AAAAAAA

En juin dernier, j'ai proposé en Top Musique une chanson de Foals. Le succès fut fulgurant pour cet article : zéro commentaires. Fort de ce plébiscite digne du coup d'Etat du 18 Brumaire, je récidive, mais avec un album, cette fois-ci. Foals. Un groupe britannique formé en 2005. Le groupe est constitué de Yannis Philippakis (chant, guitare), Jimmy Smith (guitare), Walter Gervers (basse, choeurs), Edwin Congreave (claviers, choeurs) et Jack Bevan (batterie). Sorti en 2013 sous une très belle pochette montrant des cavaliers dans l'écume de la mer, sur le rivage, Holy Fire est le troisième album de Foals et sera, grâce à quelques singles bien placés, un très beau succès, sans doute même le plus fort succès du groupe (dont le premier album, Antidotes, à la très moche et curieuse pochette, date de 2008). Foals est un groupe de rock indépendant et de math-rock (du rock un peu expérimentalo-progressif avec des mélodies aux structures complexes, mathématiques. On ne peut pas vraiment les associer aux groupes que je vais citer, mais ils font malgré tout partie des références de Foals : Henry Cow, Gentle Giant, King Crimson, Gong, Devo, Rush, Pink Floyd et Captain Beefheart. 

F2

Yannis, faut que quelqu'un ose enfin te le dire, cette tenue, c'est pas possible...

A entendre Holy Fire, comme je l'ai précisé avant cette énumération, c'est difficile de retrouver ces références. Long de 49 minutes bien tassées, Holy Fire, qui passe très bien le cap de quelques écoutes, est un excellent album de rock indépendant qui offre de solides petites chansons, parfois il est vrai étrangement structurées, mais rien de progressif, rien de terriblement complexe et dissonnant. Enfin, si on met de côté Prelude, instrumental (enfin, presque, il y à des vocalises) démarrant calmement (quelques notes de claviers, entêtantes, répétitives, le temps qu'un drone musical s'installe lentement, avant une certaine explosion vers la fin) ouvrant efficacement le disque. Mais les trois morceaux suivants, sortis en singles, sont une suite parfaite de petites cartouches pop/rock : Inhaler, My Number (entêtant !), Bad Habit. On y rajoute Late Night (aussi sorti en single) avec son final anthologique, Out Of The Woods (dernier single promotionnel) et Moon afin de se rendre compte que plus de la moitié de l'album est d'un niveau à faire de Holy Fire un achat très recommandé. Les mélodies sont souvent imparables (Late Night, Inhaler), les guitares alternent entre la furie et un calme relatif, la seule chose d'un peu négative que l'on pourrait dire, je le reconnais, c'est la voix de Yannis Philippakis, qui parfois peut être un peu énervante dans ses envolées maniérées vers les aigus. 

F3

Mais il chante quand même assez bien, et quand il s'énerve (le refrain d'Inhaler est assez tuant), c'est très bon. Après, autre chose à reprocher un peu à l'album, il a beau ne pas durer très longtemps (49 minutes, sincèrement, c'est une durée que je ne suis pas loin de trouver idéale pour un album sorti directement en CD), il a beau offrir 7 chansons (dont Prelude) de haute volée, Holy Fire n'est pas parfait, loin de là ; les autres chansons, en minorité mais tout de même, ne sont vraiment pas extraordinaires (Milk & Black Spiders, Providence). Comme en plus l'essentiel des réussites de l'album est dans sa première partie, on peut qualifier l'album d'inégal, rien de grave certes, mais c'est tout de même dommage. Après, la production (signée Flood et Alan Moulder) est efficace, la majeure partie des morceaux assurent...c'est probablement un des meilleurs albums de 2013, derrière The Next Day, 13 (de Black Sabbath), Cabinet Of Curiosities (Jacco Gardner) et Push The Sky Away, mais quand même dans les 10 meilleurs de l'année. Bien meilleur que le Depeche Mode de la même année (qui, musicalement, n'a cependant rien à voir). 

Prelude

Inhaler

My Number

Bad Habit

Everytime

Late Night

Out Of The Woods

Milk & Black Spiders

Providence

Stepson

Moon