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J'avais, en juin dernier, pour le dernier jour du mois de juin, parlé d'un album assez frappadingue. Vous ne vous en souvenez pas ? Ah, c'était il y à plus d'un mois, en même temps...Bon, allez, je vous laisse vous rafraîchir la mémoire et vérifier sur le blog, je vous attends, mais ne soyez pas trop longs, j'ai un poulet au four.

OK, c'était pas trop long, donc vous vous souvenez maintenant que c'était Frances The Mute, de ce groupe américain, The Mars Volta. Hé bien, aujourd'hui, c'est à un autre album de ce groupe de dingues que je m'attelle, fou que je suis : The Bedlam In Goliath. CComme vous vous en souvenez maintenant sûrement, The Mars Volta est (était, en fait : séparés en 2013, et c'est dommage) un groupe de rock progressif et expérimental texan, mené par Cedric Bixler-Zavala (chant) et Omar Rodriguez-Lopez (guitare), tous deux anciens membres de At The Drive-In. Les deux (ils ne sont pas seuls dans le groupe, mais en sont les leaders) font une musique bien trippante, furax et complexe en même temps. Frances The Mute est un décapsuleur musical, le genre de disque qui serait capable de vous faire avoir un accident de la circulation si vous l'écoutez en voiture, le genre de disques qui vous fera prendre un Doliprane pendant l'écoute et vous forcera limite à écouter du Cock Robin juste après, histoire de vous reposer les méninges et oreilles. Le genre d'album à côté duquel du King Crimson ou du Zappa semblent totalement accessibles. Mais c'est aussi, il faut le dire, le clamer bien FORT, un chef d'oeuvre. Ce que n'était pas spécialement le premier opus du groupe, De-Loused In The Comatorium (dédié, comme le suivant Frances The Mute, à un ami ingénieur du son, décédé, Jeremy Ward), mais ce dont se rapprochent les deux suivants, Amputechture (2006, que je ferai sans doute un jour) et ce The Bedlam In Goliath sorti en 2008, antépénultième opus du groupe, qui sortiront encore, ensuite, Octahedron (2009) et Noctourniquet (2012), tous deux très bons, mais pas aussi exceptionnels que les albums de 2005/2008, il faut le dire.

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The Bedlam In Goliath est sorti sous une superbe pochette (conçue par Jeff Jordan, déjà à l'oeuvre sur le précédent opus) qui, il y à quelques années (2015), alors que je ne connaissais rien d'eux (je ne les connaisais que de nom), m'a fait acheter le disque. Des bédouins dans une petite rue de casbahs (mais pas au milieu de Casa', hein), un porteur d'eau, murs en otrchis, ciel bleu éclatant...mais des antennes paraboliques sur les toits, des lunettes de soleil sur toutes les tronches, des parapluies colorés... Le titre ? "La folie dans Goliath". Long de presque 76 minutes pour 12 titres (Amputechture faisait pareil, mais pour 8 titres seulement, et Frances The Mute, 77 minutes pour 12 titres, ou plutôt, en fait, 5, rappelez-vous ma chronique, je ne vais pas tout répéter encore), cet album est encore une fois un pur délire expérimentalo-punko-hardo-progressif à faire frémir dans son caleçon Tissaïa le fan lambda d'Ed Sheeran. Allant de 9,30 minutes pour le plus long (Cavalettas) à 2,30 pour les deux plus courts (Wax Simulacra, sorti en single, et Tourniquet Man), les 12 titres de l'album, tous accompagnés dans le livret des paroles d'une illustration vaguement hispanisante (des illustrations religieuses à la façon de la Vierge de Guadalupe, en évidemment moins joli, dessins signés Jeff Jordan), sont  12 invitations à voyager au sein de la folie furieuse de The Mars Volta, accompagnés ici, encore une fois du guitariste John Frusciante des Red Hot Chili Peppers en guest de choix. 

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Complexe encore une fois, à écouter plusieurs fois (mais pas en rapprochant trop les écoutes, sinon gare à l'indigestion) et d'une manière générale à réserver aux personnes aimant le rock progressif et/ou expérimental (ainsi que les ambiances survoltées : entre le chant et le rythme effréné, ce groupe ne ménage pas ses auditeurs), The Bedlam In Goliath est un des meilleurs albums du groupe, et pendant un temps, c'était mon préféré. Maintenant, c'est l'opus de 2005, mais celui-ci est juuuuste derrière. Album de malades à la pochette fabuleuse et au contenu d'une complexité totale, aussi bien dans les mélodies que les textes (je ne sais pas à quoi carburent les deux leaders du groupe, mais c'est de la bonne, et de la forte), ce quatrième cru de The Mars Volta est un disque que je recommande aux oreilles aventureuses et courageuses. On en sort épuisé, vu la longueur de l'album. Mais quelqu'un qui connaît déjà Frances The Mute ou Amputechture devrait enquiller le disque sans trop de soucis quand même. N'empêche, ces mecs sont des givrés...

Aberinkula

Metatron

Ilyena

Wax Simulacra

Goliath

Tourniquet Man

Cavalettas

Agadez

Askepios

Ouroborous

Soothsayer

Conjugal Burns