglophone, et plus ancienne, de Superbus, pour le style des chansons (et un peu le chant, aussi). Or, Superbus, vous savez ce que c'est (de la merde ? oui, un peu, on peut le dire, et désolé Chantal, mais la voix de ta fille...). Sleeper, c'est pas de la merde, mais c'est pas non plus extraordinaire. Ca a très bien marché à l'époque, quatre chansons de Smart sont sorties en singles : Swallow, Delicious, Inbetweener et Vegas

SL3

Mais dans l'ensemble, Smart est un disque qui défile à toute berzingue sans que, les singles exceptés (et encore, le dernier, bof), on retienne grand chose. Dans l'ensemble, l'album s'ouvre super bien (outre les trois premières chansons, sorties en singles, et qui sont de parfaites petites cartouches pop/rock énergiques, on peut citer Hunch et Bedhead de particulièrement sympathiques), mais ensuite, ça se dilue un peu, même si, vers la fin, avec Twisted, ça retrouve un bon niveau. Mais les chansons les moins réussies ne sont pas pour autant merdiques. Dans l'ensemble, c'est parfaitement écoutable, pas immortel du tout, mais bon, ça ne dure que 37 minutes (le suivant est plus long, mais pas de beaucoup), l'écoute n'est pas une épreuve du tout, c'est parfois très efficace, parfois un peu caricatural, mais le chant est correct, la production est assez bonne... Dans le genre, il y à mieux, et leur album suivant est supérieur (il sera d'ailleurs leur meilleure vente), mais ce premier Sleeper est tout de même correct. 

Inbetweener

Swallow

Delicious

Hunch

Amuse

Bedhead

Lady Love Your Countryside

Vegas

Poor Flying Man

Alice In Vain

Twisted

Pyrotechnician