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Encore du Cougar, ça fera du bien à tout le monde. Après, petite pause (il aura bien droit à un peu de repos) jusqu'à, disons, octobre, le temps pour moi de prendre le temps de bien écouter les quatre autres albums de lui (quatre, au minimum) que je compte bien vous proposer en chroniques. Pourquoi attendre si tard (deux mois) ? Pour ne pas briser mon avance en ce qui concerne le blog, tout simplement, et par auto-discipline. Je me force à ne publier, personnellement, que deux articles de chroniques (les petits articles concernant les chansons ne comptent pas, et évidemment, je ne parle que des articles que je publie moi ; Alice, Leslie, Guti, Buckley, MaxRSS quand il reviendra, peuvent en publier, quotidiennement, autant qu'ils le veulent, le plus possible !), aujourd'hui est donc un petite exception, afin de continuer mon avance, quitte à faire poireauter pendant un moment des articles rédigés depuis un bail (et que certains attendent peut-être, genre les futures chroniques sur Teenage Fanclub, ou Mellencamp, ou Chris Rea...). Il y avait déjà trois articles concernant John Mellencamp sur le blog, en voici un quatrième, et comme je compte donc en aborder au moins quatre autres, le fait de proposer celui-ci bien avant les autres, avant une pause, le concernant, de deux mois, permet de scinder ce petit cycle en deux parties à peu près égales. Bon, le dernier album que j'ai abordé de lui datait de 2017, Sad Clowns & Hillbillies, un excellent petit album de country-rock. Là, on va faire un saut dans le passé : l'album en question date, en effet, de 1989.

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Plus précisément, c'est l'album qui, dans la discographie du Cougar, succède à Scarecrow (1985) et The Lonesome Jubilee (1987), qui furent les deux premiers albums chroniqués ici, récemment. Il s'appelle Big Daddy et sera le dernier album que Mellencamp créditera à son nom John Cougar Mellencamp. Il a eu plusieurs noms : d'abord John Cougar (une idée de son manager) jusqu'à 1983. Cette année-là, il rajoute son nom de famille. Et en 1991, il vire le 'Cougar' qui commençait sûrement à faire un peu trop long et idiot. Big Daddy dure 42 minutes, et offre 12 titres, mais seulement 11 sont crédités officiellement. Le dernier, Let It All Hang Out, une reprise des Hombres (un groupe de garare-rock 60's, chanson de 1967 à la base), qui détonne un peu avec le reste de l'album (plus léger) que Mellencamp ne considère pas vraiment comme un morceau faisant partie de l'album, c'est une sorte de bonus-track surprise. Mellencamp y va fort avec cet album : il a, en 1991, dit qu'il s'agissait de son meilleur album. Un album qui poursuit, après The Lonesome Jubilee, sa description d'une certaine forme de vie sociale à l'américaine, la pauvreté, la misère sociale, la politique qui semble déconnectée des petites gens, etc...Un album que le Cougar estime très intérieur et adulte, et qui est bien plus appréciable par un auditeur adulte que par un adolescent. Les chansons sont sur le même principe musical (accompagnement avec violon folk, accordéon, dobro, mandoline) que celles de The Lonesome Jubilee. J.M.'s Questions est un réquisitoire contre le président américain de l'époque (Ronald Reagan), Mellencamp lui balance certains des problèmes (violence, pollution) constatés depuis des lustres et que Reagan n'a rien fait pour atténuer.

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Big Daddy Of Them All est une sublime chanson sur la paternité et sur un homme dont les relations un peu délicates avec les femmes l'ont conduit à une vie un peu chaotique. Il n'est pas exclu que Mellencamp parle de lui-même ici. Country Gentleman critique Reagan (encore ! Mais il y avait clairement de quoi le critiquer, ce cowboy de drugstore...), qui semble plus intéressé par ses amis riches et puissants que par les Américains de base, qui ont souvent du mal à s'en sortir. Jackie Brown, rien à voir avec le futur film de Tarantino évidemment, parle d'un mec qui ne s'en sort plus, qui affronte tous les déboires possibles. Void In My Heart, elle, est autobiographique et parle du vide ressenti par Mellencamp, chanteur à succès, une star, certes (Pop Singer, comme il le chante aussi), mais dont la vie sentimentale, personnelle, n'est pas aussi satisfaisante que sa vie d'artiste. Bref, on le voit, un disque sérieux, un disque intense, remarquable et parfait, dans la droite lignée du monumental The Lonesome Jubilee qui est encore meilleur. Big Daddy, produit par Mellencamp lui-même, est un régal total, , Mellencamp a totalement raison, en 1991, quand il en parle comme de son meilleur album (il n'a peut-être pas changé d'avis à l'heure actuelle, si ça se trouve), et pour être tout à fait honnête, c'est mon deuxième préféré de lui après The Lonesome Jubilee. Un album très roots, plus country/folk que rock (et c'est du rock heartland à la Springsteen), assez varié, remarquablement bien écrit, dommage que les paroles manquent dans le (très mince) livret, c'est l'édition d'époque que je possède. L'album sera en effet réédité en 2005 avec un bonus-track supplémentaire (Jackie Brown en acoustique), peut-être que les paroles sont dans le livret de cette réédition, mais ce n'est pas le cas, hélas, dans l'édition d'époque...C'est bien le seul reproche que je puisse faire ici !

Big Daddy Of Them All

To Live

Martha Say

Theo And Weird Henry

Jackie Brown

Pop Singer

Void In My Heart

Mansions In Heaven

Sometimes A Great Notion

Country Gentleman

J.M.'s Questions

Let It Al Hang Out (non-crédité)