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Bon là, clairement, ça risque de gueuler un peu. Mais je le comprends. Car, avec cet article, s'ouvre un cycle de trois jours consacré aux albums solo de Ted Nugent. Rien que le nom défrise les poils du cul de ceux qui le lisent, les miens y compris. Faut dire que Nugent, sur le plan humain, c'est vraiment de la saloperie de compétition. Entre la défense de la vente libre des armes à feux, ses différents soutiens à des associations allant en ce sens, un racisme à toute épreuve (Nugent, c'est tout à fait le genre de mec à aller se pointer à la frontière entre les U.S.A et le Mexique pour plomber de l'immigré, je ne sais pas s'il a déjà fait, mais, si on venait à l'apprendre, je n'en serais pas surpris) et ajoutons à cela que le bonhomme est un bel obsédé sexuel et la coupe, déjà bien pleine, déborde, dégueule de partout. Le genre de mec sur lequel on chie avec cœur. Et, il y a Ted Nugent, l'artiste et là, ce n'est pas la même. Le mec est un crack de la gratte. Il pourrait jouer le Boléro de Ravel d'une main, tout en fumant une clope de l'autre, tout en se faisant flûter par une gonzesse. Le mec est aussi une bête de scène. Qui connaît le Double Live Gonzo, le sait. Mais, on a tendance à chier également sur l'artiste car une partie de sa déplorable personnalité transpire dans les chansons. Tout ça pour dire que, causer de Ted Nugent, c'est putainement épineux. Mais, le Nuge a largué des albums qui méritent de se trouver sur un blog musique, donc acte.

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L'album est éponyme. Il est sorti en 1975, soit un an après que les Amboy Dukes (groupe du Nuge) se soient arrêtés. Ce qui en fait donc le premier opus studio du bonhomme. Je vais vous dire les choses clairement, ce n'est pas parce que c'est un guitar hero hardos que je dis ça, mais parce que c'est bel et bien le cas : cet album impose le respect complet. Tout simplement parce qu'il est à créditer d'une des plus grandes ouvertures d'albums jamais entendues : Stranglehold. Pour vous la faire courte, cette chanson c'est ça : 8'30 minutes de furie hard-rock absolument jouissives ! Le Nuge ne chante que très peu et, le peu qu'il chante a à voir avec ses aventures sexuelles (j'vous ai bien dit que ce mec est un obsédé sexuel, non?), c'est surtout sa guitare qu'il laisse parler. Il la branle dans tous les sens ! Offrant riffs et solos de la mort qui tue. Quelqu'un qui connaît Nugent uniquement de réputation en tant que personnage va se dire : ouais, le mec est un gros enculé, mais putain, comment qu'il assure avec une gratte. Assurément le sommet de l'album, y a pas à tortiller du cul pendant des plombes. Sur le Double Live Gonzo, le Nuge se paiera même le luxe de balancer une version de la chanson durant plus de 11 minutes et qui renvoie la version studio ramasser les pâquerettes. Immense, tout simplement immense ! Et nique sa mère le commissaire et son salaire de misère.

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Si se manger Stranglehold dans les babines relève de l'expérience hardos ultime ou quasi ultime, il faut dire qu'elle est aussi ce qui est le point faible de l'album : n'importe quelle chanson passant après va paraître toute petite. Et c'est ce qui se passe ici. En fait, seule Stormtroopin' ne laisse pas cette impression. Toujours sur le live de 1978, la chanson se fera casser le cul (dans le bon sens du terme, cette fois) bien comme il faut. Le Nuge en livrera une interprétation juste démente. Toutes les autres chansons, que ce soit Just What The Doctor Ordered, Snakeskin Cowboys, Motor City Madhouse et Queen Of The Forest doivent être écoutées plusieurs fois avant d'être appréciées à leur juste valeur. Par contre, Just What The Doctor Ordered et Motor City Madhouse, sur le Double Live Gonzo... attention les dégâts. Ça t'encule du mammouth avec un tisonnier porté à incandescence. Alors oui, je sais, ça fait déjà quatre fois que je parle du Double Live Gonzo (là, ça fait même cinq), mais, ce n'est pas ma faute, ce live est une dinguerie auditive. Petite particularité ici, ou plutôt, petite intruse : You Make Me Feel Right At Home. La chanson n'est en rien hardos. Ici, j'vous jure que c'est pas des conneries, avec ces claviers sonnant comme des vibraphones, on se paie une petite incartade un peu jazzy. Pas un seul titre raté ici, ni même moyen. Et maintenant, la question qui tue ? Est-ce un grand disque ? Oui, assurément, mais pour vraiment s'en apercevoir et pour l'apprécier pleinement, y a pas le choix, faut se le cogner plusieurs fois. À la première écoute, Stranglehold fait énormément d'ombre.

Face A

Stranglehold

Stormtroopin'

Hey Baby

Just What The Doctor Ordered

Face B

Snakeskin Cowboys

Motor City Madhouse

Where Have You Been All My Life

You Make Me Fell Right At Home

Queen Of The Forest