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Revoilà Pat Benatar sur le blog, sans doute pour cet album uniquement ; mais j'en avais abordé quelques uns, de ses albums, il y à quelques années. Sans grand succès, d'ailleurs, vu l'absence de commentaires sur l'ensemble des articles (albums et clips, car bien avant ça, il y avait eu des articles de Top Musique sur ses chansons) la concernant sur le blog. Mais en même temps, je peux comprendre : Pat Benatar, pour les plus jeunes, ne représente strictement rien (elle chante toujours, de temps en temps, mais discrètement, son heure de gloire est définitivement passée ; dernier album studio en 2003 tout de même, ça commence à dater), et pour les plus âgés, ma génération (je suis de 82) ou les précédentes, c'est une des meilleures (ou pires, c'est selon) représentantes d'une certaine époque très outrée, datée, aujourd'hui sans doute un peu méprisée : le hard-FM. Pat Benatar, tout du long des années 80, a usiné une poignée d'albums remplis de hits (enfin, à partir de 1984, moins que sur les premiers en 1980/81/82), des albums de pop/rock assez teigneuse. Certains la rangent dans le hard-rock, je pense que c'est un peu exagéré, mais pas si loin que ça de la vérité, en fait. A partir de la fin des années 80, après le disque que j'aborde aujourd'hui et qui est, comme son titre l'indique, son septième album (en comptant le Live From Earth de 1983 ; sinon, c'est son sixième opus studio), la Benatar va lentement sombrer, des albums qui ne se vendront plus malgré qu'ils soient, souvent (Gravity's Rainbow) très bons, elle plonge dans l'oubli. Elle y est encore, sauf de ceux qui, un jour, ont dcouvert sa musique et l'ont aimée.

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Moi, par exemple. En 1994, j'ai 12 ans, et un best-of sort (qui cartonnera, d'ailleurs, comme quoi). Pub TV (à l'époque, des publicités TV pour un album, compil ou autre, c'était courant ; désormais, c'est quasiment terminé), agrémentée de quelques extraits sonores qui, d'emblée, me plaisent. J'achète le CD, que j'ai toujours. Que j'ai adoré depuis le début. Ce n'est que bien des années après que je me procure (en vinyles d'occasion, achetés pour que dalle) ses albums, jusqu'à celui que j'aborde, sorti en 1985, Seven The Hard Way, dernier album de son Âge d'Or, si on peut dire. J'avais quasiment cessé d'écouter ses chansons (via le best-of, donc il ne s'agissait que de ses hits) à l'époque, ce fut comme une madeleine de Proust. Arrivé à Seven The Hard Way, on retrouve une Pat Benatar au look bien mid-80's, toujours entourée de son guitariste de mari Neil Giraldo, et pour la dernière fois, on trouvera ici un gros, gros tube : Invicible (Theme From The Legend Of Billie Jean). Cette chanson efficace est la bande-originale d'un film aujourd'hui oublié, et rigoureusement épouvantable (une grosse merde avec Helen Slater, Christian Slater - qui, bien que jouant son frangin dans le film, n'a aucun lien de parenté avec elle, malgré l'homonymie) et Keith Gordon) que Benatar présentera parfois, en concert, avant de chanter la chanson, comme étant un des pires films jamais réalisés, ah ah ah. Cette chanson, réussie, est le hit de l'album, mais on peut aussi citer  Sex As A Weapon, morceau peu subtil mais entraînant et efficace. Oserai-je le dire ?

Oui. J'ose : j'adore cette chanson, mais alors bien comme il faut. Avec Love Is A Battlefield (1983) et Shadows In The Night (1982), c'est ma préférée de la chanteuse.

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L'album offre aussi une reprise des Four Tops, 7 Rooms Of Gloom, qui est correcte ; Walking In The Underground, sympathique et très bonne ; Le Bel Âge (pas chantée en français malgré son titre) qui est, également, très sympa. Le reste de l'album (un album peu généreux en durée, 37 minutes) n'est, il faut le dire, vraiment pas du même acabit, et sans aller jusqu'à crier au ratage, force est de constater que Seven The Hard Way est un cru secondaire de Pat Benatar, qui sent un peu l'essoufflement, la fin de formule, la fin d'une époque. Comme je l'ai dit, après ce disque, la miss plonge, fin du succès (ses fans continuent d'acheter ses disques, mais les singles promotionnels ne décolleront pas, les ventes d'albums non plus, elle est passée de mode à jamais), ce disque est un peu celui de trop, surtout après un Tropico (1984) plus original que de coutume, et qui avait déjà eu un peu de mal à s'imposer à l'époque. Bref, on arrive ici à la fin d'un succès mondial, Benatar fut une des grosses vendeuses de son époque, ce que l'on a un peu tendance à oublier. Ce cru 1985, pas son meilleur, offre de beaux restes tout de même !

FACE A

Sex As A Weapon

Le Bel Âge

Walking In The Underground

Big Life

Red Vision

FACE B

7 Rooms Of Gloom

Run Between The Raindrops

Invicible (Theme From The Legend Of Billie Jean)

The Art Of Letting Go