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Encore une fois, je vais remercier quelqu'un pour démarrer. D'abord Rosie Vela pour être aussi belle, parce qu'une telle photo en ouverture d'article, ça attire grave le regard et je suis à peu près certain que vous serez nombreux à lire l'article. Ensuite, plus sérieusement, Csamsa (visiteur régulier du blog) et Leslie Barsonsec (membre de la team) qui, tous deux, il y à une vingtaine de jours, ont parlé, sur l'article résumant la discographie du groupe Steely Dan (dans les commentaires), de cette chanteuse et de cet album. Pour la simple et bonne raison que le producteur du groupe a produit l'album, et que les deux leaders du groupe, Donald Fagen (claviers) et Walter Becker (guitare, basse) apparaissent dessus. J'ai ainsi découvert l'existence de Rosie Vela, et ce que j'ai lu dans ces commentaires était si dithyrambique que j'ai écouté un ou deux extraits rapides et, emballé comme un jouet au moment de Noël, j'ai acheté le disque, en CD, vendu pour pas très cher, et reçu récemment. Et le voilà donc abordé sur le blog ! C'est le seul et unique album de Rosie Vela (qui en aurait enregistré un autre, mais qui n'est jamais sorti et ne sortira probablement jamais ; si c'est le cas, si tel album, qui s'appellerait Sun Upon The Altar, existe, c'est criminel de le laisser pourrir dans un entrepôt ou un tiroir anonyme), il s'appelle Zazu, dure un tout petit peu moins de 40 minutes et est sorti en 1986. 

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J'en vois grimacer certains, déjà : 1986. Une année explosivement détestable pour la musique. C'est, malgré cette réputation, l'année d'albums très réussis, comme The Colour Of Spring de Talk Talk, So de Peter Gabriel ou True Stories de Talking Heads (je déconne, pour ce dernier). Indéniablement, Zazu, sous sa glamour pochette, fait partie du haut du panier de cette année, et en terme de chanson pop/jazz (c'est ainsi qu'on peut qualifier cet album sur lequel brillent aussi Rick Derringer, Tony Levin, Michael Been, Jim Keltner et Larry Fast, et sur lequel Rosie joue des synthés et a quasiment tout écrit et composé elle-même), c'est même un chef d'oeuvre absolu. Certes, la production fait très mid 80's, c'est normal, c'est en plein dedans, mais sincèrement, l'album sonne super bien. La voix de Vela est, comment dire...à tomber par terre en pleurant. A la base, c'est un mannequin, et une actrice (on l'a vu dans des petits rôles dans des films comme The Two Jakes de et avec Nicholson (suite de Chinatown), ou dans La Porte Du Paradis de Cimino), elle a eu envie de faire de la musique (ayant été un temps mariée à un musicien qui décèdera de maladie peu après leur mariage, elle avait peut-être envie de lui rendre hommage en devenant musicienne à son tour, je ne sais pas), a fait ce disque, produit par un grand nom de la pop/rock et du jazz/rock, et sur lequel on trouve donc des pointures du genre. Avec un tel aréopage de salopards, et avec la voix et le physique qu'elle se traînait, impossible de foirer son coup.

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Mais l'album foirera son coup. Quelque chose de bien. Zazu a pourtant été chaleureusement reçu par la presse spécialisée, et l'album se classera 20ème en Angleterre, mais aux USA, pays natal de Vela, il ne se classera apparemment pas, ou en tout cas, très bas. L'album a été l'écrin de trois singles : Magic Smile, qui se classera 29ème aux USA, et dont Leslie a souvent dit ici que cette chanson, dans le meilleur des mondes, aurait dû être un tube mondial tant il en a la carrure, Interlude et Fool's Paradise, les trois premières chansons (pas dans cet ordre) de l'album. Trois des meilleures chansons d'un album globalement parfait, un pur régal de pop/rock jazzy et suave, merveilleusement interprétée, je sais que j'en rajoute un peu lourdement mais bordel de chierie de zut, la voix de Rosie, elle est parfaite. Tendre, suave, douce, ni trop aigüe ni trop grave, juste ce qu'il faut, bien dosée, sachant user sans abuser d'effets, au service de chansons juste éblouissantes (Tonto, le morceau-titre, Taxi), parfaitement accompagnée par des musiciens qui varient de morceau en morceau (à la Steely Dan, j'ai envie de dire), mais l'album sonne malgré cela totalement cohérent. Les 39 minutes et quelques de cet album passent à la perfection. Le jour où j'ai écouté l'album pour la première fois, vendredi dernier (le 10 juillet donc), j'ai été tellement sur le choc que j'ai écouté le disque deux fois de suite, ce qui ne m'arrive que très rarement, voire même jamais (la dernière fois, de mémoire, remontait à ma première écoute d'un album très différent, le premier King Crimson, et c'était bien avant que je ne crée ce blog, vers 2004). Zazu est un album fantastique qui, je le sais, va m'accompagner souvent, et je ne peux, pour finir, outre gueuler encore une fois contre la connerie des maisons de disques (ici, A & M) qui parfois tuent dans l'oeuf des carrières (le deuxième album de Vela, s'il existe, ne sortira vraisemblablement jamais), je ne peux, donc, que vous encourager tous à écouter cette pure merveille. 

FACE A

Fool's Paradise

Magic Smile

Interlude

Tonto

FACE B

Sunday

Taxi

2nd Emotion

Boxs

Zazu