SH4

Je pense que si vous aimez le rock progressif, ou du moins, si vous vous intéressez un tant soit peu à ce genre musical, que le nom de Steve Hackett ne vous dira pas rien. Hackett est un guitariste britannique qui, de 1971 à 1977, a fait partie d'un des plus fameux et talentueux groupes de rock progressif au monde, Genesis (dont il revisite des morceaux en live depuis pas mal d'années, d'ailleurs). Il est en fait arrivé dans le groupe quasiment en même temps que le non moins fameux Phil Collins. Hackett a quitté le groupe en 1977, après la tournée de Wind And Wuthering, il avait envie de faire autre chose, la direction prise par le groupe ne lui convenait pas. Il s'était d'ailleurs lancé en solo en 1975 avec Voyage Of The Acolyte, un très bon album (de progressif, évidemment) sur lequel jouaient Phil Collins, Mike Rutherford (de Genesis), et intervenait, vocalement, le temps d'un morceau, Sally Oldfield. D'autres albums ont suivi, régulièrement (Spectral Mornings, notamment, en 1979), tous ne sont peut-être pas extraordinaires (je n'en connais en fait que très peu), mais Hackett n'a quasiment jamais cessé d'en faire. En 1999, il sort, sur le label InsideOut Music (un label allemand fondé trois ans plus tôt, dédié au rock progressif de toutes formes, et dont le nom est peut-être bien une allusion à un morceau de Genesis de 1977), son 14ème album studio, un disque qu'il a coproduit avec Roger King (qui joue de la basse, de la batterie, des claviers, des instruments à vent...) : Darktown.

SH5

Cet album, je l'ai découvert assez récemment (juin dernier) avec un autre album solo de Hackett, plus récent, que j'aborderai dans un avenir plus proche que celui des prochains Jeux Olympiques (dans une semaine à peu près, ça vous va ?). Je farfouille dans les bacs de promotion ("2 CD = 10 €" ; sinon, unitairement, 6 € le CD ; j'en ai pris quatre, ce jour-là) et je tombe sur un album de Steve Hackett, Beyond The Shrouded Horizon. N'ayant rien de lui parmi ses albums solo, si ce n'est Voyage Of The Acolyte en vinyle (un bon album, mais que je n'aurais pas racheté en CD si j'étais tombé dessus ce jour-là, ni un autre jour, d'ailleurs), je le prends en pré-sélection. Je trouve un bon vieux Neil Young que je n'avais pas encore. Je trouve un disque de Peter Gabriel qui me manquait (au passage, j'aborderai les deux albums, que je ne cite pas ici, dans un avenir plus proche que celui de la prochaine guerre ; courant du mois à peu près, ça vous va ?), et je tombe sur un autre Hackett, Darktown. Que je prends en pré-sélection aussi. Ne trouvant rien d'autre de vraiment intéressant, je pars payer ces quatre disques. Je ne vais pas vous raconter ma vie, mais c'est bien commode pour cet album tout de même, parce que je vais avoir du mal à en parler. Pas la peine de préciser que Darktown est un disque sombre, je pense que la vision de la pochette (photos bien gothiques d'un cimetière) et même son titre le prouvent. Les 57 minutes (plus dans cette édition CD, une réédition offrant trois bonus-tracks) de cet album sorti initialement en 1999 sont assez étranges, un mélange entre rock progressif parfois un peu jazzy et de l'expérimental. 

SH3

Je ne suis pas certain d'avoir totalement aimé ce disque qui démarre par un Omega Metallicus quasiment drum'n'bass assez moyen (de même que le OVO de Peter Gabriel que j'ai abordé récemment, ce disque démarre par un morceau peu réussi et qui laisse une première impression assez perturbante, l'air de dire j'espère que tout n'est pas comme ça) suivi du morceau-titre, narré par Hackett qui prend un grosse voix d'outre-tombe qui, sincèrement, est assez ridicule. On ne peut pas dire non plus que The Golden Age Of Steam, un peu ambientique, soit une totale réussite. Mais Darktown, sur lequel jouent Ian McDonald (King Crimson, Foreigner) au saxophone et le frangin de Hackett, John (flûtes) notamment, et sur lequel Hackett tient toutes sortes de guitares, plus du violon, de l'harmonica et du piano (et notons aussi la participation du chanteur Jim Diamond), offre tout de même de bons moments : Twice Around The Sun, Jane Austen's Door, In Memoriam (lugubre final qui reste  longtemps en mémoire)... Disque sombre, complexe, qui nécessite plusieurs écoutes espacées, Darktown n'est pas le meilleur album de Steve Hackett ; j'en connais que peu de lui, mais je suis au moins sûr que ça (tout comme ce n'est certainement pas son pire), et même un fan de rock progressif trouvera sans doute le temps un peu long durant son écoute. Mais il offre des moments intéressants, même si rien, ici, tout de même, n'est de taille à s'imposer (de fait, j'imagine que l'album n'a pas du affoler les charts). Je ne vous le recommande pas pour découvrir son oeuvre solo, mais si vous connaissez déjà certains de ses albums, pourquoi ne pas le tenter, après coup ? 

Omega Metallicus

Darktown

Man Overboard

The Golden Age Of Steam

Days Of Long Ago

Dreaming With Eyes Open

Twice Around The Sun

Rise Again

Jane Austen's Door

Darktown Riot

In Memoriam