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Dans le petit monde du rap ricain, plusieurs groupes et artistes ont frappé fort dès la sortie du premier album. Comme ça, à la louche, on peut citer Dr. Dre avec The Chronic, Snoop Dogg avec Doggy Style, les Beastie Boys avec Licensed To Ill, Wu-Tang-Clang avec 36 Chambers ou encore N.W.A avec Straight Outta Compton. Mais, s'il en est un qui a tout éclaté dès son premier album, c'est bien Nas. Pensez donc : on est en 1994, et le mec, à peine âgé de 22 ans balance alors Illmatic, un skeud qui va traumatiser le rap ricain de l'époque. Et qui, de nos jours, est encore considéré comme étant un des meilleurs du genre. Il faut dire qu'il y a de quoi. On peut le dire : Illmatic, dès sa sortie a redistribuer les cartes du rap de la côte est. Tout ce qui se fera par la suite puisera son inspiration en lui. Il n'est pas aussi sombre que le The Infamous ou le Hell On Earth de Mobb, mais sans Illmatic, ces deux albums n'auraient certainement pas vu le jour. Et moi, en ce qui me concerne, ça m'aurait bien fait chier, car je les adore autant l'un que l'autre. En dehors du contenu qui a tout chamboulé, rien que la pochette de ce disque mythique. Pour ne rien vous cacher, elle est pour moi la pochette emblématique du rap, mais aussi et j'assume pleinement, une pochette emblématique tout court. Il y a quelques années de cela, j'avais lu une phrase qui disait à peu près ceci : un bon rappeur n'est jamais aussi bon que lorsqu'il a le ventre vide. Ça colle parfaitement à ce disque dont je vais vous parler plus en détails dès maintenant.

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Pour commencer, petite chose qui a son importance : l'album aligne dix titres et ne dure même pas 40 minutes. Ce qui, pour un skeud des années 90, est quelque chose d'assez peu courant. Habituellement, les albums de l'époque, tous genres confondus, étaient chargés jusqu'à la gueule. La quantité ne fait pas forcément la qualité. Nas l'avait visiblement pigé. Parmi ces dix titres, un en particulier mérite que l'on s'attarde plus longuement sur son cas : N.Y. State Of Mind. Comment parler de ça ? Ce morceau est tellement anthologique qu'en réalité, il est difficile de bien en causer. Pour ma part, les seuls mots qui me viennent présentement sont : 4'54 minutes de perfection absolue. Que ce soit au niveau du texte, du chant de Nas et de l'instru portée par des samples de piano dévastateurs, tout est nickel. Clairement, avec N.Y. State Of Mind, nous sommes en présence de l'une des plus grands chansons de l'histoire du rap, si ce n'est la plus grande. Même le Shook Ones Pt. II de Mobb Deep, pourtant monstrueux lui aussi, évolue un léger cran en-dessous. La conclusion s'impose d'elle même : c'est le sommet d'un album truffé de grands morceaux.

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Pour le reste, d'autres chansons vous sautent à la gueule d'entrée de jeu. C'est le cas de One Time 4 Your Mind et de Represent qui, pour moi, est la seconde meilleure chanson de l'album. En ce qui concerne Life's A Bitch, The World Is Yours, Halftime, Memory Lane, One Love et It Ain't Hard To Tell, ce sont des chansons qui vont se révéler au fil des écoutes, si l'on veut bien se donner la peine d'accorder plusieurs écoutes à l'album, bien évidémment. En fait, sur ces quasi 40 minutes, il n'y a qu'un rejet à faire : The Genesis. Pas que le morceau soit nul, rien n'est nul sur ce disque, mais il est un peu intrus. Il aurait été à garder s'il avait servi de prélude à N.Y. State Of Mind, mais ce n'est pas le cas. Certains auront sans doute du mal à le croire, mais Illmatic est vraiment un grand disque. Et s'il n'est pas interdit de ne pas l'aimer et donc de ne pas le posséder, il est en revanche très dommageable de ne pas l'écouter. Moi, je le possède depuis mes 20 ans (je l'ai connu à 16 ans) et je ne regrette pas et ne regretterai jamais.

The Genesis

N.Y. State Of Mind

Life's A Bitch

The World Is Yours

Halftime

Memory Lane

One Love

One Time 4 Your Mind

Represent

It Ain't Hard To Tell