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On parle souvent de 1978 comme étant une année assez pourrie en règle générale. C'est surtout le cas pour le rock progressif (ce qui ne nous intéresse donc pas ici, avec cette troisième et probablement dernière, du moins pour le moment, chronique sur Poco), Genesis, ELP et Yes ayant sorti des albums pas glop en cette année, mais c'est quand même, il est vrai, une année un peu 'soufflé qui retombe et refroidit et est donc désormais imbouffable'. Enfin, il y à pire : pour tout dire, 1978, c'est l'année de Easter, Darkness On The Edge Of Town, Live And Dangerous, This Year's Model, Public Image/First Issue, London Town, From The Inside, Stage, More Songs About Buildings And Food, Q : Are We Not Men ? ou bien encore Real Life (de Magazine), bref, on a du super bon, et j'en ai oublié (comme les Rolling Stones et même Dylan, malgré que son disque estampillé 78 soit controversé, Street-Legal ; mais moi, c'est un de mes préférés de lui, voilà). En 1978, Poco, ce petit groupe de country-rock, qui s'est séparé de son bassiste et chanteur Timothy B. Schmit parti rejoindre les Eagles pour y remplacer Randy Meisner qui a quitté le groupe (il était arrivé dans les Eagles après avoir quitté Poco et fut remplacé alors par celui qui le remplacera dans les Eagles, troisième fois en trois jours que je le dis, mais bordel à piano à queue de castor, je ne m'en lasse pas, décidément, mais c'est la dernière fois, vu que c'est le dernier article sur le groupe), sort son onzième album studio, sous une pochette assez stylisée mais tout de même loin d'être inoubliablement belle, représentant un cheval fougueux aux yeux rouges, dessiné en quelques traits de feutre noir sur fond blanc. L'album s'appelle Legend.

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Legend, long de 38 minutes, marchera très fort à sa sortie, grâce notamment à deux hits de l'époque (aujourd'hui, tu t'en doutes, bien oubliés) ; Heart Of The Night et Crazy Love. Le groupe a, avec ce disque, décidé de plonger à fond dans la pop/rock, tout en restant quand même un groupe orienté country-rock. L'influence des Eagles est encore plus palpable que sur les précédents opus, Poco semble avoir eu envie de rattraper son train de retard. Que dire au sujet de cet album (j'ai bien peur que la chronique de Legend soit aussi courte, et donc frustrante, que celle, hier, d'Indian Summer, les mecs) ? Pas grand chose, en fait. Legend est encore une fois un très bon album, qui s'écoute facilement, avec plaisir (le son est excellent, ça claque bien aux oreilles, c'est vraiment de l'easy listening à fond les tubes), on passe de Boomerang à Spellbound, de Spellbound à Barbados, etc, sans s'en rendre compte, l'album est fini à une vitesse assez incroyable. Dans un sens, j'ai envie de dire que tous les morceaux rythmés semblent se ressembler, mais c'est, malgré tout, de la très bonne qualité globale, un disque bien fait, pas un triomphe, pas un chef d'oeuvre, mais l'équivalement musical d'une bonne petite série B bien honnête qui nous divertit pendant le temps que ça dure. On peut mettre Legend en fond sonore d'une soirée entre amis, personne ne dire non mais coupe-nous cette merde, va nous mettre un bon vieux Rolling Stones et profites-en pour ramener du sauciflard, il en reste plus beaucoup. N'empêche, dans le genre, je préfère vraiment les Eagles...

FACE A

Boomerang

Spellbound

Barbados

Little Darlin'

Love Comes Love Goes

FACE B

Heart Of The Night

Crazy Love

The Last Goodbye

Legend