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Encore un petit peu de John Cougar Mellencamp...qui, en fait, depuis 1991, a viré le 'Cougar' de son nom pour un simple John Mellencamp. Lui qui, au tout début de sa carrière (1976) se faisait appeler John Cougar, sans Mellencamp (sans aucun doute une idée de son manager, ou de sa maison de disques). Je ne vais pas dire que c'est compliqué, parce que ça ne l'est pas, mais c'est amusant, en tout cas : quelqu'un possédant l'intégralité de la discographie (assez foisonnante : sauf erreur de ma part, des albums studio, il en a sorti 24 à ce jour) de Mellencamp aura des albums crédités à trois noms différents, selon les périodes de sa carrière. C'est le troisième album que j'aborde de lui, et il y en aura un quatrième par la suite, dans quelques semaines, un bon mois maximum (ça sera Plain Spoken, sorti en 2014). Récemment,  j'ai en effet parlé ici de deux albums que le Cougar (qui avait déjà rajouté le Mellencamp mais pas encore viré son nom de scène d'origine) avait fait en 1985 et 1987, deux chefs d'oeuvres de rock heartland assez roots. Merci Csamsa, encore, pour la découverte. L'album qui nous intéresse aujourd'hui, je l'ai découvert tout seul comme un grand (le suivant que j'aborderai aussi, et s'il y en à d'autres par la suite, et après tout pourquoi pas, ça sera pareil). Il date de 2017 et à ce jour est, il me semble, l'avant-dernier album studio du Cougar (que je vais continuer de surnommer ainsi parce que ça fait sympa, mais logiquement, je ne devrais pas), et son dernier de matériel original (son dernier album en date, Other People's Stuff, est un album de reprises), Il est sorti sous une pochette assez jolie représentant un tableau peint par le Cougar lui-même, qui en plus d'être chanteur/musicien/auteur-compositeur, est aussi peintre. Il s'appelle Sad Clowns & Hillbillies

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Petit coup de gueule avant de parler de l'album : son contenant. A voir l'illustration ci-dessus, qui représente le verso du boîtier CD de l'édition américaine (le logo FBI est sans équivoque), tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. Aux USA, patrie du Cougar, ils ont droit à un boîtier classique, plastique, avec livret, la simple illustration ci-dessus le prouve, on voit les languettes latérales de l'inside tray (la feuille de papier glissée dans le boîtier). Nous, bordel à cul, en Europe, on a eu droit à une version totalement cheap et nulle, pour ce qui est de l'emballage : une simple pochette de carton souple dans laquelle le CD est glissé, sans rien d'autre, pas de livret, ni même un feuillet, rien. Comme un de ces CD singles d'autrefois, dans les années 90 (format abandonné depuis moche lurette). J'ai commandé cet album sur Amazon.fr, récemment, pas en occsion, mais neuf (vendu pour un prix intéressant). Je le reçois le lendemain, dans une fameuse pochette marron typique de chez Amazon. Laquelle est tellement fine que c'est à croire qu'elle était vide. En l'ouvrant, je trouve cette petite pochette CD, sans tranche, sans rien d'autre que le CD dedans, et avec les crédits (identiques à l'illustration ci-dessus) écrits en petit et en écriture manuscrite, illisible ou presque. J'ai été vraiment déçu, déjà parce qu'un tel album, conditionné ainsi, est chiant à ranger à côté des autres albums du Cougar, ensuite parce que c'est hélas facile à abîmer et irremplaçable, et même, aussi, facile à égarer, enfin parce que j'ai vraiment eu l'impression que la maison de disques (Republic Records) se foutait de la tronche des acheteurs. Bref, fin de la digression. L'album, il vaut quoi ?

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Autant le dire, Sad Clowns & Hillbillies, long de 47 minutes, est un remarquable album, super bien produit, de country-rock, enregistré en partie avec Carlene Carter (fille de June Carter, dernière épouse de Johnny Cash, mais Carlene n'est pas la fille de Cash, June l'avait déjà eue avant de se remarier avec lui en 1969, et Carlene est née en 1955). Troisième album que j'écoute de Mellencamp, il a été fait 30 ans après le précédent que j'ai écouté, The Lonesome Jubilee (1987), et ça s'entend, je ne sais pas depuis combien de temps la voix du Cougar sonne ainsi, mais il n'a plus la même voix, plus rauque, plus âgée (ce qui est normal, en même temps, il est de 1951), mais toujours épatant malgré tout. L'album est à prédominante country plus que rock. Carlene Carter n'apparaît pas sur tous les morceaux (seulement 5 titres sur 13, dont les fantastiques What Kind Of Man Am I et Damascus Road, qu'elle a écrite toute seule... mais elle est co-créditée à l'album entier avec le Cougar malgré tout) mais sa présence est telle qu'elle vampirise l'intégralité de l'album, qui sonne un peu rock parfois (Sad Clowns, Battle Of Angels), mais vraiment, comparé aux deux précédents albums abordés ici, c'est franchement pas pareil. Ce qui n'empêche pas l'album d'être vraiment exceptionnel. Si vous aimez la country/roots, l'americana, genre Jayhawks, James McMurtry, alors foncez, c'est de la bonne, même si je continue de préférer nettement les deux précédents albums que j'ai chroniqués ici (The Lonesome Jubilee, notamment, est devenu un disque assez important, il sort souvent de son boîtier), mais je ne regrette en rien l'achat et j'ai bien l'intention de découvrir d'autres albums du bonhomme (sans compter Plain Spoken, pas encore écouté car pas encore reçu, mais qui sera abordé). Un album absolument superbe, desservi par un conditionnement déplorable, honteux, minable...je n'ai, personnellement, jamais vu ça pour un album en CD (les vinyl-replicas mis à part, mais c'est encore autre chose, le format est un petit peu plus grand, il y à une tranche avec le nom de l'album, et le disque est dans une sous-pochette, au moins)...

Mobile Blues

Battle Of Angels

Grandview

Indigo Sunset

What Kind Of Man Am I

All Night Talk Radio

Sugar Hill Mountain

You Are Blind

Damascus Road

Early Bird Cafe

Sad Clowns

My Soul's Got Wings

Easy Target