NY4

On ne va pas se mentir : cette pochette est...à gerber des sauterelles bulgares sur une tartine de pain complet recouverte de Nutella de contrefaçon (du Nutela ou du Mutella, donc). Ce lettrage j'ai laissé mon petit-fils écrire le titre, cette photo atrocement pixellisée (elle est vraiment comme ça, ce n'est pas la qualité de l'image sur l'article qui est en cause) qui sent bon son premier téléphone portable pouvant photographier, cette expression sur la tronche du Loner...L'impression générale laissée par cette pochette (et au verso, voir plus bas, c'est pas mieux !) est qu'on a affaire à un bootleg, ou bien au premier album d'un artiste inconnu qui n'a pas eu de budget. Ce n'est ni l'un ni l'autre. Fork In The Road, sorti en 2009, est un album officiel, totalement officiel, de Neil Young, lequel n'est pas un perdreau de l'année, n'est-ce pas, vu que son premier opus studio solo date de 1968 et qu'avant ça, il était déjà connu comme membre de Buffalo Springfield. Neil Young, le Loner, le rockeur canadien, le touche-à-tout de l'Ontario, dont ce disque est le 29ème studio, n'a eu que peu de bol avec ses pochettes d'albums. A un point tel que je me demande s'il ne fait pas exprès de sortir ses albums sous les pochettes les plus hideuses possible. C'est limite du talent, à ce niveau. Je ne vais pas toutes les citer, mais entre Silver & Gold, Prairie Wind, Harvest, Chrome Dreams II, Sleeps With Angels, Freedom, Landing On Water et Re.ac.tor., sans oublier donc celle-ci qui est une des pires, il y à du lourd dans le style horrible. 

NY5

Avec tout ça, j'ai pas encore parlé du contenu musical, peu étendu (38 minutes) de ce Fork In The Road. Disque que j'ai acheté à bas prix, on trouve souvent les albums du Loner dans les bacs du style "4 CD pour 20 €" et c'est bien, car vu l'étendue de sa discographie, sans une aide commerciale de ce genre, beaucoup, je pense, abandonneraient rapidement l'idée de découvrir les albums de Neil Young. Et comme ça signifierait passer à côté de quelques merveilles (Chrome Dreams II, par exemple, ou les Archive Series), ça serait parfois dommage. Fork In The Road, produit par The Volume Dealers (Neil et Miko Bolas), ne fait pas partie, autant le dire, des sommets du Loner. Lequel, comme à son habitude, nous offre ici aussi bien du rock bien furax, noisy (on le surnomme le parrain du grunge, et ce n'est pas sans raison), via des morceaux tels que When Worlds Collide, Cough Up The Bucks (qui ne vole pas haut et est terriblement lassant, très vite, surtout que le morceau dépasse les 4 minutes) ou Get Behind The Wheel) que des morceaux plus calmes, pas vraiment folk, encore que Light A Candle soit une belle petite ballade acoustique. 

NY6

Entouré de Ben Keith (lap steel guitar, guitare, Hammond), Anthony Crawford (claviers, guitares), Rick Rosas (basse), Chad Cromwell (batterie) et de sa femme (désormais ex depuis 2014, et décédée en 2019) Pegi (choeurs, guitare acoustique), le Loner nous offre ici un de ses albums les moins enthousiasmants depuis Prairie Wind, un album insipide au possible. Moi qui, au départ, ne voulait pas être trop méchant avec Fork In The Road (le morceau-titre et Just Singing A Song sont pas mal du tout), moi qui avais démarré ma chronique en le rangeant dans le rock classique, je me suis retrouvé, au final, à le foutre dans les ratages. C'est méchant, je sais, mais en même temps, cet album est vraiment pitoyable, minable, de sa pochette à son contenu. Je suis content que le Loner soit encore et toujours en activité, mais il ne cesse, aussi, en même temps, de sortir des albums, il en fait un (parfois plusieurs) par an, et avec ce rythme, impossible de ne sortir que des sommets. Un an après un Chrome Dreams II remarquable, il nous offre, ici, un album totalement inutile, mal fagotté, que même les fans ultras n'écouteront que rarement et avec des grimaces de douleur. Des fois, less is better, Neil !

FACE A

When Worlds Collide

Fuel Line

Just Singing A Song

Johnny Magic

Cough Up The Bucks

FACE B

Get Behind The Wheel

Off The Road

Hit The Road

Light A Candle

Fork In The Road