C1

Non, vous ne rêvez pas, c'est bien de Coldplay qu'il s'agit. Et le pire, sans doute, pour vous, sera d'apprendre que cet article est le premier d'un cycle. L'ensemble des albums de Coldplay (enfin, pour le dernier en date, je ne sais pas encore, je vais voir...), des albums studios en tout cas, sera abordé sur le blog. Pourquoi ? D'abord, je me suis rendu compte que seulement deux albums (que je réaborderai, donc) avaient été faits : le deuxième et le troisième. Ensuite, qu'on aime ou pas Coldplay (et vous constaterez que je n'en suis pas fan du tout), c'est un des groupes majeurs des années 2000 à maintenant, un des incontournables. Enfin, dernière raison pour aborder le groupe sur Rock Fever : pourquoi pas ? J'ai fait des cycles aussi divers et variés que ceux sur Michel Berger, Véronique Sanson, Jean Ferrat, Cat Stevens, Sting, Miles Davis, Iron Maiden, Brian Eno et Claude Nougaro. Pourquoi ne pas en faire un sur la bande à Chris Martin ? Dont acte. Coldplay a été fondé en 1996, les membres sont Chris Martin (chant, claviers, guitare rythmique), Guy Berryman (basse, claviers, mandoline, choeurs), Jonny Buckland (guitare principale, choeurs, claviers) et Will Champion (batterie, choeurs, parfois un peu de claviers et guitare sur album), leur première réalisation est un EP, en 1998, Safety. Ils signent, avec Parlophone (filiale d'EMI qui, à la base, avait signé des trucs aussi insignifiants que les Beatles, Queen et Radiohead...), un contrat l'année suivante, et en juillet 2000, sortent leur premier album long-format (un peu moins de 42 minutes), Parachutes

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Je me souviens encore de comme si c'était hier, et c'était quand même il y à 20 ans maintenant (20 ans d'existence discographique, ça se fête, raison de plus pour faire le cycle, non ? Non ?), de quand Coldplay a déboulé. Avec deux chansons qui cartonneront, leurs respectivement deuxième et troisième singles de l'album (le premier, Shiver, en mars 2000, je ne me souviens pas qu'il ait autant cartonné que les deux suivants). En l'occurrence Yellow (sorti en juin) et surtout Trouble (sorti en octobre). Si Coldplay est désormais un groupe de pop-rock assez rythmé, festif, qui entremêle, depuis une bonne dizaine d'années (depuis Mylo Xyloto), des éléments de world music, de dance et d'électro, à la base, et il n'y à plus guère que leurs deux-trois premiers albums, et surtout les deux premiers, pour en témoigner, à la base, c'était un groupe plus pépère. Ils ne faisaient pas de la folk, non. Parachutes est électrique, mais rarement très enlevé. Trouble est une complainte lacrymale, Chris Martin la glapit plus qu'il ne la chante. Même les morceaux les plus rythmés (je n'ose dire 'rock', ici, ce n'en est pas), comme Shiver, Spies, font penser à du Radiohead sous Valium. L'atmosphère globale de ce premier disque, produit par Chris Allison, le groupe et Ken Nelson, est assez contemplative, lente. Le batteur du groupe, en interview, dira que l'atmosphère générale de Parachutes est un peu comme la chanson Perfect Day de Lou Reed : belles paroles, belle mais triste mélodie. Place au spleen. Il est vrai qu'avec des morceaux comme Sparks ou High Speed, le groupe n'est pas encore taillé pour faire danser et squatter les ondes radio. Ceci dit, pour squatter les ondes, quand même, si, Trouble était tellement diffusé, en 2000/2001, jusqu'à après la sortie de leur deuxième album, qu'assez rapidement, je pense qu'on n'en pouvait plus (je parle pour moi, 'videmment). Je ne dis pas que la chanson n'est pas belle, elle l'est. Elle est usante à la longue, mais on ne saurait mettre en cause la réussite de la mélodie. Yellow, pareil.

C3

En fait, Parachutes (le morceau-titre ne dure que 46 secondes...) est un peu linéaire, assez tristounet, mais pas honteux du tout. Ce n'est pas le meilleur album du groupe, sans doute. C'est certainement tout sauf leur pire. C'est un disque que j'ai acheté vers 2005, en même temps que les deux albums suivants (X & Y venait de sortir), je l'ai écouté sans grand enthousiasme, une ou deux fois, je l'ai rangé. J'ai par la suite profité d'opérations du style 4 CD pour 20 euros dans les FNAC et autres pour acheter, à bas prix, quelques années plus tard, le reste de leur discographie studio. J'en ai profité pour réécouter les premiers albums, et ce Parachutes, en fond sonore, le dimanche matin, en prenant son café, de temps en temps, c'est pas mal. C'est pas un sommet, pas un album de référence, et je préfère nettement le disque quasiment homonyme (sans le 's') des Pretty Things du regretté Phil May (en même temps, les deux albums n'ont rien à voir), mais ceux qui pensent que c'est à chier ne l'ont certainement pas entendu. On a de bonnes chansons (Shiver, Yellow, Trouble, oui, les singles ; mais aussi Everything's Not Lost, Spies), d'autres moins bonnes (Sparks, le court et peu utile Don't Panic, We Never Change), rien de détestable. J'aurais aimé un peu plus de nerf, c'est tout, mais cette mélancolie planplan était, pour leur début de carrière, la base du son coldplayien. Admettez que pour quelqu'un qui, en 2000, écoutait Iron Maiden et AC/DC, ce genre de musique pouvait légèrement énerver, surtout quand on l'entendait partout à l'époque, radio, TV, magasins ! Avec le temps...j'encaisse mieux ! Alors, non, je ne suis pas fan du groupe, ne l'ai jamais été, ne le serai jamais, mais cracher sur Coldplay pour le plaisir de cracher dessus, j'ai abandonné. Ce qui ne m'empêchera pas, le cas échéant, dans ce cycle, de casser ce qui mérite d'être cassé...

FACE A

Don't Panic

Shiver

Spies

Sparks

Yellow

FACE B

Trouble

Parachutes

High Speed

We Never Change

Everything's Not Lost

Life Is For Living (morceau caché en bout de piste)