H10

On continue encore un peu le voyage dans la musique d'Hawkwind (mais c'est, je pense, bientôt fini, pour le moment du moins).

Bon, où j'en étais ? Ah ! oui, Space Ritual, le double live de 1973. Le monumental double live de 1973. L'extraordinairement puissant double live de 1973. Le...bon, vous avez pigé. Après ce live, juste après, le groupe sort un single (Urban Guerilla) qui sera censuré par la BBC, en ces temps d'attentats à la bombe de l'IRA, ce n'était pas vraiment le moment de faire une chanson du nom de Guerilla Urbaine, ah ah ah... 1974 : le groupe sort Hall Of The Mountain Grill, album grandiose (qui n'a jamais entendu The Psychedelic Warlords (Disappear In Smoke) et Paradox n'a rien entendu), premier album avec le claviériste Simon House. Je ne l'ai pas réabordé, parce que la chronique le concernant n'est pas si vieille (genre 2016) et convient encore parfaitement. Même chose pour l'album suivant, sorti en 1975, Warrior On The Edge Of Time, disque fait avec la collaboration de l'écrivain de SF/Fantasy Michael Moorcock et qui se base sur son concept du "Héros Eternel". Cet album de 1975, dont la pochette vinyle initiale était dépliable en forme de bouclier écu, est encore une fois un régal total (Assault And Battery/The Golden Void, Magnu). Après cet album, le groupe se sépare de sa danseuse nue Stacia, qui assurait une partie de l'élément visuel des concerts du groupe. Plus grave, Hawkwind se sépare de son bassiste, Lemmy. Une fois son frein rongé, ce dernier fondera rapidement Motörhead, il n'a pas trop perdu au change, vu ce que son futur groupe deviendra au fil des années... Le groupe le remplace par Paul Rudolph (Pink Fairies). Robert Calvert, ce parolier/poète bipolaire, est au chant principal. 

H11

On arrive à 1976. Le groupe change de maison de disques. Au revoir United Artists, bonjour Charisma Records (label qui avait signé Genesis, Van Der Graaf Generator, un label spécialisé dans le rock progressif). Leur ancienne maison de disques publie la compilation Roadhawks la même année qu'Hawkwind sort son nouvel album, son sixième album studio et septième tout court : Astounding Sounds, Amazing Music. Un album qui, hélas, ne va pas vraiment convaincre. Pourtant, ce disque avait tout pour plaire : une pochette géniale qui s'inspire des magazines de SF/fantasy des années 40/50 genre Astounding et Amazing Stories (le titre de l'album, déjà, fait deux allusions) qui offraient des nouvelles de SF, le tout imprimé sur du papier dit 'pulp', de mauvaise qualité ; et des chansons qui, c'est le concept de l'album, sont construites comme des nouvelles, justement, de petites histoires. Long de 38 minutes, offrant 7 morceaux, Astounding Sounds, Amazing Music, malgré tout, est une grosse déception, que je classe dans les ratages parce que je pense que l'album a droit à cette catégorie infâmante, il n'est vraiment pas terrible, mais si vous pensez que je vais le défoncer humoristiquement comme j'ai pu le faire, souvent, dans cette catégorie, vous vous trompez. L'heure est trop grave : Hawkwind commence à faire de la merde. Un groupe qui, au fil des années, de 1971 à 1975, a réussi à publier autant de chefs d'oeuvres qu'ils ont fait d'albums (il n'y à que leur tout premier opus, de 1970, qui est très bien, mais pas monumental), c'est rare. Le voir plonger à ce point, avec un seul disque, c'est terrible.

H12

Prenez un morceau comme The Aubergine That Ate Rangoon (signé Paul Rudolph). Bordel à cul, qui a pensé que ça ferait une chouette idée de morceau, d'imaginer une histoire sur une aubergine qui bouffe une ville de Birmanie ? Ben, personne, je vous rassure tout de suite : ce morceau est un instrumental. Mais pourquoi un titre aussi con, aussi riddikulus que ça ? Surtout que musicalement, c'est un des meilleurs morceaux d'un album globalement moyen, médiocre (le long Steppenwolf, de presque 10 minutes, inspiré par le roman du même nom de Hermann Hesse, est trop long, justement ; Reefer Madness (ce titre est aussi celui d'un vieux film des années 30 sur les dangers du cannabis) et City Of Lagoons (un autre instrumental) sont pas mal, mais c'est à peu près tout). Quant à Kerb Crawler, c'est vraiment pas terrible...Bref, dans l'ensemble, ce sixième cru studio d'Hawkwind est une vraie déception. Le groupe fera apparemment un peu mieux (je n'ai entendu l'album qu'une paire de fois il y à si longtemps que je ne pourrais pas l'aborder sans le réécouter) l'année suivante avec Quark, Strangeness And Charm, avant de totalement dériver en Hawklords, sous la direction de Robert Calvert, qui en fera un groupe assez fortement imprégné de new-wave, le temps d'un album en 1978. Je ne connais pas la suite de leur discographie, hormis un album bien plus tardif (1985) qui sera d'ailleurs l'objet du prochain et dernier article de ce petit cycle hawkwindien...

FACE A

Reefer Madness

Steppenwolf

City Of Lagoons

FACE B

The Aubergine That Ate Rangoon

Kerb Crawler

Kadu Flyer

Chronoglide Skyway