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Avec cet article, tous les albums studio de Kate Bush sont enfin abordés. Celui-là, au départ, je ne voulais pas le faire, mais bon, il faut bien compléter la discographie... Kate, j'ai souvent, je crois, eu l'occasion de le dire (et d'autres l'ont dit, comme Leslie Barsonsec qui, dans un commentaire sur l'article concernant la chanson Running Up That Hill (A Deal With God) en juin dernier, disait qu'il gardait tout d'elle, sans restriction, sans exception), a une discographie parfaite. Des albums parfois complexes (son dernier en date, abordé récemment, 50 Words For Snow, est magnifique, mais pas très accessible ; même chose pour The Dreaming, en 1982, remarquable, mais qualifié de disque du suicide commercial à sa sortie, tellement il est étrange) mais toujours grandioses. En y réfléchissant bien, le deuxième album, Lionheart, est le moins satisfaisant, il sent trop le deuxième album toujours difficile à faire. On y trouve de superbes choses, hein (Hammer Horror, Wow), mais il manque quelque chose, je ne sais pas, j'ai du mal avec ce disque, malgré sa sublime pochette. Et jusqu'à il y à peu, il y avait aussi The Red Shoes qui me posait problème (dans une de mes chroniques récentes sur Kate Bush, j'en parle rapidement comme de son album le moins réussi). Cet album date de 1993, il fait suite, après quatre ans de silence, au mémorable The Sensual World (1989 - qui lui-même était sorti quatre ans après Hounds Of Love), et il est sorti sous une pochette qui, recto, montre des chaussons de danse rouge aux pieds d'une danseuse (Kate ? certainement) aux collants effilochés, et au verso, un amoncellement de fruits divers et variés qui donne envie de lécher la pochette en espérant que ça soient de vrais fruits. 

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Long de 55 minutes (le plus long de Kate à l'époque), produit par Kate elle-même, The Red Shoes a été publié en même temps qu'un court-métrage réalisé par Kate, interprété par elle aussi, et qui s'appelle The Line, The Cross And The Curve, un film d'un peu moins d'une heure qui sert de gigantesque clip pour l'album, qui en est donc la bande-son. Le film n'aura que peu de succès, je ne l'ai jamais vu, on y trouve le chorégraphe Lindsay Kemp et l'actrice Miranda Richardson. L'album, lui, marchera bien, classé N°2 en Angleterre (mais 28ème aux USA ; en 1993, on écoutait plus du grunge et du rock alternatif que Kate Bush...cependant, il me semble qu'aux USA, c'est son meilleur score !), et après sa sortie, Kate se retirera du monde musical pour 12 longues années, ne revenant, avec le génial double album Aerial, qu'en 2005. The Red Shoes a été enregistré avec la participation de divers invités de luxe : Eric Clapton, Jeff Beck, Michael Kamen (arrangements orchestraux), Gary Brooker (de Procol Harum), le Trio Bulgarka (un trio de vocalistes bulgares déjà présentes sur le précédent opus) et Prince, qui chante sur un titre (Why Should I Love You ?) sur lequel il joue des claviers, de la basse et de la guitare. On a aussi les musiciens habituels (John Giblin, Stuart Elliott, Del Palmer, Paddy le frangin de Kate), et Kate  joue des claviers. The Red Shoes, j'en parlais donc comme du moins bon de Kate. Je pense en fait que c'est Lionheart le moins réussi, mais The Red Shoes vient juste derrière.

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Photo présente dans le livret

C'est un album cependant loin d'être inintéressant, on y trouve des chansons purement magnifiques, comme Lily, Top Of The City, Rubberband Girl, Why Should I Love You ? ou You're The One, des morceaux tour à tour bien rythmés (Rubberband Girl) ou au contraire assez mélancoliques. Tout n'est cependant pas d'un niveau incroyable sur ce disque, je pense notamment à Big Stripey Lie, dont les arrangements laissent un peu à désirer, et à Eat The Music, un des morceaux sortis en single, un morceau très influencé par la world music, la musique africaine et caribbéenne, mais je trouve que l'exercice de style n'est pas des plus convaincants ici. Cinq singles sortiront d'ailleurs de l'album, Eat The Music est le premier (dans certains pays, ce fut Rubberband Girl), mais le morceau-titre et And So Is Love, notamment, y ont aussi eu droit. A la fois baroque, pop, rock et world, ce septième album studio de Kate Bush est sans doute, quand on y réfléchit bien, un peu trop long, et même si je l'apprécie bien mieux maintenant qu'autrefois, c'est tout de même un disque mineur de Kate (du moins, je trouve), et je ne l'écoute pas aussi souvent que les albums de l'ère 1980/1989, quatre albums majestueux. Ici, on sent un peu la fin d'inspiration, c'est parfois un peu poussif (mais rien que pour Rubberband Girl et Lily...), la production est parfois un peu moyenne, et les deux albums que Kate fera dès son retour en activité seront si mémorables qu'à côté, ce cru 1993, pas honteux tout de même, semble un peu fade. Ca reste à écouter, mais une fois que les grands albums de Kate Bush seront écoutés et digérés !

Rubberband Girl

And So Is Love

Eat The Music

Moments Of Pleasure

The Song Of Solomon

Lily

The Red Shoes

Top Of The City

Constellation Of The Heart

Big Stripey Lie

Why Should I Love You ?

You're The One