H4

L'autre jour, en abordant le premier album d'Hawkwind, j'ai dit à quel point ce premier album, malgré ses qualités (on y trouve vraiment de bonnes chansons), n'était pas super représentatif, du moins pour moi (et malgré ce que certains membres du groupe disent de l'album !), du groupe. Que ce premier album éponyme était certes très bon, mais qu'il était un peu à part, et que si vous vouliez vraiment savoir ce qu'était la patte hawkwindienne, il fallait attendre l'album suivant. Hé bien, le voilà, cet album suivant ! Il est sorti en 1971 (enregistré, sans plus de précisions sur les dates, la même année ; le disque est sorti en octobre), produit par le groupe et l'ingénieur du son George Chkiantz, et il s'appelle In Search Of Space. Les thèmes de SF seront très importants pour le groupe (qui collaborera à plusieurs reprises avec l'écrivain de SF/fantasy Michael Moorcock), et on le sent bien, déjà, ici, rien qu'avec le titre de l'album. Album qui n'offre que 6 titres, pour un total de 42 minutes, et qui est sorti sous une pochette tellement géniale que les deux visuels suivants de l'article seront des photos (pas personnelles) de la même pochette, à deux stades différents de son dépliage. Car la pochette s'ouvre selon un découpage (en trois volets) assez particulier, l'album a certainement été réédité en vinyle, ultérieurement, avec une pochette toute simple, mais le pressage original est vraiment génial (d'autres albums du groupe auront aussi des pochettes de ce genre : Space Ritual, double live dont la pochette est un gros poster cartonné ; Warrior On The Edge Of Time, dont la pochette originale est un poster dépliant cartonné en forme de bouclier écu).

H5

Pour ce deuxième album, Hawkwind a déjà effectué des changements de personnel. John Harrison, le bassiste, est remplacé par Dave Anderson (anciennement d'Amon Düül II) - avant lui, il fut remplacé par Thomas Crimble, mais ce dernier sera remplacé par Anderson avant les sessions de l'album -, Dik Mik, le spécialiste des claviers électroniques, est temporairement parti (il reviendra) et est remplacé ici par Del Dettmar, ingénieur du son pour les concerts du groupe ; et Huw loyd-Hangton (un des deux guitaristes) est parti. On a toujous Dave Brock (leader du groupe), Nik Turner et Terry Ollis (ce dernier pour peu de temps, tout comme Anderson). Peu après l'album, deux nouveaux membres feront leur entrée, le batteur Simon King, qui remplace Ollis, et un certain Lemmy Kilmister (basse, chant). In Search Of Space a cependant été fait sans eux, avant eux. Leur arrivée va apporter à Hawkwind un son encore plus lourd (la basse de Lemmy...), mais déjà, sur ce deuxième opus nettement meilleur que le premier, on en a des bases sérieuses. L'album offre du méga-super-lourd, rien qu'en intro : You Shouldn't Do That, long ici de 15,42 minutes de folie spatiarde absolue, un morceau infernal et monumental à écouter bouche bée, bave aux lèvres et regard de cadet de l'espace fixant une mouche sur le mur. Heureusement qu'après, il y à un autre morceau sur la face A (le super bon You Know You're Only Dreaming, presque 7 minutes) pour se remettre, lentement, de You Shouldn't Do That, parce que si ce premier morceau était le seul de la face A, il faudrait engager quelqu'un pour retourner le disque à votre place afin d'écouter la face B, tellement on est en transe !

H6

Et quand on sait que cette face B (4 titres, donc) s'ouvre sur le méga-démentoïde (ce riff...) Master Of The Universe, un des morceaux les plus légendaires du groupe (voir la version live sur Space Ritual, album que je vais réaborder prochainement en troisième album du cycle ; car je ne pense pas refaire Doremi Fasol Latido, leur album studio de 1972, qui suit In Search Of Space : la chronique de l'album date de 2012 et, donc, ça remonte à loin, mais elle me convient encore totalement, pas besoin de la refaire). La suite de la face B est également incroyable (Adjust Me, Children Of The Sun...), mais clairement, les trois premiers morceaux, soit toute la face A et le début de la B, sont le sommet absolu de ce deuxième album. De ses morceaux à sa pochette (qui montre notamment des photos du groupe et de sa fameuse danseuse nue Stacia, ainsi qu'un texte de Robert Calvert, poète-parolier sud-africain un peu dérangé - bipolaire - qui collaborera souvent avec le groupe, en fera même partie et le dirigera à une époque - les renommant Hawklords - et fera des albums studio assez dingues et, pour les deux premiers en tout cas, absolument gigantesques), In Search Of Space (dans la pochette originale duquel se trouvait un livret de 24 pages, collectionneurs, faites bien gaffe à ça) est clairement un des meilleurs albums du groupe. Mais pas le meilleur, cet insigne honneur revenant assurément au suivant, Doremi Fasol Latido, que je ne réaborderai donc pas dans l'immédiat, et que je vous conseille à fond si vous voulez de la musique bien spatiarde et heavy, capable de vous envoyer en orbite par la seule force du son ! Mais la prochaine étape du cycle sera live, et là, croyez-moi, vous prendrez cher !

FACE A

You Shouldn't Do That

You Know You're Only Dreaming

FACE B

Master Of  The Universe

We Took The Wrong StepYears Ago

Adjust Me

Children Of The Sun