E1

Il suffit de regarder la pochette de cet album pour comprendre que ça va être quelque chose. Si vous cherchez de la musique pour endormir vos enfants le soir passkyahécoledemain, vous pouvez...continuer à chercher. Parce que cet album ne les fera pas dormir, il les fera juste chier dans leurs pyjamas et régresser de quelques années pour les 20 ans à venir. Bref, il les traumatisera. Je ne sais pas si vous avez entendu parler de Earth, le groupe qui, en 2005, a sorti ce disque, leur quatrième, mais je sens que pour moi, ça va être difficile d'en parler. C'est un groupe américain fondé à la fin des années 80 et qui, à l'époque de ce disque, était constitué de Dylan Carlson (guitare, banjo, baritone guitar), Adrienne Davies (batterie, percussions, wind chime), John Schuller (basse), Dan Tyack (pedal steel guitar) et Steve Moore (trombone, cloches tubulaires). Le producteur, Randall Dunn, est crédité à l'harmonica. Earth fait ce que Wikipédia appelle du post-metal, du drone doom, merci les mecs. C'est, du moins sur ce disque, entièrement instrumental. Ici, on a 9 titres, pour 46 minutes (en vinyle, que je n'ai pas, on a un morceau sans-titre d'un quart d'heure sur la dernière face, faisant passer le tout à un peu plus d'une heure, je ne sais pas ce que vaut cet Untitled). L'album s'appelle Hex ; Or Printing In The Infernal Method. Le sous-titre est directement tiré d'un poème de William Blake, Le Mariage Du Ciel Et De L'Enfer. Les titres des morceaux, eux, sont tirés du roman Méridien De Sang de Cormac MacCarthy, lequel roman est un western putride et violent (et un chef d'oeuvre). 

E2

Parler de cet album va être vraiment difficile, et je suis bien content d'arriver ici au second paragraphe. Découvert il y à deux-trois ans via un livre qui recensait des albums méconnus et un peu underground (par ce même biais, j'avais découvert un album que j'ai abordé il y à un mois environ, Spiderland de Slint), j'avais téléchargé ce disque en MP3 (en le payant, donc, mais pas cher), et je me souviens encore de la première fois que je l'ai écouté, le matin en allant bosser, dans mon smartphone, écouteurs aux oreilles, dans le bus. Frissons absolus qui n'étaient pas dûs à la température (même si, de mémoire, c'était en début d'année). J'ai par la suite acheté ce disque en CD, d'occasion, pour 10 balles, j'ai eu du bol parce que cet album de Earth (et sans doute les autres du groupe, d'ailleurs, parce qu'il n'y à pas de raison que ça ne soit que pour cet album ; mais c'est le seul album que j'ai d'eux) est difficile à trouver, en tout cas à prix intéressant. Si mettre 35 euros dans un CD vendu neuf ne vous dérange pas, servez-vous ! Moi, pour un vinyle, pas de souci, mais pour un CD, j'ai du mal à mettre la somme (la seule fois que j'ai dépensé autant pour un CD, d'occaze qui plus est, c'était pour le Live : Oy Vey Baby de Tin Machine, qui est chiant à trouver, et souvent vendu à des prix indécents, plus de 150 euros...). Mais je m'égare (des Bénédictins). Hex ; Or Printing In The Infernal Method est un album de dingue, qui va vous faire goûter, un à un, quelques uns des mille parfums de l'Enfer. Pendant 46 minutes et 30 secondes, vous allez frissonner, trembler, angoisser, le long de morceaux plus ou moins étendus (46 minutes, 9 titres, c'est tout de même pas du jamais-vu, non ?) qui vont s'imprimer dans votre cerveau. 

E3

Sorti sous une glauquissime pochette (on dirait de ces photos étranges, et souvent terrifiantes, issues du passé, telles que l'on peut en voir sur le Net), cet album, que je ne vais pas détailler parce qu'il faut laisser une part de suspense à celui qui serait intéressé, est un truc de dingue, que je n'écoute pas souvent, mais tout de même de temps en temps. Jamais le matin au réveil. Jamais le soir avant de me coucher. On évitera ça en fond sonore d'une soirée en famille ou entre potes, ou en voiture durant un trajet destination les vacances. Mais alors, on l'écoute quand ? Quand tu veux. Mais fais gaffe. Ce style musical, ce drone doom, qui est une sorte de doom metal ralenti et quelque peu mélangé à de l'ambient sauvage (imaginez le Discreet Music de Brian Eno mais en mode Black Sabbath), est quelque chose d'assez à part. Comme je l'ai dit, c'est le seul album que j'ai du groupe. Et même de ce genre musical. Ce n'est pas que je n'ai pas envie de poursuivre ma découverte de ce sous-genre musical quelque peu 'de niche', mais cet album me suffit, ce n'est pas un de mes disques de chevet (même si j'ai beaucoup aimé ; mais la première écoute est ardue !). Je le conseille aux oreilles aventureuses. Si vous aimez la pop music, et que pour vous, les Who, Stones et Led Zeppelin sont le summum de la violence musicale, on évitera l'expérience, pas vrai ?

P.S. : Ces mecs sont des tarés. Des ta-rés.

FACE A

Mirage

Land Of Some Other Order

The Dire And Circling Wolves

FACE B

Left In The Desert

Lens Of Unrectified Night

An Inquest Concerning Teeth

FACE C

Raiford (The Felon Wind)

The Dry Lake

Tethered To The Polestar

FACE D

Untitled (uniquement sur le vinyle)