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Décidément, depuis plusieurs mois (des articles en juin, ceux-ci en juillet), les Simple Minds sont à l'honneur sur Rock Fever. Avec celui-ci, je suis un peu emmerdé. Je ne le classe pas dans les ratages, mais je mets quand même le tag en bas d'article, parce que cet album, je dois le dire dans mon coeur de fan, est sans doute, indéniablement même, le ratage du groupe. Mais je n'ai pas envie de le classer définitivement dans cette catégorie, et indiquer la catégorie serait vraiment faire un geste définitif (enfn, définitif, non...mais un geste tout de même), et je ne veux pas être trop méchant avec Neon Lights. Car c'est le nom de cet album, qui date de 2001. A l'époque, le groupe est en mauvaise posture, depuis quelques années. En fait, depuis 1992. Après leur Real Life de 1991, et leur tournée, le groupe splitte quasiment, il ne reste plus que Jim Kerr (chant) et Charlie Burchill (guitare), les deux seuls membres fondateurs à être sur l'ensemble des albums. En duo, avec des musiciens de studio, ils font le super et méconnu Good News From The Next World en 1995, qui ne se vend pas des masses. Puis le groupe se reforme, et sort, en 1998, Néapolis, album inégal, intéressant mais quand même pas un de leurs meilleurs, loin de là (la production est abrutissante, trop moderniste). Là aussi, les ventes ne sont pas géniales (je me souviens d'un passage TV du groupe, chez Drucker il me semble, interpréter Glitterball et leur hit Don't You (Forget About Me), j'avais aimé). Le groupe, ensuite, sort cet album, Neon Lights, qui sera, on va dire, la preuve ultime de leur mauvais état général (ils se reprendront en 2005 avec un Black & White 050505 juste exceptionnel, et depuis, roule ma poule).

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En effet, Neon Lights, sous sa mochehe pochette représentant une K7 audio amateur posée sur un tableau de bord de voiture, est un disque de reprises. Que des reprises, 12 en tout (à la base, 10, mais un EP de trois chansons, dont une présente sur la version 10-titres, sortira sur une édition collector ; depuis, tout est sur un seul CD). Vous savez ce qu'on dit : quand un groupe, ou un artiste solo, sort un disque de reprises, c'est souvent qu'il est aussi carbonisé qu'une noix de saint-jacques laissée trop longtemps sur la plancha. Les Guns'n'Roses au moment de "The Spaghetti Incident ?", par exemple. Aerosmith avec Honkin' On Bobo (même si l'exercice de style est aventureux, c'est du blues qu'ils jouent sur le disque), aussi. Ou bien, en France, des artistes comme Bruel avec son disque de reprises de Barbara, par exemple (non, je ne vais pas le recasser pour le plaisir, ça a déjà été fait ici il y à quelques mois par MaxRSS). C'est hélas la même chose pour les Minds : ce Neon Lights n'est pas une preuve de bonne santé musicale. L'album n'est pas totalement inintéressant, je dois le dire. Les choix de reprises sont souvent originaux, même un peu courageux (oser reprendre du Velvet, du Roxy Music, faut oser !), mais ces versions mindiennes ne sont pas toujours réussies, et la production (même reproche que pour Néapolis) est assez moyenne, abrutissante, fatigante. Elle vieillit mal, très mal, de plus, et comme l'album n'est déjà pas gé-gène à la base, ça n'améliore évidemment rien, ce genre de production trop ancrée dans le début (assez moderniste) des années 2000.

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Mais comme je l'ai dit, les choix sont souvent courageux : Dancing Barefoot (Patti Smith), All Tomorrow's Parties (Velvet Underground), For Your Pleasure (Roxy Music), Love Will Tear Us Apart (Joy Division), Neon Lights (Kraftwerk), Homosapien (Pete Shelley), Being Boiled (The Human League), Bring On The Dancing Horses (Echo & The Bunnymen) ou Hello I Love You (The Doors), fallait parfois oser les reprendre, ces chansons (notons au passage que si le groupe réussit parfaitement l'exercice avec les chansons de Patti Smith, Kraftwerk ou Echo & The Bunnymen, il foire totalement celle de Joy Division, trop dansante, trop guillerette, à côté de la plaque de cuisson). On a aussi du Them (Gloria), du Neil Young (The Needle And The Damage Done), du Bowie (The Man Who Sold The World), des choix plus classiques, et malheureusement, sauf pour Gloria, des résultats assez moyens. Sorte de disque d'échauffement (avant l'album Cry, inégal mais correct dans l'ensemble) de 2002, Neon Lights est un exercice de style en partie raté, mais tout de même en partie intéressant. Heureusement, cependant, que le groupe reprendra du poil de la bête en 2005, parce qu'entre Néapolis, ce disque et Cry, ils étaient mal barrés...

FACE A

Gloria

The Man Who Sold The World

Homosapien

Dancing Barefoot

Neon Lights

Hello I Love You

FACE B

Bring On The Dancing Horses

The Needle And The Damage Done

For Your Pleasure

All Tomorrow's Parties

Being Boiled

Love Will Tear Us Apart