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Hé oui, champagne et caviar, Deep Purple est de retour ! Sur le blog, d'abord, mais surtout en règle générale. Initialement prévu pour sortir le 12 juin (sortie repoussée à cause du Covid), c'est finalement le 7 août, il y à un peu moins de 10 jours, donc, que, dans les bacs et sur Internet, les fans purent, enfin, se procurer le nouvel opus, leur premier album studio en trois ans (le précédent, en effet, c'était en 2017). Moi, vous me connaissez ? Je suis fan du Pourpre depuis la première fois que j'ai entendu Smoke On The Water, je devais avoir 15 ans. J'ai tous les albums, à deux exceptions (mais un jour, je les achèterai, sans doute, histoire de compléter la collection), Perfect Strangers et The House Of Blue Light (ah, j'ai pas leur tout premier opus, aussi, Shades Of Deep Purple). Mais les autres, je les ai, même Slaves And Masters, lequel est sans doute le pire, parce que le moins purpleien. Quand le Pourpre a sorti, en 2017, InFinite, j'ai cru qu'ils arrêtaient leur carrière (le titre signifie 'infini', mais l'orthographe particulière, avec le F en majuscule, fait aussi 'in finite', 'à la fin'...), et j'en étais assez amer, car cet album n'était vraiment pas extraordinaire. Pas mauvais, mais rien de particulièrement remarquable non plus. Un peu comme The Rapture Of The Deep, Abandon, Bananas. Comme Leslie l'a dit récemment dans un commentaire (sur un article concernant une chanson de Coverdale/Page, je crois), ah bon, ils en font encore, des albums, Deep Purple, depuis 1993 ? et de ricaner, alors qu'un de leurs meilleurs albums, Purpendicular, date de 1995. Mais je vois ce qu'il veut dire : the present day hard-rockers refuses to die ! 

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Bon, alors vous avez pigé : le Pourpre a sorti un nouvel album. Il s'appelle Whoosh ! et il dure à peu près une bonne cinquantaine de minutes (difficile de minuter un vinyle), pour 13 morceaux en tout. L'album est sorti sous une pochette assez sympa mais pas la plus belle de leur discographie, représentant, dans un paysage désertique, un astronaute en combi en train de disparaître lentement en poussière, si on était sur place avec lui, on pourrait limite entendre le bruit que ça doit faire, whoosh !, ah ah ah. C'est le 21ème album studio du groupe, ça ne se fête pas autant que le 20ème, mais comme le 20ème, InFinite, n'était, au final, pas particulièrement remarquable, et que ce successeur est, il faut le dire, bien meilleur, autant fêter celui-ci. Première constatation : la durée des morceaux. Les plus longs ne font pas 6 minutes, et des albums de Deep Purple avec autant de morceaux, c'est assez peu courant. Seconde constatation : à nouveau (le troisième d'affilée) produit par le Canadien Bob Ezrin que l'on ne devrait plus présenter (Alice Cooper, Lou Reed, Téléphone, Pink Floyd...), Whoosh ! possède le son purpleien parfait : orgue électrique omniprésent à la Jon Lord (Don Airey, son successeur depuis Bananas - Lord, on le rappelle, a quitté le groupe, pour prendre sa retraite, en 2002, et est hélas décédé en 2012 - joue comme son glorieux prédécesseur), guitare saisissante de Steve Morse qui, depuis 1995, est vraiment parvenu à faire oublier Ritchie Blackmore et c'était pas donné de le faire, remarquable basse de Roger Glover, batterie super efficace de Ian Paice (le seul membre du groupe a avoir joué sur tous les albums, sans exception), et évidemment, la voix de Ian Gillan, qui ne monte certes plus aussi haut qu'autrefois, mais est toujours efficace. 

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Whoosh ! offre deux instrumentaux : Remission Possible (moins de 2 minutes) et surtout And The Address, morceau qui, à la base, était sur le premier opus de Deep Purple, en 1968, et qui a donc été refait (Paice étant le seul membre à avoir joué sur tous les albums, il est donc le seul à avoir joué sur les deux versions). L'album, sinon, offre donc 13 titres qui, dans l'ensemble, sans être d'une folle originalité, sont vraiment sympathiques et intéressants, comme le premier single (sorti en mars) Throw My Bones, The Long Way Round, Dancing In My Sleep (répertorié en fait comme un bonus-track, il est sur les deux versions, CD et vinyle, de l'album) et surtout, surtout, Man Alive, un morceau gigantesque, un des plus longs (5:40 minutes, l'autre morceau le plus long, The Long Way Round, fait exactement la même durée), clairement le sommet de l'album et une des meilleures chansons du groupe depuis pas mal d'années. Bon, après, on ne peut pas dire ça de tous les morceaux de l'album : What The What, et le troisième single Nothing At All sont correctes, mais pas inoubliables. Mais dans l'ensemble, ce 21ème cru studio de Deep Purple est meilleur, bien meilleur que le précédent, je le trouve personnellement à peu près du niveau de NOW What ?! (2013), autrement dit un niveau vraiment, vraiment excellent. Un fan du groupe devrait donc y trouver de quoi se satisfaire en attendant un 22ème opus studio, s'il y en à un. Et si ça devait être le dernier, hé bien, en guise de fin, c'est du bon boulot, pas de l'exceptionnel, pas comparable avec In Rock ou Burn, mais vraiment excellent, et en tout cas bien meilleur que le précédent. 

FACE A

Throw My Bones

Drop The Weapon

We're  All The Same In The Dark

Nothing At All

FACE B

No Need To Shout

Step By Step

What The What

FACE C

The Long Way Round

The Power Of The Moon

Remision Possible

Man Alive

FACE D

And The Address

Dancing In My Sleep